Grève des débardeurs: qu’est-ce qui se passe au port de Montréal? | 24 heures
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Grève des débardeurs: qu’est-ce qui se passe au port de Montréal?

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PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI
  •  Les membres du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal ont entamé une grève générale illimitée   
  • Les quelque 1150 débardeurs n'ont pas repris leur travail de manutention des marchandises et d'amarrage des navires, après une seconde fin de semaine de grève  
  • Le port de Montréal voit passer sur ses docks quelque 275 millions $ en marchandises chaque jour   

 

Le port de Montréal est mis sur pause depuis ce matin, alors que les membres du Syndicat des débardeurs ont entamé une grève générale illimitée. On fait le tour de ce qui se passe en quelques questions.

Pour quelles raisons sont-ils en grève?   

Les débardeurs du Port de Montréal, des travailleurs qui déchargent les navires et qui s’occupent de la manutention des marchandises, sont en grève générale illimitée depuis 7h ce matin. Ça représente 1150 personnes. 

Les débardeurs faisaient déjà une grève des heures supplémentaires et refusaient de travailler les fins de semaine depuis deux semaines. Mais la décision de l’Association des employeurs maritimes (AEM), annoncée jeudi dernier, de passer à des horaires sans relais, dits à quart, a incité le syndicat à opter pour la grève. 

«C'est la deuxième fois en une semaine que l'AEM modifie les conditions de travail des débardeurs. L'AEM envenime le conflit au lieu de négocier», a fait savoir le syndicat, par communiqué. 

Photo d'archives, Agence QMI

Les débardeurs sont payés en moyenne de 115 000$ à 120 000$ par année. Ils réclament plus de congés, une révision de leurs disponibilités au travail et une meilleure conciliation travail-famille. 

Est-ce que le conflit dure depuis longtemps?   

Oui, les tensions existent depuis longtemps entre le Syndicat des débardeurs du Port de Montréal et l’AEM. Les débardeurs sont sans contrat de travail depuis 2018 et les deux parties ne parviennent pas à s’entendre sur les modalités du renouvellement de leur convention collective. Ce qui pose problème en particulier? La question de l’aménagement des horaires de travail. 

Le syndicat a d’ailleurs affirmé qu’il était prêt à faire marche arrière sur les moyens de pression, mais à deux conditions: d’abord, que l’employeur maintienne la sécurité d’emploi, et ensuite, qu’il annule les modifications d’horaire. 

«Nous, on n’a pas l’impression de demander l’Everest, on demande des conditions de travail normales», a affirmé sur les ondes de LCN Michel Murray, conseiller syndical au Syndicat canadien de la fonction publique. 

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Quelle est la suite des choses?   

La grève pourrait ne pas durer très longtemps. La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, a annoncé dimanche que le gouvernement fédéral avait émis un préavis de dépôt de législation intitulé «Loi prévoyant la reprise et la poursuite des activités au port de Montréal». 

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Ce projet de loi, qui pourrait être déposé en début de semaine, prévoit de forcer le retour et le maintien des activités au port de Montréal, malgré la grève des débardeurs. 

Pour le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, la mesure du gouvernement est «précipitée» et brime les droits des travailleurs. 

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«Les travailleurs et travailleuses comme débardeurs au port de Montréal ont des droits et ont le droit d’exercer des moyens de pression, a-t-il estimé, dimanche, en entrevue à LCN. [Le gouvernement] vient de déstabiliser le rapport de force à la table de négociations. Il vient de se placer du côté patronal.» 

Quel est l’impact économique?   

Lundi matin, six ministres du gouvernement Legault ont réclamé, dans une lettre ouverte adressée à la ministre Tassi, que celle-ci intervienne rapidement pour mettre fin au conflit de travail. 

«Notre grappe CargoM évalue que ce sont plus de 6000 entreprises du Grand Montréal actives en transport et logistique ou qui dépendent de l’activité du port qui pourraient être de nouveau fortement impactées par un autre conflit de travail. Au total, près de 250 000 emplois dans le Grand Montréal et 273 000 emplois en Ontario [...] pourraient être touchés», craint le gouvernement. 

Photo d'archives, Agence QMI

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, s’inquiète également des conséquences que pourrait engendrer la grève.  

«Tout ce qu’on consomme qui vient de Chine, tout ce qui est fabriqué ici et qui a des composantes qui viennent de l’international, tout ce qu’on produit et qui est exporté, ça passe par le port», a-t-il expliqué. 

À son avis, une grève risque de nuire grandement à la reprise économique et de retarder plusieurs chantiers pendant des mois. Le port de Montréal est d’ailleurs relié à plus de 140 pays.  

 – Avec les informations de l'Agence QMI

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