George Brunet: ramasseur de canettes depuis 33 ans | 24 heures
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George Brunet: ramasseur de canettes depuis 33 ans

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Né dans La Petite-Patrie il y a 89 ans, George Brunet s’est mis à ramasser et consigner les canettes du quartier en 1988. Trente-trois ans plus tard, il est toujours possible de l’apercevoir, rue Saint-Denis ou Jean-Talon, avançant à l’aide de sa marchette remplie de caisses de bière vides.

«J’ai commencé à 56 ans, l’année où j’ai reçu ma pension de Kraft Canada. Ma femme Marie-Perle était malade, j’ai donc dû quitter [mon emploi] avant ma soixantaine. J'ai travaillé là 27 ans», raconte-t-il.

George est d’ailleurs convaincu qu’il fait partie des premiers Montréalais qui aient commencé à arrondir leurs fins de mois de cette façon. «Je fais ça sept jours sur sept depuis 1988. Je marche moins vite qu’avant, surtout depuis je suis devenu vieux. Ça peut me prendre une heure, aller de Jean-Talon à Saint-Zotique, mais mon médecin m’a dit de marcher tous les jours, sinon c’était final pour moi.»

Consigner: le fun, payant et écologique    

Selon George, chaque jour est une surprise. «Hier, j’ai fait 28 piastres, ce qui est énorme, mais, en moyenne, je fais 10 dollars par jour. Ça m’aide à payer ma bière à moi», explique-t-il. 

Malgré son côté lucratif, ce que l’octogénaire préfère, dans ce «travail», ce sont les rencontres qu'il fait. Avec son visage rond, son large sourire et son front dégarni, M. Brunet sait charmer les résidents du quartier. «Je suis chanceux. Mes meilleures clientes, ce sont des femmes, qui sont belles et fines, en plus!»

L’ancien opérateur a en effet des clients réguliers, dans un quadrilatère bien précis. Il sait à quelles portes aller cogner et quels clients seront les plus payants. «Ce sont les jeunes en colocation qui sont les plus généreux. Ils boivent de la bière payante [des bières de microbrasserie à 0,25$ la consigne] autant en semaine que le week-end!» s’esclaffe-t-il.

D’ailleurs, quand il estime que ses clients lui font un assez gros don, George ressent le besoin de les remercier. «Je descends au Jean Coutu en bas de chez moi et je leur achète du chocolat. Il faut savoir garder ses clients longtemps!»

Finalement, d’un point de vue écologique, George est plutôt fier de contribuer à la consigne des canettes. «C’est une question de logique, le recyclage! Ils font toutes sortes d’affaires avec ça, des autos, du métal, c’est jamais perdu!»

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