Lettre aux casseurs en prévision de leurs prochaines manifestations | 24 heures
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Lettre aux casseurs en prévision de leurs prochaines manifestations

BILLET - Le compte Instagram @mtlflextv est absolument divertissant: on peut y suivre tout ce qui se passe à Montréal, souvent en live. Depuis dimanche, les administrateurs ont publié une dizaine de vidéos de casseurs anti-couvre-feu dans une manifestation qui a finalement viré en émeute. Et ça, pour de vrai, c’est laid.

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Cher casseur, à l’approche de futures manifestations que tu prépares dans le plus grand des secrets, voici ce que j’ai à te dire. 

Tu te crois seul d’en avoir marre des masques, du confinement, de la fermeture des gyms, des restaurants, des bars et des stades sportifs, du vide des aéroports et du contraignant couvre-feu?

Eh bien non. On en a tous marre. Les 37 millions de Canadiens en ont marre. Trust me, j’en ai marre. 

Lorsque je te vois en vidéo saccager de ton plein gré la vitrine d’un petit commerçant, j’ai mal pour notre société, qui est composée malgré elle de gens comme toi, laissant sa rage aveugler sa conscience. 

Photo Francis Pilon

J’ai aussi pitié pour tes parents, qui n’ont pas réussi à t’inculquer le sens de la bienveillance et de la collectivité. 

Ou peut-être n’as-tu fait qu’à ta tête, parce que tout ce qui compte, c’est toi et ton petit nombril. Tu n’as que faire de ces petits commerçants qui tentent de survivre du mieux qu’ils le peuvent, dans cette pandémie qui gruge tous leurs profits. 

Le couvre-feu, je l’admets; c’est vraiment pénible. Mais est-ce une bonne raison pour choisir la voie de la criminalité? Si tu ne le savais pas, c’est criminel, du vandalisme.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Les véritables enjeux sociaux  

Je veux aussi te faire part de véritables enjeux sociaux. 

Il existe des gens, contrairement à toi, qui contribuent à la société et qui sont oubliés, dans cette crise sanitaire mondiale. EUX, pourtant, ne s’emparent pas des rues pour tout détruire.

Je parle de ces travailleurs de la santé, à bout de souffle, qui ont peut-être soigné ta grand-mère... Ils ont des conditions de travail exécrables et ne demandent que des journées de congé pour se reposer. 

Toi, tu demandes qu’il n’y ait pas de couvre-feu.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Je parle de ces enseignants qui forment les adultes de demain. Ils réclament un meilleur salaire (et avec raison) et doivent non seulement enseigner à des élèves masqués, mais aussi les discipliner à porter leurs masques. Et ne parlons même pas de la condition de l’aération des écoles... 

Toi, tu détruis tout parce que tu ne veux pas de couvre-feu.

Je parle aussi de ces travailleuses sociales qui aident les femmes victimes de violence conjugale. Ça peut être ta mère, ta sœur, ta tante... Elles revendiquent le manque de place dans les maisons d’hébergement pour éviter un autre féminicide.

Toi, tu craches à la caméra de la haine parce que tu protestes contre le couvre-feu. 

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MARTIN ALARIE / AGENCE QMI / JOURNAL DE MONTREAL

Je peux aussi te mentionner le combat que mènent les leaders autochtones pour contrer la discrimination envers leur peuple ou encore les activistes noirs qui ne peuvent plus être la cible des policiers. Et des personnes asiatiques qui se font harceler dans les rues de la métropole...

Mais pauvre de toi, tu ne peux pas sortir après 20h. 

You feel me?

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