Essai de l’Echelon Smart Rower: la révolution des gyms à la maison | 24 heures
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Essai de l’Echelon Smart Rower: la révolution des gyms à la maison

À l’essai du rameur intelligent Echelon Smart Rower (Row-S).
Photo: Maxime Johnson

À l’essai du rameur intelligent Echelon Smart Rower (Row-S).

10 ans. Voilà à quand remontait mon dernier entraînement avant de débuter cet article. Ça aura pris un rameur intelligent avec un écran géant, une application connectée, un texte à remettre et une pandémie qui a fait exploser un nouveau marché pour finalement me convaincre de bouger un peu.

La classe en direct débute à 11h. Dans son studio minimaliste, l’entraîneuse Jaime Wilbanks tient une séance d’entraînement collective conçue pour améliorer l’endurance de dizaines de participants de partout dans le monde. Je suis l’entraîneuse sur un grand écran connecté, je rame à son rythme et je surveille ma performance qui s’affiche au classement sur l’écran. À mon grand étonnement, je ne m’en sors pas si mal par rapport aux autres qui sont connectés en même temps que moi. 

Les appareils d’entrainement connectés comme l’Echelon Smart Rower sur lequel je suis assis ont la cote. Il s’agit d’une tendance qui était prometteuse au début 2020, mais qui a littéralement explosé avec la pandémie et la fermeture des gyms partout dans le monde. Ce marché est souvent associé aux vélos connectés Peloton, mais d’autres entreprises offrent aussi des appareils du genre, parfois pour la moitié du prix. Echelon est l’une d’elles. 

Installation: un entraînement involontaire      

Avertissement : assembler l’Echelon Smart Rower risque de provoquer quelques sacres.

Photo: Maxime Johnson

Avertissement : assembler l’Echelon Smart Rower risque de provoquer quelques sacres.

Même si les vélos accaparent le gros du marché des équipements d’entrainement connectés, j’ai plutôt choisi de mettre à l’essai un rameur, qui offre un entrainement plus complet, tant cardiovasculaire que musculaire. Je suis aussi – je l’avoue – intrigué par ces appareils depuis la mise en ligne de la série House of Cards

Le rameur d’Echelon est livré dans une grosse boite massive, et le monter n’est pas pour les âmes sensibles. C’est, et je pèse mes mots, un véritable combat, surtout pour sortir les pièces de la boîte. J’ignore comment l’appareil est emballé à l’usine, mais chaque morceau semble imbriqué, scotché, moulé dans de la styromousse et j’en passe. J’ai méticuleusement enlevé les pièces une à une en faisant bien attention, à la manière d’un jeu de Tetris inversé, jusqu’à ce que l’opération vienne à bout de ma patience et que je me mette à détruire la styromousse avec un ciseau et un rire maniaque. Ceci est arrivé il y a plus d’un mois, et je retrouve encore des petites billes blanches de mousse un peu partout dans mon bureau. 

La bonne nouvelle est que l’assemblage lui-même est assez facile, surtout si on est deux pour les pièces plus lourdes au début de l’opération. Les instructions de type IKEA sont simples, et une vidéo en ligne bien conçue permet de voir les étapes une à une. 

Une fois assemblé, le Smart Rower impressionne. L’appareil est tout d’abord massif. Une fois déplié, il occupe une bonne partie d’une petite pièce (j’ai d’ailleurs été forcé de vider temporairement une chambre à la maison pour prendre les photos qui accompagnent ce texte). 

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Il est facile de replier et de transporter l’Echelon Smart Rower. Vidéo: Maxime Johnson

Heureusement, il est aussi possible de le plier sur lui-même lorsqu’on le range. Il prend alors à peu près la place d’une commode assez haute. Il est également doté de roulettes et de poignées, ce qui permet de le déplacer facilement si on a un plancher de bois. Dans l’ensemble, le sortir et le ranger tous les jours n’est pas une corvée, ce qui était une de mes craintes.

J’ai rapidement effectué la séance d’initiation à la rame. Cette dernière est surtout pour apprendre à contrôler l’appareil et à bien faire les mouvements. Le rameur m’a laissé une excellente première impression. 

Deuxième impression: ouch!    

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Pour ne pas avoir mal, il est important de bien effectuer les mouvements de rame. Voici l’exemple à ne pas suivre. Vidéo : Maxime Johnson.

La seconde impression, le lendemain, était moins bonne. Même après avoir effectué une séance qui se rapprochait plus d’un tutoriel que d’un entrainement, j’étais raqué. 10 sans sport, ça rattrape son homme. 

Après avoir lu un peu plus, je me suis rendu compte que ma position laissait à désirer, ce qui pourrait expliquer mes muscles et tendons endoloris. Clairement, il aurait été préférable d’apprendre à me servir d’un rameur dans un vrai gym, avec l’aide d’un professionnel. 

Un vélo aurait peut-être été mieux adapté à mon expérience limitée. 

Un rameur d’une bonne qualité    

Le rameur d’Echelon, une fois déplié.

Photo: Maxime Johnson

Le rameur d’Echelon, une fois déplié.

Les semaines ont passé, mon corps a pris du mieux (merci, crème anti-inflammatoire!) et mon orgueil aussi. Après un peu plus d’un mois avec l’appareil, quelques constats s’imposent.

Le rameur lui-même est d’une excellente qualité. Il est solide, et les niveaux de résistance sont bons. Je ne me prononcerai pas pour ceux qui poussent poussent de la fonte tous les jours au gym depuis des années, mais il est clair que je n’atteindrai jamais le point où la résistance magnétique de l’appareil sera trop faible pour mes besoins. 

Cette dernière peut être ajustée en 32 niveaux grâce à deux boutons situés sur la poignée dans nos mains. La différence entre les niveaux est petite, il est donc facile de trouver la résistance qui nous convient précisément. 

La poignée du rameur permet d’ajuster directement le niveau de résistance.

Photo: Maxime Johnson

La poignée du rameur permet d’ajuster directement le niveau de résistance.

Le socle pour les pieds offre cinq niveaux d’ajustement (souliers Xbox non inclus).

Photo: Maxime Johnson

Le socle pour les pieds offre cinq niveaux d’ajustement (souliers Xbox non inclus).

 

Dans l’ensemble, le mécanisme fonctionne bien. Les mouvements du banc et du rameur sont fluides et silencieux, et l’entraînement effectué permet de travailler son cardio et d’entraîner des muscles de ses jambes, de son torse et de ses bras, incluant plusieurs dont j’ignorais l’existence jusqu’ici.  

Pour ce test, j’ai essayé le modèle Row-S, doté d’un immense écran de 22 pouces. Il s’agit en fait d’une tablette Android modifiée où seule l’application mobile d’Echelon est accessible. Malheureusement, les informations du rameur (comme la résistance sélectionnée et votre cadence) sont affichées uniquement sur l’application, qui nécessite un abonnement pour fonctionner. Si vous annulez votre abonnement, vous pourrez vous continuer de vous entraîner avec le rameur, mais vous ne pourrez pas mesurer l’intensité de votre séance. C’est dommage. 

Notons que le Row-S, qui devrait être vendu environ 2000$, n’est pas encore offert au Canada (la forte demande pour les machines d’entrainement connectées y est probablement pour quelque chose). En attendant son arrivée, il faudra se contenter du modèle de base, à 1299$. Il s’agit du même appareil, mais avec un support à tablette au lieu d’un écran connecté. Pour le prix, c’est un excellent compromis. 

Application: la sauce secrète   

L’application mobile Echelon pendant un entrainement en direct.

Capture d’écran: Maxime Johnson.

L’application mobile Echelon pendant un entrainement en direct.

Ce qui distingue le rameur intelligent d’Echelon des rameurs « idiots » que l’on retrouve habituellement dans les boutiques est son application mobile, qui offre différents types d’entrainement (pour les rameurs, mais aussi pour la course, le vélo et des entrainements au sol comme du Yoga, du Kickboxing et du Zumba). 

Certains entrainements sont en direct, alors que d’autre sont préenregistrés. Dans les deux cas, un tableau de classement permet de se mesurer à ses amis ou à d’autres sportifs dans le monde (une expression à prendre avec un gros grain de sel dans mon cas, j’en conviens).

L’application mobile d’Echelon pour le rameur est quand même convenable. Il y a moins de classes en direct qu’avec le vélo, mais il y a beaucoup de classes préenregistrées, incluant plusieurs en français. Les tableaux de classement sont une source de motivation quand même efficace pour plusieurs, surtout les plus compétitifs. Pour moi, c’est plutôt un guide pour m’indiquer si mon effort était suffisant.  

Les entraînements sont réunis par types (puissance, endurance, etc.) et par durée (de 10 à 30 minutes en moyenne). Il y a aussi des entraînements « scéniques », qui donnent l’impression d’avancer sur l’eau. 

Quelques entrainements pour le rameur proposés sur l’application mobile Echelon.

Capture d’écran: Maxime Johnson.

Quelques entrainements pour le rameur proposés sur l’application mobile Echelon.

Il est bon de noter ici que l’application d’Echelon est meilleure pour le vélo que pour le rameur. Les entraîneurs pour le vélo sont dans une salle d’entraînement motivante, alors que ceux pour la rame sont dans une salle déprimante, devant un mur de brique. Les cyclistes ont aussi droit à des entrainements plus variés. 

Côté musique, alors qu’Apple Fitness+ permet de choisir ses entraînements en fonction de ses goûts musicaux, Echelon nous impose ses goûts douteux (c’est un euphémisme). Un des entraînements me proposait par exemple Lana Del Rey et Sarah McLachlan. Qui s’entraîne sur Sarah McLachlan? 

Echelon enfreint parfois des règles de base dans la création de listes de lecture.

Capture d’écran : Maxime Johnson.

Echelon enfreint parfois des règles de base dans la création de listes de lecture.

Certaines listes de lecture semblent aussi avoir été créées avec un je-m’en-foutisme étonnant, comme une proposant deux chansons de Foster The People, suivies de deux chansons de Jamiroquai, puis What is Love d’Haddaway et Come With Me Now de KONGOS. Je faisais de meilleures listes de lecture à 15 ans. Bref, Echelon devrait embaucher un DJ digne de ce nom ou, encore mieux, nous laisser choisir nos propres chansons. 

Autre point négatif, il est difficile de s’y retrouver dans les services en ligne d’Echelon. Les informations pour les vélos et les rameurs sont mélangées, l’abonnement pour les entrainements au sol seulement est introuvable et les fonctionnalités ne sont pas toutes les mêmes sur iOS que sur Android. Les prix et modèles d’appareils américains sont aussi constamment référencés sur le site web. On dirait que l’entreprise a voulu croitre trop rapidement. Ce n’est pas la fin du monde, mais un grand ménage s’impose. 

L’abonnement mensuel d’Echelon est offert au même prix que celui de Peloton (49,99$ par mois), mais l’entreprise propose également des abonnements annuels plus économiques (549$ pour un an ou 799$ pour deux ans). Dans les deux cas, il est possible de partager l’abonnement avec les membres de sa famille. C’est à ce moment-là que les appareils connectés deviennent avantageux financièrement par rapport aux gyms traditionnels. 

Notons qu’Apple Fitness+ est quant à lui considérablement moins cher, à 12,99$ par mois, mais que son offre pour les rameurs est plus limitée. 

Verdict   

Le rameur une fois rangé.

Photo: Maxime Johnson.

Le rameur une fois rangé.

Je me suis plus entraîné en deux mois avec l’Echelon Smart Row qu’en 10 ans auparavant. Certes, la barre à atteindre était basse, mais j’ai aussi un vélo stationnaire à la maison, qui m’a été donné et qui prend la poussière depuis son acquisition. Bref, le rameur connecté y est pour quelque chose. 

Même si un vélo intelligent me semble plus approprié qu’un rameur pour un novice, il est clair après quelques semaines d’essai que le concept d’appareils d’entrainement connectés est plus qu’une mode temporaire, et que la tendance devrait perdurer bien au-delà de la pandémie. 

Les gym vont rester. Il y aura toujours des gens qui auront besoin d’être entourés, qui voudront utiliser plusieurs machines et qui rechercheront de l’aide personnalisée. Mais il y a aussi beaucoup de travailleurs qui ne retourneront pas, ou si peu, dans un bureau physique, et qui réaliseront que prendre 1h30 de temps (déplacement aller-retour, entrainement, douche, etc.) pour aller au gym lorsque celui-ci n’est plus sur notre route n’est pas réaliste. Pour eux, un appareil d’entraînement connecté pourrait représenter le meilleur des deux mondes. 

Les appareils d’entraînement connectés avec services mensuels comme l’Echelon Smart Rower ne représentent pas le futur de l’entraînement à eux seuls. Mais ils en font certainement partie. 

Pour acheter le modèle de base Echelon Smart Rower: Amazon Canada | Best Buy Canada | Walmart Canada 

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