L’assaut du Capitole a été mené par des hommes blancs qui craignent les minorités | 24 heures
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L’assaut du Capitole a été mené par des hommes blancs qui craignent les minorités

Image principale de l'article Des hommes blancs qui craignent les minorités
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La peur de perdre leur position de dominance au sein de la société américaine: c’est ce qui pourrait avoir motivé des centaines de partisans pro-Trump à prendre d’assaut le Capitole de Washington le 6 janvier dernier.

C’est ce qu’avance Robert Pape, politologue et professeur à l’Université de Chicago, qui a tenté de comprendre les motivations des quelque 380 personnes arrêtées à la suite de l’attaque qui a fait cinq morts. 

Pas à cause de l'insécurité économique   

S’il croyait que l’insécurité économique, que de nombreux Américains vivent depuis la récession de 2008, avait pu les mener vers la violence, les conclusions de son étude, publiées dans le Washington Post, pointent dans une tout autre direction.  

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Le politologue a en effet découvert que la plupart des émeutiers étaient des hommes blancs de la classe moyenne provenant majoritairement de comtés qui ont appuyé Joe Biden aux dernières élections et où le déclin de la population blanche non hispanique est particulièrement marqué. Ces comtés seraient susceptibles de produire des insurgés qui craignent de voir les droits des minorités et des immigrants supplanter ceux de la majorité blanche. 

Le Texas est l'État qui compte le plus grand nombre d'individus arrêtés à la suite de l’insurrection: 38. Il est suivi par la Floride (30), la Pennsylvanie (29) et New York (25).  

La théorie du grand remplacement  

L’attaque du Capitole pourrait avoir été inspirée par la théorie du «grand remplacement», une théorie conspirationniste de droite suivant laquelle les minorités chercheraient à prendre le contrôle des États-Unis. Cette théorie était aussi à l’origine du soulèvement de 2017 à Charlottesville, en Virginie, lorsque des hommes blancs avaient défilé avec des torches en hurlant: «Les Juifs ne nous remplaceront pas!»  

Peu de membres de groupes extrémistes     

Malgré la présence de nombreux symboles associés aux groupes d’extrême droite, comme le drapeau confédéré, les membres de ces groupes étaient moins présents qu’on aurait pu le croire lors de l'attaque, soutient le politologue. Environ 10% seulement des personnes inculpées étaient des membres connus de groupes terroristes, comme la milice Oath Keepers ou encore le groupe extrémiste Proud Boys.  

La très grande majorité des émeutiers faisaient plutôt partie, selon le professeur, d’un mouvement de droite encore en formation et mal défini, prêt à utiliser la violence dans ses revendications. Et c’est Donald Trump lui-même qui pourrait les avoir incités à user de la force le 6 janvier dernier, insiste-t-il.  

Quelques minutes avant l’assaut du siège de la démocratie américaine, l’ancien président avait livré un discours enflammé devant ses partisans, un appel au soulèvement qui lui a d’ailleurs valu un deuxième procès en destitution.  

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