On vous présente l'assiette du futur | 24 heures
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On vous présente l'assiette du futur

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Photo Joël Lemay / Édition Marilyne Houde

À quoi va ressembler notre assiette d’ici 15 ans? Oubliez les pilules miracle ou les aliments digne d’un film de science-fiction : les experts à qui nous avons posé la question s’entendent surtout pour dire que des tendances actuelles – écolo, local, moins de viande – vont prendre encore plus de place.  

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On vous conseille donc d’apprendre à bien cuisiner les ingrédients ci-dessous : vous n’avez pas fini d’en manger!  

Le tofu  

C'est fini l'époque où les gens levaient le nez sur le tofu en disant que ça ne goûte rien. De plus en plus de personnes ont tout simplement appris à le cuisiner et en incorporent à leurs recettes, à un point tel que les producteurs locaux peinent à fournir à la demande. L’engouement n'est pas près de ralentir, croit le sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Lemasson. «C’est un aliment extrêmement flexible et sain. Voilà une protéine qui va se substituer - d’ailleurs qui a déjà commencé à se substituer à la viande - pour un certain nombre de gens», dit-il.  

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Des champignons et fleurs sauvages  

Amateur de champignons ou de fleurs comestibles, il y a de fortes chances que vous soyez plus nombreux d’ici quelques années. Alors qu’on note déjà un engouement pour les produits dits «naturels», les produits sauvages (qui pousse sans être cultivés et qu'on récolte dans la nature) ont la cote. «Il ne faut pas non plus que ça devienne trop à la mode. Il ne faut pas non plus épuiser nos ressources naturelles», prévient Jean-Pierre Lemasson. Le mot d’ordre, alors: cultivons-les, mais de façon saine et durable.  

Photo Joël Lemay / Édition Marilyne Houde

Des légumes locaux  

Les légumes du Québec seront encore plus nombreux dans nos assiettes d’ici quelques années. La construction des serres et le développement de l’agriculture urbaine va faire en sorte que la production de légumes à l’année va augmenter. On peut penser aux concombres, aux carottes, aux haricots et même aux tomates (bon ok, techniquement, c’est un fruit) qui sont faciles à produire et très appréciées.  

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Pour les fruits, ce sera plus compliqué, selon Jean-Pierre Lemasson. À moins d’une grande surprise, le Québec ne va pas se mettre à produire des oranges ou des citrons en raison des coûts et des conditions que ça impliquerait dans un climat comme le nôtre. Si l’on note une augmentation des fruits locaux dans nos assiettes, cela va être dans des créneaux précis, comme les petits fruits, dont la production locale va être plus en demande.   

De la viande  

Ce n’est pas demain la veille que le steak va disparaitre de nos assiettes. En raison de l’attachement qu’éprouvent les Canadiens face à la viande, le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois ne voit pas un changement s’opérer à ce niveau dans les 15 prochaines années. Peut-être que la consommation de bœuf risque de diminuer légèrement, mais la demande de porc et de poulet reste encore «très robuste», note-t-il. 

Pour le phénomène de la viande synthétique, il reste beaucoup d’inconnu, mais son éventuelle apparition ne devrait pas tout balayer sur son passage, selon les estimations. Même si les Canadiens ne risquent pas d’y adhérer rapidement, M. Charlebois s’attend à ce qu’elle soit légalisée au pays d’ici cinq ans.  

Des insectes  

Nous allons probablement consommer plus de protéines provenant des insectes au cours des prochaines années, mais cela va surtout se retrouver dans produits très transformés comme des farines ou des croustilles plutôt que dans nos salades. Même c'est peu coûteux et riche nutritivement, les gens ne sont pas encore tout à fait à l’aise avec l’idée d’en consommer, mentionne Sylvain Charlebois. Il précise cependant qu’environ 22% des Canadiens seraient prêts à se tourner vers ce type de protéine. «À London en Ontario, on vient de bâtir la plus grande usine de production d’insectes au monde. Alors on voit vraiment qu’on mise beaucoup sur le marché des ingrédients», explique le professeur à l’Université Dalhousie. 

Des légumineuses  

S’il y a bien un produit qui se mange de plein de façons (entières, en farine, en pâtes alimentaires, etc.), c’est les légumineuses, qui n’ont pas fini de gagner en popularité. On n’a qu’à penser au soya, aux pois chiches ou aux lentilles. «C’est appelé à prendre plus de place, parce qu’il s’agit de production largement locale. Le Canada est même parmi les plus grands producteurs du monde de lentilles», fait valoir Jean-Pierre Lemasson, qui ajoute que ce produit ne coûte pas cher.  

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Des noix  

Les noix représentent la collation idéale au bureau, à l’école, au gym ou en randonnée; ce n’est pas un hasard si elles connaissent une popularité grandissante depuis plusieurs années. Comme les autres sources de protéines végétales, leur popularité n’est pas près de ralentir selon les experts que nous avons consultés.  

D’ailleurs, est-ce qu’on est sur le point de troquer les «3 repas par jour» contre des collations tout au long de la journée? Oui, cette tendance risque d’être plus populaire dans les prochaines années (surtout pour les gens qui seront encore en télétravail), mais ce n’est pas pour tout le monde, croit la docteure en nutrition Isabelle Huot.  

«Est-ce qu’on va snacker ou descendre à deux repas par jour? Ça va être une pratique très personnalisée en fonction de plusieurs facteurs personnels», précise-t-elle. 

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