De grandes compagnies et des célébrités s'opposent à toute loi électorale «discriminatoire»: ce qu'il faut savoir | 24 heures
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De grandes compagnies et des célébrités s'opposent à toute loi électorale «discriminatoire»: ce qu'il faut savoir

  • Des centaines de voix s'unissent pour dénoncer les lois limitant l'accès aux urnes aux États-Unis 
  • Des personnalités comme George Clooney et Warren Buffett signent un texte publié dans de grands journaux 
  • Des entreprises comme Walmart préfèrent ne pas se joindre au débat  

Des centaines de représentants du monde des affaires et des célébrités ont signé mercredi une déclaration s’opposant aux lois qui limitent l’accès aux urnes aux États-Unis, au moment où plusieurs textes déposés par des républicains sur l’organisation des élections sont examinés.

• À lire aussi: Une nouvelle loi électorale des républicains crée un tollé aux États-Unis: ce qu’il faut savoir

D’Amazon à George Clooney 

Des multinationales comme Amazon, Facebook et Goldman Sachs, de riches hommes d’affaires tels que Michael Bloomberg et Warren Buffett, de grands cabinets juridiques, des ONG, mais aussi l’acteur George Clooney et la mannequin Naomi Campbell, y ont apposé leur nom.

«Nous devrions tous nous sentir responsables de défendre le droit de vote et de nous opposer à toute législation ou mesure discriminatoire qui restreint ou empêche tout électeur éligible d’avoir une chance égale et équitable de voter», est-il écrit dans ce texte publié dans le New York Times et le Washington Post.

La déclaration a été initiée par l’ancien patron d’American Express, Kenneth Chenault, et l’actuel dirigeant de Merck, Kenneth Frazier, tous deux Afro-Américains.

Ils se sont activés pour mobiliser le monde des affaires après l’adoption dans l’État de Georgie d’une loi censée lutter contre la fraude électorale, en renforçant par exemple les contrôles sur l’identité des électeurs votant par correspondance.

Selon les détracteurs de cette nouvelle loi, elle limite surtout l’accès aux urnes et vise particulièrement les électeurs afro-américains.

Appels au boycott 

La loi a suscité une vague de critiques et d’appels au boycott dans les secteurs économiques ou sportifs.

La ligue nord-américaine de baseball (MLB) a ainsi annoncé que son match des étoiles, prévu le 13 juillet à Atlanta, capitale de la Géorgie, serait finalement organisé au Colorado.

Will Smith.

Photo AFP

Will Smith.

L’acteur Will Smith a aussi décidé que son prochain film consacré à l’histoire de l’esclavage aux États-Unis ne serait pas tourné en Géorgie, comme c’était prévu.

Plusieurs grandes entreprises basées dans l’État, dont Delta et Coca-Cola, aussi émis des critiques contre la loi, s’attirant alors la réprobation de républicains.

D’autres États risquent de suivre 

Plusieurs textes similaires à celui adopté en Géorgie sont désormais en préparation dans le pays, en Arizona, au Texas, en Floride et au Michigan notamment.

Donald Trump.

AFP

Donald Trump.

Emmenés par Donald Trump, qui n’a jamais concédé explicitement sa défaite, de nombreux républicains considèrent en effet, sans preuve, que les dernières élections ont été entachées de fraudes.

Participation au débat politique 

Dans ce contexte, plusieurs organisations de défense des droits civiques et des personnalités font pression sur les entreprises pour qu’elles interviennent plus énergiquement dans le débat politique.

Répondant à ces exhortations, plus d’une trentaine d’entreprises du Michigan, dont General Motors (GM) et Ford, ont appelé mardi les dirigeants de l’État à «éviter toute action réduisant la participation aux élections».

«Nous avons affirmé l’an dernier que nous utiliserions notre poids pour défendre l’inclusion de tous», a souligné GM. 

Si l’entreprise ne défendait pas le droit de vote, elle ne «remplirait pas ses objectifs d’inclusion et de justice sociale», a ajouté le groupe.

Walmart reste silencieux 

Doug McMillon.

AFP

Doug McMillon.

Quelques grands noms du monde des affaires sont absents de la déclaration publiée mercredi, comme celui du PDG de Walmart, Doug McMillon. 

Selon le New York Times, ce dernier a expliqué dans un message au personnel que le groupe, un des premiers employeurs du pays, est habitué à s’exprimer sur des sujets politico-économiques comme la fiscalité, mais que le monde des affaires était «de plus en plus sollicité pour se prononcer sur des sujets sociétaux plus larges comme les droits civils». 

Or, selon M. McMillon, il n’est pas du ressort de la chaîne de supermarchés de s’immiscer «dans la politique partisane».

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