Des agriculteurs québécois espèrent un «effet microbrasserie» dans les épiceries | 24 heures
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Des agriculteurs québécois espèrent un «effet microbrasserie» dans les épiceries

Image principale de l'article Des producteurs espèrent un «effet microbrasserie»
Photomontage Marilyne Houde

Manger des fruits et légumes locaux, c’est bon pour la planète, mais il faut avant tout être capable d’en trouver! Plusieurs producteurs québécois croient que leurs produits devraient avoir un meilleur accès aux tablettes des épiceries.  

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Vous rappelez-vous comme les bières de microbrasseries étaient difficiles à trouver il y a quelques années? Maintenant, la plupart des épiceries et bien des dépanneurs en ont une section tout à fait respectable; des producteurs maraîchers québécois espèrent qu’un phénomène semblable se produira avec les fruits et légumes.  

«J’ai l’impression que les gens ne regardent pas le prix de la bière, mais qu’ils regardent beaucoup le prix du brocoli», avance Véronique Bouchard, propriétaire de la Ferme aux petits oignons et autrice du livre Cuisiner sans recette : guide de résilience alimentaire.  

Il n’y pas de raison pour que l’ail, les carottes, les betteraves et même les petits fruits comme les bleuets ou les fraises viennent d’ailleurs que du Québec, selon elle et d’autres acteurs du milieu agricole.  

Pas juste dans les paniers bio 

Une façon bien connue d'avoir des fruits et légumes du Québec, c’est en s’inscrivant à un service de «panier bio», livré directement chez nous ou dans un commerce du coin chaque semaine. «Ça diminue beaucoup les pertes, et parce que les gens payent à l’avance on peut offrir un prix avantageux parce qu’on est sûr de vendre», résume Véronique Bouchard.  

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Il reste que plusieurs consommateurs préfèrent choisir eux-mêmes ce qu’ils mangent à chaque semaine : d’où l’importance d’avoir des produits locaux dans les épiceries. 

Mais l’accès aux grandes bannières d’épicerie est loin d’être la norme pour les petits producteurs.  

Dur d’entrer dans les épiceries  

Plusieurs facteurs expliquent cela : d’abord, les volumes et la fréquence exigés. «Bien souvent, les chaînes d’alimentation exigent des volumes minimaux et une constance dans les livraisons», ce qui disqualifie d’emblée les petits producteurs saisonniers, selon Jessica Blackburn, porte-parole de l’Union des producteurs agricoles.  

Puis, il y a le prix : même si des épiciers montrent une ouverture envers les produits locaux, «ils n’acceptent de payer ces produits plus cher que de 5 ou 10% lorsque des produits importés sont disponibles à meilleur prix», ajoute Jessica Blackburn.  

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L’effet microbrasserie à la rescousse  

C’est «l’effet microbrasserie», selon lequel un produit devient tellement populaire qu’il ne peut plus être ignoré des grandes chaînes, qui peut convaincre les épiceries de mettre plus de local sur leurs tablettes, selon Thibault Renouf, co-fondateur du réseau Arrivage. «Un IGA qui se trouve à côté d’un marché public, par exemple, il va devoir offrir des produits locaux aussi pour rester compétitif», estime l’entrepreneur.  

Son entreprise veut justement rapprocher les commerces des petits producteurs pour faciliter la distribution de produits locaux. Le réseau Arrivage est une plateforme en ligne où les producteurs peuvent vendre leurs récoltes directement à des épiciers et des restaurateurs locaux sans passer par des grossistes ou des distributeurs. 

Ça vaut la peine de se pencher sur ces enjeux de distribution, et pas seulement pour la planète et nos papilles : la pandémie et les fermetures de frontières nous a aussi fait prendre conscience de l’importance de la production locale, rappelle Véronique Bouchard.  

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