Vignobles en France: un gel historique pourrait causer des pertes de 3 G$ | 24 heures
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Vignobles en France: un gel historique pourrait causer des pertes de 3 G$

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Trois milliards de dollars: c'est ce que pourrait coûter aux vignerons français le gel historique survenu au cours des derniers jours, qui affectera possiblement aussi la qualité des bouteilles que l’on boira dans quelques années.

Les vignerons tentent de sauver ce qu'ils peuvent, alors que plus du tiers de toutes les récoltes en France ont été touchées par cet épisode de gel. 

C’est que la France a été exposée à des températures en montagnes russes dans les derniers mois. Des chaleurs précoces ont accéléré la fleuraison des vignes et des arbres fruitiers, qui ont ensuite gelé en raison du froid, selon The Guardian

Des régions bien connues comme Champagne, Bordeaux ou la vallée de la Loire n’ont pu y échapper.  

«Sur l’ensemble de l’appellation Côte-Rôtie, on a 80% de pertes», a souligné Michaël Gerin, rencontré par l’AFP sur les sentes étroites et pentues de son domaine de 17 hectares de raisins rouges dans le village d’Ampuis.

Le président de l’appellation Côte-Rôtie est inquiet et complètement abattu. «C’est tout notre travail qui est grillé en quelques heures, s’est-il désolé. Habituellement, on produit 80 000 bouteilles, mais cette année, ça sera 10 000 ou 15 000 au maximum.»

Une première depuis 1938 

Pour le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, cet épisode de gel pourrait être «la plus grande catastrophe du début du XXIe siècle», rapporte The Guardian.

 

«Cette vague de gel, c’est un phénomène inédit pour nous. Ça n’était pas arrivé depuis 1938, m’a affirmé mon grand-père», a insisté Michaël Gerin.

Le phénomène est tellement exceptionnel... que les vignobles n’y étaient tout simplement pas préparés. Par exemple, de nombreux viticulteurs ne disposent pas de bougies ou de braseros qui permettent de réchauffer les vignes. 

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«On n’utilise pas de bougies ou de braseros pour réchauffer les vignes parce qu’on ne souffre pas du gel normalement». D’autant qu’avec des pentes à 60%, cette méthode est difficile à mettre en place.»

«C’est un investissement auquel il faut mûrement réfléchir», lance M. Gerin, en le chiffrant à 7500$ par hectare.

Mais alors, comment faire pour anticiper ces aléas climatiques de plus en plus fréquents?

«Cela fait 30 ans que l’on voit les effets du réchauffement» qui fait que les vignes sont de plus en plus précoces, a expliqué Michaël Gerin.

Afin de retarder l’arrivée des bourgeons, les vignerons taillent leurs vignes plus tard d’année en année. «Mais surtout, cet évènement est exceptionnel, et on espère que ça le reste», a souhaité M. Gerlin. 

Appel à l’aide

Afin de se relever de cette catastrophe, les vignerons attendent «de vraies annonces avec des chiffres et des réponses concrètes», comme l’exonération de charges salariales et patronales ou encore de cotisation de mutualité sociale agricole, a noté M. Gerin. 

«On veut de l’aide, mais on ne veut pas quémander des sommes d’argent», a assuré son homologue de Condrieux, un vignoble voisin, Christophe Pichon.

-Avec l'AFP

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