Moins de 200 nouveaux cas lundi: est-ce que Montréal va échapper à la troisième vague? | 24 heures
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Moins de 200 nouveaux cas lundi: est-ce que Montréal va échapper à la troisième vague?

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

Contre toute attente, Montréal résiste pour le moment à la troisième vague. Mais même si la situation s’est améliorée au cours des derniers jours, il est toujours impossible de savoir si la métropole pourra éviter le pire, selon deux spécialistes à qui on a parlé.

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Montréal, le success-story du printemps 2021 

«Il est trop tôt pour le dire selon moi», répond avec assurance Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École nationale de santé publique de l’Université de Montréal. «Tant qu’on n’aura pas 60 à 80% de la population vaccinée, je ne m’avancerais pas là-dessus.»

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Cela dit, comparativement à d’autres villes du Québec et ailleurs au pays, Montréal s’en sort très bien depuis quelques semaines, alors que le nombre de cas confirmés reste relativement stable. 

«Autant Montréal a été l’épicentre de la crise de la COVID-19 au Canada au printemps 2020, autant ça semble être le success-story du printemps 2021», indique pour sa part Benoit Barbeau, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’UQAM.  

«On a eu une certaine hausse, mais notre hausse à Montréal a été relativement contrôlée et on est resté pendant plusieurs semaines avec des valeurs stables, poursuit-il. On a eu une “vaguette“ à Montréal, mais rien d’aussi imposant que certaines autres régions du Québec, ou même en Ontario ou en Alberta.»

Pourquoi Montréal s'en sort-elle si bien?  

Avec un nombre de cas confirmés qui est redescendu en dessous de la barre des 200 pour la journée de lundi, c’est prometteur pour la métropole. Mais qu’est-ce qui pourrait expliquer que la région s’en sorte si bien?

«Ce sont les mesures de confinement partielles, mises en place actuellement, qui marchent très bien, indique Roxane Borgès Da Silva. Et aussi l’adhérence aux recommandations de santé publique de la population montréalaise qui marche bien également.»

Joël Lemay / Agence QMI

«On a agi rapidement en janvier pour instaurer des mesures extrêmement agressives, contrairement à l’Ontario, ajoute pour sa part Benoit Barbeau. Et on a agi aussi extrêmement rapidement au niveau de la campagne vaccinale pour les personnes âgées et les personnes plus vulnérables. Et ça, en soi, eh bien ça n’a pas contribué à contrôler la propagation des variants et du virus, mais ça a eu un impact positif sur le système de santé, parce que ces personnes-là, si elles ont été infectées, elles ont subi moins de symptômes sévères.»

Vers un relâchement prudent 

Le contexte de Montréal est actuellement enviable, mais il ne faut pas en conclure qu’un relâchement rapide est maintenant possible. Pour Roxane Borgès Da Silva, on devra attendre qu’une proportion plus importante de la population soit vaccinée.

«En Angleterre, ils ont 60% des personnes qui sont vaccinées avec une seule dose, et ils ont rouvert les pubs et les restaurants en terrasses en extérieur, pas en intérieur, donne en exemple la professeure. Ce serait quelque chose qu’on pourrait faire.»

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Et si on allège certaines mesures, on devra s’assurer de le faire de façon prudente, en prenant le temps de mesurer les conséquences de chacun des allègements, étape par étape, explique Roxane Borgès Da Silva.

«Par exemple, avec le couvre-feu repoussé à 21h30 à partir de lundi, il faudra attendre deux ou trois semaines, peut-être un mois, avant de voir l’effet de cette mesure sur la transmission et le nombre de cas», conclut-elle.

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