Marcellin Gbazai, le seul chauffeur de taxi noir de Saguenay, prêche le vivre-ensemble | 24 heures
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Marcellin Gbazai, le seul chauffeur de taxi noir de Saguenay, prêche le vivre-ensemble

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Devenu chauffeur de taxi pendant la pandémie, Marcellin Gbazai se sert de sa voiture pour sensibiliser ses clients au vivre-ensemble. On a embarqué dans son taxi pour comprendre la mission qu’il s’est donnée.

«Je ne suis pas un prêtre catholique, donc c’est de l’évangélisation, mais pas pour parler de Dieu, pour parler de l’être humain, du vivre-ensemble», plaisante le chauffeur originaire de la Côte d’Ivoire. 

Seul chauffeur de taxi noir à Saguenay, Marcellin Gbazai profite de sa voiture pour briser les barrières et les réticences que certains de ses clients peuvent avoir envers les immigrants. 

Marcellin Gbazai, devenu chauffeur de taxi pendant la pandémie, sillonne les routes de Saguenay, en plus de son emploi comme conducteur d'autobus.

Marcellin Gbazai, devenu chauffeur de taxi pendant la pandémie, sillonne les routes de Saguenay, en plus de son emploi comme conducteur d'autobus.

«Souvent, je fais des blagues, explique le conducteur. Je leur dis que je suis né à Chibougamau ou en Acadie. Alors, là, ça part à rire et la conversation commence.» 

S’il estime que les Saguenéens sont profondément «gentils», il mentionne néanmoins que certains préjugés racistes persistent. Et ces préjugés, à quoi il les attribue? Principalement à de l’ignorance. 

«Je suis un Bleuet pure laine!»         

Originaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, Marcellin Gbazai est arrivé au Québec il y a 11 ans, après avoir étudié et enseigné la danse en France. Une Saguenéenne rencontrée dans un cours l’avait invité à venir donner des ateliers au Québec. 

«Je suis tombé en amour avec la région», dit celui qui se considère aujourd’hui comme un «Bleuet pure laine». 

Hyperactif et engagé         

Un peu hyperactif, le Saguenéen est aussi chauffeur de bus pour la Société de transport du Saguenay et a tenu une épicerie de produits africains à Chicoutimi, entre 2013 et 2016. En juin dernier, il a aussi organisé la manifestation «La vie des Noirs compte» à Saguenay.

Dernière corde à son arc: il enseigne la danse dans des écoles et des garderies. 

«Mais, par la danse, une porte s’ouvre pour parler du fait de vivre ensemble», explique-t-il.  

Il en profite aussi pour abattre certains clichés sur le continent africain. «Je leur explique que, non, ce n’est pas que la famine en Afrique, qu’il n’y a pas de lions qui vont vous manger là-bas, que ce n'est pas seulement la guerre.»

«Ce métier me fait grandir»         

Pour arrondir les fins de mois, Marcellin est devenu chauffeur de taxi pendant la COVID-19. Au départ, il ne devait conduire son taxi que pour quelques semaines, mais, finalement, il le fait depuis quatre mois. 

«Ce métier, ça me nourrit, ça me fait grandir», insiste-t-il.  

Son salaire, ce n'est pas juste l'argent qu'il reçoit. C'est aussi le rire d’une dame qui ressort de son auto de bonne humeur alors qu’elle y était entrée pleine de méfiance, ou encore l'enthousiasme d’un écolier qui rentre à la maison en disant à ses parents qu’il veut aller en Afrique. 

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