Folle rumeur sur TikTok: non, le 24 avril n’est pas la «Journée nationale du viol» | 24 heures
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Folle rumeur sur TikTok: non, le 24 avril n’est pas la «Journée nationale du viol»

Image principale de l'article Une folle rumeur se répand sur TikTok

Une fausse rumeur voulant que le 24 avril soit la «Journée nationale du viol» circule abondamment sur TikTok. Le canular prétend que le viol serait toléré pendant une journée, de quoi semer l’inquiétude sur les réseaux sociaux.  

Bien que cette rumeur soit non fondée, de nombreuses vidéos qui suggèrent à tout le monde de rester à la maison samedi sont partagées avec des mots-clics comme #Nationalrapeday ou #april24. À lui seul, ce dernier compte plus de 100 millions de visionnements sur TikTok. 

Cette histoire ne doit pas être prise à la légère, mentionne l’intervenante psychosociale pour le mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI), Vicky Zois. 

Non seulement une telle rumeur peut contribuer à banaliser le viol aux yeux des adolescents, mais elle peut aussi provoquer un stress important chez plusieurs personnes, qu’elles aient été victimes ou non d’agression sexuelle. 

«Ça n’a pas d’allure qu’aucun contrôle n’ait été fait. Le viol, ce n’est pas une blague. Ce hashtag ne doit pas être pris à la légère, ce sont des menaces qui doivent être jugées criminelles», exprime-t-elle. 

Si l’origine du trend demeure méconnue, un petit groupe d’hommes sur TikTok pourrait avoir publié une vidéo prétendant que les viols seraient permis le 24 avril. Cette fausse information pourrait ensuite s’être répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, que ce soit aux États-Unis ou au Canada. TikTok affirme toutefois ne pas avoir retrouvé la trace d’une telle vidéo, selon ce que rapporte USA Today.

Bien que troublante, cette histoire n’a rien de surprenant pour Vicky Zois, qui travaille dans un Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). 

«Cela fait partie de la culture du viol dans laquelle nous vivons depuis toujours, souligne-t-elle. Ce genre de vidéo n’est pas nouveau et témoigne de notre société patriarcale où certains hommes se donnent tous les droits.»

Appel à la vigilance

Même s’il s’agit d’une rumeur et qu’une «Journée nationale du viol» n’existe évidemment pas, ce canular pourrait être pris au sérieux par certaines personnes.

«On a déjà vu des groupes qui se forment en ligne et qui passent à l’acte», soutient Vicky Zois, qui appelle les services policiers à la vigilance. 

Pour le moment, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui est au courant du canular, n’a reçu aucun appel à ce sujet. 

Situation difficile pour les parents

La circulation de pareilles rumeurs a de quoi inquiéter les parents d’adolescents, qui sont très nombreux à utiliser TikTok. 

«C’est rendu extrêmement difficile de surveiller ce que nos enfants consomment de nos jours. Il est inquiétant de savoir que des vidéos dans le genre circulent et que certains peuvent penser que c’est vrai», regrette Natasha Pucar, qui est mère d’une adolescente de 16 ans. 

Pour l’ancienne policière, il est primordial pour les parents de discuter de sujets sensibles comme le viol ou encore le consentement avec leurs enfants. 

«En tant que parent, on ne visionne pas ce type de contenu. Donc, nous nous devons d’initier la conversation avec eux afin de prendre conscience de la situation, pour ensuite les éduquer», confie-t-elle.

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