223 millions $ sur cinq ans pour lutter contre les violences conjugales: ce qu'il faut savoir | 24 heures
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223 millions $ sur cinq ans pour lutter contre les violences conjugales: ce qu'il faut savoir

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Guillaume Cyr

Accusé d’avoir réservé «des miettes» pour lutter contre la violence conjugale lors de son dernier budget, le gouvernement Legault débloque finalement 223 millions $ dans l’espoir de freiner la série noire de féminicides qui frappe la province.

Le «plan d’urgence» annoncé vendredi vise à agir sur «tous les fronts» d’abord en rehaussant le financement des maisons d’hébergement pour femmes, mais aussi en bonifiant l’aide aux organismes d’aide aux hommes violents, a précisé la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

D’autres annonces sont aussi à venir à propos des services offerts par les corps policiers et des «cellules d’interventions» pour accompagner les victimes, a-t-elle ajouté. L’organisme SOS violence conjugale devrait aussi avoir sa part du montant.

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Rapidement envoyé

Maintenant responsable du dossier de la lutte aux violences conjugales, Geneviève Guilbault insiste pour dire que ce nouveau financement sera rapidement envoyé sur le terrain, contrairement aux millions annoncés dans le budget de 2019 qui n’avaient toujours pas été reçus par les organismes un an plus tard.

«Jamais il n’y aura eu autant de financement pour lutter contre les violences conjugales, a-t-elle martelé. [...] Mais derrière de gros montant qui paraissent bien, il faut s’assurer que cet argent tombe à la bonne place et serve les femmes.»

Pas moins de 425 millions $ auront donc été investis d’ici cinq ans pour lutter contre la violence conjugale lorsqu’on inclut les deux derniers budgets du gouvernement Legault.

L’annonce de vendredi arrive à point nommé puisque le Québec connaît présentement une série noire de meurtres de femmes. La moyenne de la province, qui subit chaque année une douzaine de ces tragédies, est déjà en voie d’être dépassée en date de la fin avril.

Des 223 millions $, 92 millions $ sont destinés aux maisons d’hébergement pour femmes où 163 places seront créées d’ici un an, ce qui réjouit les organismes responsables.

Une nouvelle nomination

La députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours, est aussi nommée responsable de ce dossier.

Celle qui a déjà admis avoir été victime de violence conjugale aura la tâche de s’assurer du financement «adéquat» de ces services d’hébergements d’urgence, a précisé Geneviève Guilbault.

«Ça va nous permettre de faire une différence [...] c’est porteur d’espoir et de changement à court, moyen et long terme», a souligné la directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse, au sujet de la nomination de Mme Lecours.

Toutes les intervenantes réunies vendredi pour l’annonce se disent toutefois inquiètes pour la suite des choses au moment où de nombreuses femmes sont fragilisées par le confinement qui se prolonge.

«À partir du moment où on est un couple en télétravail, le conjoint violent à accès à tout ce qu’on fait. [...] Et quand les femmes veulent reprendre un peu de liberté, le conjoint à l’impression de perdre le contrôle et c’est souvent là qu’il y a une aggravation de la violence», explique la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault.

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