Application de la loi 101 au cégep: voici tout ce qu'il faut savoir de la proposition péquiste | 24 heures
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Application de la loi 101 au cégep: voici tout ce qu'il faut savoir de la proposition péquiste

Image principale de l'article Loi 101 appliquée au cégep? Ce qu'il faut savoir
Photo d’archives, Ben Pelosse
  • Les militants du PQ ont appuyé massivement la proposition d’élargir la loi 101 au cégep  
  • Cette proposition vise à empêcher les étudiants francophones et allophones de fréquenter les cégeps en anglais 
  • Du côté du gouvernement, le premier ministre François Legault a indiqué qu’il ne souhaitait pas élargir la loi 101 au cégep   

Les délégués du Parti québécois (PQ) ont appuyé massivement la proposition d’élargir la loi 101 au cégep dimanche dernier, au terme de leur Conseil national. Mais ça veut dire quoi au juste? Et quelles conséquences est-ce que ça va avoir? On fait le tour de la proposition en quelques points.

À qui est-ce que ça va s’appliquer?   

La proposition, qui a été initiée par l’aile jeunesse péquiste, a été adoptée par une majorité de 94% des 230 délégués participants. Elle vise à empêcher les étudiants francophones et allophones de fréquenter les cégeps en anglais. 

«Quand le PQ revient à l’esprit de la loi 101, qui est de faire de la langue française la langue commune, la langue de l’éducation des francophones et des allophones, on agit au diapason des préoccupations des Québécois», a affirmé le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, au terme du Conseil national. 

Paul St-Pierre Plamondon

Photo courtoisie, La Presse canadienne

Paul St-Pierre Plamondon

M. St-Pierre Plamondon a souligné que 65% des étudiants de collèges anglophones sont francophones ou allophones. Avec une loi 101 plus musclée, ils devraient se tourner vers le réseau francophone. 

Et pour les élèves qui voudraient «perfectionner leur langue anglaise», le chef du PQ propose des échanges d’une session dans des établissements anglophones. Ce dernier martèle toutefois que tant que l’indépendance ne sera pas faite, le français restera sous pression. «On ne peut pas demeurer les bras croisés devant le déclin du français», a-t-il indiqué. 

Est-ce que c’est une nouvelle proposition?   

L’idée d’empêcher les étudiants francophones et allophones de fréquenter les cégeps anglophones fait débat depuis longtemps au PQ, mais, historiquement, le parti a toujours défendu la possibilité de choisir librement la langue d’enseignement de son cégep.  

Cette position était également celle de M. Paul St-Pierre Plamondon, jusqu’à tout récemment. C’est seulement depuis que l’aile jeunesse du Parti québécois est revenue à la charge avec cette proposition que le chef a changé d’avis. 

«Les jeunes ont parlé de façon très claire. Ça a eu l’effet d’accélérer les discussions au sein de l’aile parlementaire, où il y a beaucoup de réceptivité», a-t-il dit en entrevue au Journal

L’ancien chef péquiste Jean-François Lisée s’est également rallié tout dernièrement à la position de l’aile jeunesse. 

«On est [rendu] au moment des mesures fortes, et la loi 101 [imposée] au cégep en fait partie. Elle ne doit pas être seule, mais je pense que l’unité qui est en train de se faire autour de ça est comme symbolique de l’appétit pour des mesures fortes», a fait valoir samedi l’ex-leader souverainiste, en entrevue avec le Bureau parlementaire. 

Quelles sont les prochaines étapes?   

Même si les délégués du PQ ont adopté l’idée, beaucoup reste encore à faire avant de la voir un jour appliquée. 

Le chef du PQ a indiqué que sa formation avait désormais la légitimité de défendre cette proposition au Parlement, mais elle devra éventuellement être adoptée par les militants du PQ, qui se réuniront en congrès à l’automne pour élaborer la prochaine plateforme électorale du parti.  

«Ça nous donne un mandat très, très clair, estime Paul St-Pierre Plamondon. L’aile parlementaire a toute la légitimité maintenant pour mettre de l’avant cette proposition-là, en parler, ça fait désormais partie de ce qu’on a à dire sur la rénovation de la loi 101.» 

Simon Jolin-Barrette

Photo Simon Clark

Simon Jolin-Barrette

Du côté du gouvernement, le ministre Simon Jolin-Barrette s’est engagé à déposer ce printemps une importante réforme de la loi 101. Par contre, François Legault a déjà indiqué qu’il ne souhaitait pas élargir la loi 101 au cégep.  

- Avec les informations de Geneviève Lajoie et de Charles Lecavalier 

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