Son métier : chiffrer la valeur de la nature pour mieux la protéger | 24 heures
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Son métier : chiffrer la valeur de la nature pour mieux la protéger

Jérôme Dupras
Dominick Gravel/Agence QMI

Jérôme Dupras

Quelle est la valeur d’un cours d’eau au Québec? D'une forêt? D’une berge? En répondant à ce type de questions, le professeur en économie écologique Jérôme Dupras évalue la valeur économique de nos écosystèmes pour mieux les intégrer dans nos projets de société. On lui a parlé dans le cadre d'un dossier sur les métiers verts.

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 Prenons un exemple : si la construction d’un centre d’achats entraîne la destruction d’un milieu humide, l’écosystème pourrait être plus vulnérable aux précipitations abondantes. Résultat? On pourrait devoir investir d’importantes sommes en cas d’épisodes d’inondations.  

C’est en mesurant les bénéfices que ces écosystèmes fournissent que l’on est capable de déterminer ce qu’il nous en coûte, concrètement, si on fait le choix de les détruire ou de les préserver, indique le professeur Jérôme Dupras – que vous connaissez peut-être aussi comme bassiste du groupe Les Cowboys Fringants.  

Jérôme Dupras

Dominick Gravel/Agence QMI

Jérôme Dupras

«Avec mon équipe, j’ai fait des études, par exemple pour savoir quelle était la contribution des arbres urbains aux citoyens. Donc, on va regarder quel est l’effet de l’arbre sur la lutte aux îlots de chaleur, sur la capacité de rétention des eaux pour éviter des inondations, quelle est la séquestration de carbone. On est capable de mesurer ça et de lui donner une valeur économique», explique celui qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique.   

«Notre discipline a un apport important sur l’aménagement des quartiers, des corridors verts, des stratégies de plantations, de remplacement d’arbres, des restaurations de milieux humides, de cours d’eau, dans une optique de sécuriser les bénéfices qu’on reçoit de la nature», détaille-t-il. 

La nature rapporte des millions 

Cette valeur est loin d’être négligeable, souligne Jérôme Dupras. «Chaque année à Montréal, depuis les années 1960, on perd l’équivalent de 235 millions $ de bénéfices fournis par la nature», dit-il. 

Calculer la valeur financière d’un écosystème, c’est important pour le préserver dans la société dans laquelle on vit, fait remarquer Jérôme Dupras. 

«Actuellement, on n’a pas [d’autre] choix [que] de travailler avec seulement la valeur économique ou les impacts sur la santé humaine parce que nos processus de prise de décisions sont basés là-dessus», souligne le professeur. 

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Or, la richesse à laquelle on devrait aspirer n’est pas nécessairement matérielle, selon--- lui : l’éducation ou encore le bien-être devraient être des indicateurs davantage mis de l’avant dans les prises de décision.  

Domaine d’avenir 

Ce vaste domaine de l’économie écologique est promis à un bel avenir, selon Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, un consortium de recherche spécialisé sur l’adaptation aux changements climatiques.  

« [Ce domaine] est déjà en train de prendre de l’expansion de façon très importante et ça va se poursuivre dans le temps », soutient-il. 

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