On ne sait finalement pas si le Grand Prix du Canada sera annulé cette année | 24 heures
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On ne sait finalement pas si le Grand Prix du Canada sera annulé cette année

Image principale de l'article Pas de Grand Prix du Canada cette année?
Photo d'archives Martin Chevalier
  • Le Grand Prix de Formule 1 du Canada 2021 continue de faire l’objet de nombreuses discussions
  • L'évènement pourrait être annulé en raison des risques liés à la pandémie
  • La Santé publique a «émis des réserves sur la tenue de l’évènement début juin»

Le Grand Prix de Formule 1 du Canada 2021 continue de faire l’objet de nombreuses discussions et une annulation pour des motifs sanitaires demeure une possibilité bien réelle.

D’ailleurs, Radio-Canada a indiqué jeudi avant-midi, avant de se rétracter plus tard en journée, que le Grand Prix n’aurait pas lieu, mentionnant que les autorités locales jugent le risque de propagation de la COVID-19 trop élevé, même en organisant le tout à huis clos. Par contre, la Santé publique de Montréal a nié avoir décidé de l’annulation du Grand Prix.

«L’autorisation de la tenue du Grand Prix de F1 relève du MSSS [le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec] et du gouvernement fédéral», a affirmé au Journal Jean Nicolas Aubé, porte-parole de la Santé publique de Montréal.

Selon lui, la Direction régionale de santé publique de Montréal a simplement «émis des réserves sur la tenue de l’évènement début juin».

«Les craintes concernent le rassemblement de plus de 2500 visiteurs avec un potentiel élevé de contacts avec les bénévoles ou le personnel local impliqués dans l’organisation de l’événement, l’impossibilité de respecter une quarantaine de voyageurs arrivant de l’événement tenu à Baku la semaine précédente et la tenue de rassemblements potentiels autour des lieux d’hébergement des visiteurs», a expliqué le porte-parole.

La Santé publique de Montréal ajoute avoir «demandé au MSSS de considérer ces préoccupations dans leur décision et de rehausser les protocoles advenant que l’événement ait lieu».

De son côté, le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, avait ouvert la porte à la présentation d’un Grand Prix sans spectateurs, moyennant le respect des règles en vigueur par les gens de la F1 devant se déplacer sur l’île Notre-Dame, soit quelques centaines de personnes.

Valérie Plante commente

De son côté, la mairesse Valérie Plante a tenu à préciser que rien n’est encore joué.

«Le fait que la Santé publique ait émis un avis défavorable pour la tenue du GP, même à huis clos, c’est une information dont on doit prendre compte, a-t-elle déclaré. Ce que je veux dire, c’est qu’au final, peu importe la décision, et si ça devait se concrétiser que le GP ne reviendrait pas à Montréal cette année, [nous] travaillons pour que le Grand Prix continue de se produire à Montréal et pérenniser notre collaboration. [...] Je ne peux pas confirmer, parce qu’on n’a pas encore eu l’échange. On attend une décision du gouvernement du Canada et de l’Agence de la santé publique du Canada.»

Le son de cloche est similaire du côté du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. «Nous sommes en discussions présentement avec les autorités du GP, en Europe. Ce que je peux dire, c’est qu’effectivement, le désir du gouvernement est de maintenir le GP. Les retombées économiques sont importantes pour le Québec», a-t-il affirmé.

Cependant, il admet que la partie est loin d’être gagnée ici.

«Cette année est très difficile, en raison des contraintes sanitaires, et faire un GP à huis clos, c’est comme ouvrir une salle de cinéma, mais dire que personne ne peut entrer dans la salle. C’est difficile et il y a des coûts à ça. Nous sommes très sensibles de ne pas encourir des coûts dans une période où l’argent pourrait aller ailleurs. On est en négociation avec les autorités.»

«On veut minimiser les coûts, mais on veut garder le GP. Il faut négocier, on espère avoir des nouvelles plus claires bientôt, a-t-il poursuivi. On vit une situation très spéciale et la santé va primer sur l’économie, de toute évidence. La question fondamentale est de voir, si le GP est annulé, comment on peut s’assurer de le pérenniser jusqu’en 2029.»

Beaucoup d’incertitude

L’épreuve devant avoir lieu le 13 juin sur le circuit Gilles-Villeneuve pourrait écoper comme ce fut le cas l’an passé.

Plus tôt cette semaine, Le Journal avait évoqué également ce scénario, rappelant au passage que la non-tenue de l’événement pendant deux années consécutives ne compromet pas son avenir à long terme. Toutefois, le premier ministre du Québec, François Legault, avait soulevé des doutes à ce sujet lors d’un point de presse, mardi, affirmant que «si on n’a pas de Grand Prix cette année, qu’arrivera-t-il de notre entente valide jusqu’en 2029?», admettant aussi son faible enthousiasme quant à l’idée de soutenir davantage l’événement au plan financier.

En revanche, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, se dit préoccupée quant au futur du GP s’il n’a pas lieu cette année.

«Si Montréal est privée de son Grand Prix pendant deux ans, je vous mentirais si je vous disais que je ne suis pas inquiète pour la suite des choses. C’est l’événement touristique et sportif le plus important qui se tient non seulement au pays, mais évidemment ici au Québec. À Montréal, c’est 490 millions de téléspectateurs, 150 pays et des retombées économiques très importantes. Oui, je suis inquiète», a-t-elle émis sur les ondes de TVA/LCN.

«La direction de la Santé publique au Québec autorise la tenue du GP à Montréal avec ses trois conditions. Maintenant, on va attendre... Aucune décision n’a été prise du côté fédéral [au moment de l’entrevue] et c’est ce qu’on attend avec beaucoup d’impatience.»

Mme Proulx a ajouté qu’il y avait encore du temps pour régler la question, sans préciser une date butoir.

«L’organisation du GP est complexe, mais on a encore une fenêtre...»

Facture plus salée

Selon ce que Le Journal avait rapporté, la tenue d’un Grand Prix à huis clos était conditionnelle à l’acceptation par les gouvernements fédéral et provincial d’une facture habituellement payée par le promoteur de la course, François Dumontier. Une somme de 6 millions $ a été soulevée concernant certaines dépenses, notamment l’embauche d’employés temporaires et le transport de matériel en provenance de l’Europe.

-Avec la collaboration de Félix Lacerte-Gauthier et de Louis Butcher

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