Savez-vous reconnaître la violence conjugale? | 24 heures
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Savez-vous reconnaître la violence conjugale?

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Depuis le début de l’année, au Québec seulement, neuf femmes ont été assassinées dans un contexte qui semble teinté de violence conjugale. Dans les dernières semaines, des milliers de personnes ont pris la rue, on a dénoncé le manque de ressources des organismes communautaires, on a pressé la classe politique d’agir... Et moi, je n’arrête pas de me demander: «Est-ce que je saurais même détecter qu’une amie est victime de violence?»

Le tiers des femmes    

Une femme sur trois sera victime de violence conjugale au cours de sa vie, selon l’OMS. Les statistiques veulent donc que certaines de nos proches soient aux prises avec un conjoint qui abuse d’elles sur les plans physique, psychologique, sexuel ou même financier. Que peut-on faire pour les reconnaître et leur tendre la main? Très honnêtement, je n’en avais aucune idée. J’ai donc posé la question à Catherine Ethier, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.  

«On associe beaucoup la violence conjugale à la violence physique, mais les symptômes sont souvent psychologiques, m’a expliqué l’artiste engagée. On ne peut pas les voir, contrairement à des ecchymoses. En général, il y aura un changement d’attitude chez votre proche. Elle va graduellement s’isoler, refuser les invitations, douter d’elle-même ou encore changer sa façon de s’habiller pour être plus discrète. Ça peut se coupler à des textos et des appels très fréquents de la part de son conjoint.»  

Comme il n’existe pas de victime type, on doit être à l’affût de changements subtils chez nos proches. N’importe quelles proches. Comme le résume la porte-parole: «Ça peut arriver à votre amie de 45 ans qui fend le vent, qui a une job de boss et qui, tout d’un coup, tombe en amour avec quelqu’un qui la plonge dans une relation toxique.» 

Les bonnes questions    

Comment épauler une amie, une fois qu’on a reconnu que son conjoint est violent? Il n’existe malheureusement pas de mode d’emploi unique, mais Catherine Ethier recommande de lui poser des questions, en toute ouverture.  

«Parfois, une femme va sentir qu’elle n’est pas tout à fait bien dans une relation, mais elle ne réalisera pas qu’elle est dans une situation de violence conjugale. Vous pouvez l’aider à examiner pourquoi elle ne se sent pas bien. Tu me sembles différente, ces temps-ci... Qu’en penses-tu, toi? Je ne t’ai jamais vue si isolée, est-ce que c’était comme ça dans tes anciennes relations? Peut-être qu’au fil du temps, elle va s’ouvrir à vous, mais sachez que ça prend en moyenne sept tentatives avant d’arriver à quitter définitivement un conjoint violent. Il ne faut pas juger votre amie ni prendre de décision pour elle. Il faut simplement être à l’écoute et s’assurer qu’elle sache que vous l’aimez. Que, quoi qu’il advienne, elle peut venir vers vous.»  

Les ressources disponibles    

N’hésitez jamais à appeler SOS Violence conjugale si vous avez besoin d’aide — que ce soit pour vous ou une proche. C’est ouvert en tout temps, c’est confidentiel et gratuit: 1 800 363-9010.

Parce qu'aucune femme ne mérite de traverser une telle épreuve seule.

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