Les conservateurs confirment leur intention d’abolir la taxe sur le carbone | 24 heures
/bref

Les conservateurs confirment leur intention d’abolir la taxe sur le carbone

Changements climatiques

Image principale de l'article Les conservateurs vont abolir la taxe carbone
AFP
  • À chaque achat à la pompe, les consommateurs investissent dans leur compte d'épargne vert , il s'agit d'une refonte de la taxe carbone qui s'axe sur les individus au lieu d'une contribution collective
  • 30 % des véhicules légers vendus au pays devront être à émission zéro d'ici 2030  
  • Une liste de produits écologiques pour guider les consommateurs  

Pour que le Canada respecte ses engagements de l’Accord de Paris, le Parti conservateur propose de substituer la taxe carbone fédérale des libéraux pour la création d’un compte d’épargne vert pour tous.  

«Zéro dollar ira au gouvernement», a insisté jeudi M. O’Toole, qui indique qu’avec son plan, le pouvoir est «entre les mains» des consommateurs.

Car malgré le fait que la Cour suprême ait récemment validé la constitutionnalité de la taxe carbone du gouvernement Trudeau, les conservateurs n’en démordent pas et promettent toujours d’abolir la taxe carbone, qui «pénalise les consommateurs», selon le chef conservateur.


Celui-ci a néanmoins mis de l’avant un plan contenant des contraintes et qui met l’accent sur la responsabilité individuelle par le biais d’un Compte d’épargne pour la réduction du carbone (CERC), qui sera élaboré en collaboration avec les provinces et les territoires.


Un compte d’épargne vert


«Chaque fois que du carburant à base d’hydrocarbure est acheté, le consommateur met de l’argent dans un compte d’épargne libre d’impôt, simplement en utilisant sa carte personnelle comme il le fait avec les programmes de fidélité au garage ou au magasin», propose-t-on.


L’argent accumulé dans ce compte sera destiné à l’achat de produits à faible empreinte carbone, comme des voitures électriques ou des vélos. Les sommes économisées pourraient aussi servir à des rénovations écologiques, comme le remplacement de son chauffe-eau par une thermopompe, par exemple.


D’autre part, les conservateurs veulent créer un programme national sur les véhicules à émission zéro exigeant que, d’ici 2030, 30 % des véhicules légers vendus au pays soient à émission zéro. Rappelons que le gouvernement Legault veut que 1,5 million de véhicules électriques roulent sur les routes du Québec en 2030.


Le PCC jongle aussi avec l’idée d’offrir un «menu d’achat» où figureront des produits écologiques validés de manière indépendante afin d’aider les gens à faire leurs choix.


Le CERC s’inspire des programmes de fidélisation des grands détaillants, des banques et des compagnies aériennes en vue d’inciter les consommateurs, les entreprises et les agriculteurs à faire des choix éclairés en matière d’environnement, indique-t-on.


Selon M. O’Toole, le plan conservateur, élaboré à l’aide de modélisations économiques professionnelles d’une firme externe, Navius Reasearch, représente une façon plus efficace de réduire les gaz à effet de serre et donc de réaliser les engagements du Canada envers l’Accord de Paris.


Trop peu trop tard pour les libéraux


Les libéraux n’ont pas tardé à réagir au plan conservateur, eux qui ont une approche collectiviste.


Il faut souligner que pour accumuler de l’argent dans ce CERC, il faut d’abord payer pour de l’essence à la pompe, ce que les libéraux ont aussi décrié.


Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, a déploré un plan «sans chiffres pour indiquer combien les politiques coûteront aux consommateurs» et «sans incitatifs» pour encourager l’achat de véhicules électriques ou pour rénover sa maison.


«On dirait un plan pour une publicité qui n’existe simplement pas», a critiqué Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine, mais aussi cofondateur de l’organisme écologiste Équiterre. «Ils ont manqué le bateau depuis longtemps, et là ils construisent un radeau.»


Rappelons que la taxe carbone fédérale était récemment fixée à 30 $ la tonne et devrait augmenter à 170 $ la tonne d'ici 2030.

À lire aussi

Et encore plus