330 000 nouveaux cas en 24 heures, 2000 décès: comment expliquer la situation catastrophique en Inde? | 24 heures
/bref

330 000 nouveaux cas en 24 heures, 2000 décès: comment expliquer la situation catastrophique en Inde?

Image principale de l'article 330 000 cas en 24h: comment expliquer la crise?
AFP
  • L’Inde a rapporté 330 000 nouvelles contaminations en 24 heures et 2000 décès 
  • L’accalmie observée au début de l’année a permis de croire un temps que l’on était peut-être venu à bout de la pandémie  
  • La «double mutation» du virus, dont un premier cas a été détecté au Québec, est pointée du doigt pour cette recrudescence exponentielle  

L’Inde est frappée par une violente vague de COVID-19. Vendredi, le deuxième pays le plus populeux de la planète a rapporté 330 000 nouvelles contaminations en 24 heures, un record mondial, et 2000 décès. Mais comment expliquer ces chiffres catastrophiques? Voici ce qui a mené à cette crise.

• À lire aussi: Est-ce qu'on doit s’inquiéter du variant indien?

Fort recul des cas  

Quand la pandémie frappait violemment nombre de pays dans le monde au début de 2021, l’Inde voyait avec soulagement le nombre de ses contaminations quotidiennes culminer à seulement 9000 cas et moins de 80 décès.

Cette accalmie en Inde, qui compte pourtant certaines des villes les plus densément peuplées de la planète, a permis de croire, un temps, que l’on était peut-être déjà venu à bout de la pandémie.

L’immunité collective  

Des études sérologiques ont suggéré qu’une forte proportion de la population présentait des anticorps et que l’Inde avait peut-être atteint l’«immunité collective».

Il a aussi été suggéré que la jeunesse de la population indienne et la grande exposition à d’autres agents pathogènes aient augmenté sa résistance au virus.

Optimisme prématuré  

Le pic épidémique atteint en septembre, puis le reflux des contaminations, a encouragé les gouvernements central et des États à autoriser un retour quasiment à la normale de l’ensemble des activités, tous empressés de rattraper le temps et l’argent perdus pendant le confinement.

• À lire aussi: Les vols en provenance de l’Inde et du Pakistan interdits pour 30 jours

«Je pense qu’une déclaration prématurée de la victoire a bercé la population dans un sentiment erroné d’autosatisfaction», a déclaré à l’AFP Ramanan Laxminarayan, du Center for Disease Dynamics, Economic and Policy.

Rassemblement de foules  

Des dizaines de milliers d’agriculteurs ont manifesté contre les nouvelles lois agricoles du gouvernement nationaliste hindou. Les rassemblements politiques bondés et les élections régionales ont sans doute leur part de responsabilité dans ce regain épidémique.

Sans compter les foules drainées par les festivals religieux tels que Durga Puja, Dussehra, mais surtout celui de Kumbh Mela à Haridwar, dans l’État de l’Uttarakhand (nord), où ont afflué 25 millions de pèlerins hindous depuis janvier et qui dure jusqu’à la fin d’avril.

Aucune anticipation  

Les autorités n’ont pas profité de l’accalmie pour renforcer le système de santé indien.

Il aurait fallu, à ce moment-là, anticiper et «créer des stocks de médicaments antiviraux, mais cela ne s’est pas produit», estime Raman Gaikwad, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Sahyadri de Pune.

Les experts avaient prévenu depuis longtemps que l’Inde, comme tant de pays pauvres, manquait cruellement d’oxygène médical, vital pour traiter les cas graves de COVID-19.

Le variant  

La «double mutation du virus», dont un premier cas a été détecté au Québec mercredi, est aussi pointée du doigt pour expliquer (en partie du moins) cette recrudescence exponentielle, avec quatre millions de nouvelles contaminations recensées sur le seul mois d’avril. 

La diplomatie des vaccins  

Forte du recul du virus dans le pays, dans un élan de générosité et de «diplomatie vaccinale», l’Inde a exporté des dizaines de millions de vaccins d'AstraZeneca fabriqués dans le pays.

À lire aussi

Et encore plus