10 mythes sur la santé mentale qu’il faut cesser de croire | 24 heures
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10 mythes sur la santé mentale qu’il faut cesser de croire

Du 3 au 9 mai, c’est la Semaine de la santé mentale au Canada, et c’est l’occasion de parler de ce sujet vital, mais pourtant encore tabou. 

Avec la pandémie et le climat mondial, il est plus important que jamais de parler de santé mentale. Cette année, le slogan de la Semaine de la santé mentale est «Parler pour vrai», parce qu’il faut en parler pour déstigmatiser le tout!

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec Marc-André Dufour, psychologue et auteur du livre Se donner le droit d’être malheureux, pour corriger le tir au sujet de certains mythes entourant la santé mentale.

D’abord, qu’est-ce que la santé mentale? C’est tout ce qui entoure notre regard sur nous-mêmes et sur la vie, notre bien-être, nos émotions, la qualité de nos relations, et ça concerne tout le monde! Comme notre santé physique, il faut prendre soin de notre santé mentale, et parfois, on souffre plus qu’à l’habitude.

Au Canada, 1 personne sur 5 sera touchée par la maladie mentale au cours de sa vie. Il ne faut par contre pas oublier qu’on peut aller bien même en vivant avec un diagnostic, mais pour ceci, ça aide d’aller chercher de l’aide.

Voici donc 10 mythes sur la santé mentale qu’il faut cesser de croire dès maintenant:  

1. Les maladies mentales ne sont pas des vraies maladies

C’est faux. Encore trop de gens prennent les maladies physiques plus au sérieux que celles qui sont mentales. Pourtant, le cerveau est composé de milliards de cellules et est relié au système nerveux qui se répand dans tout notre corps... c’est physique aussi! D’ailleurs, une personne qui a une attaque de panique se sent parfois comme si elle allait mourir, ce sont des symptômes physiques et concrets. 

2. Les gens qui ont une maladie mentale sont violents ou dangereux

En fait, la triste réalité est que ces gens risquent plus d’être victime de violence que la population générale, mais ils ne sont pas plus violents. Ce stéréotype non fondé ne fait que stigmatiser les gens qui souffrent et cela contribue à les décourager à demander de l’aide. Une personne qui vit une détresse psychologique peut parfois l’exprimer par de l’irritabilité ou de la colère. À ce moment-là, on peut encourager la personne à aller chercher de l’aide, ou en parler à ses proches pour qu’ils fassent le cheminement.

3. On peut savoir en regardant une personne l’état de sa santé mentale

Non! Dans une société souvent axée sur l’image et la performance, souvent les gens qui vivent une période de détresse vont utiliser leurs dernières miettes d’énergie pour maintenir la façade. La réalité, c’est qu’on ne peut pas savoir si une personne va réellement bien seulement en se fiant aux apparences. Il faut s’informer de comment la personne va. Cela peut faire une différence de savoir que quelqu’un est là, prêt à nous écouter si on en ressent le besoin. 

4. La maladie mentale touche seulement les adultes

Plusieurs troubles mentaux ont une composante génétique qui peut se manifester dans l’enfance ou adolescence parfois en interaction avec des facteurs environnementaux. De plus, aujourd’hui avec les réseaux sociaux, les plus jeunes se comparent à des gens dont la réalité n’a rien à voir avec la leur, ce qui peut accentuer l’anxiété reliée à la performance.

5. On peut améliorer notre santé mentale simplement avec de l'exercice et une bonne alimentation

Il est démontré qu’une bonne alimentation et l’exercice physique améliorent la santé physique et mentale, mais ce n’est pas une solution magique à tout. Une personne qui vit un drame important dans sa vie, qui s'isole, qui ne voit pas le bout, ne veut pas nécessairement entendre parler d’aller faire du jogging et manger des brocolis! C’est plutôt une étape qu’on peut ajouter à notre processus de guérison après avoir obtenu de l’aide adaptée à notre condition et que notre situation est stabilisée.

6. Si je suis en bonne santé mentale en ce moment, je ne souffrirai jamais d’une maladie mentale

Faux. C’est comme penser qu’on ne va jamais attraper un rhume parce qu’on ne l'a pas en ce moment. Dès qu’on est vivant, on est exposés aux maladies de toutes sortes, ce qui inclut les maux mentaux! Il faut se souvenir que le malheur fait partie de la vie, et que ce n’est pas un échec lorsqu’on ne va pas bien. Il est important de réaliser qu’on est en détresse et aller chercher de l’aide lorsqu’on ressent des symptômes comme de l’irritabilité, de l’insomnie, confusion, difficultés de concentration, pensées suicidaires... ce sont des signaux d'alarme que le corps nous envoie!

7. Les maladies mentales... c'est juste une question de volonté!

Non! Il faut éviter d’être dans le jugement lorsque quelqu’un (ou nous-mêmes) souffre et réaliser que, si c’était un choix, la personne arrêterait de se sentir comme ça! Ce type de fausse croyance perpétue le fait que certaines personnes vont avoir honte de demander de l’aide par peur d’être perçues comme faibles. Au contraire, il ne faut pas attendre! On ne dirait jamais à une personne d’attendre que «cela passe» si elle avait une fracture à la jambe, alors il faut traiter notre santé mentale de façon identique.

8. Voir un psy ne changera rien

Faux sur toute la ligne! Le slogan de la Semaine de la santé mentale est «parler pour vrai», pour une raison! Certains croient que parler à un professionnel ne donnera rien, mais les bénéfices peuvent être multiples. Quand on met des mots sur ce qu’on ressent, cela aide à faire du sens à ce qu’on vit et à prendre des décisions en conséquence. Les psychologues sont formés pour répondre à nos questionnements et nous aider à mettre des mots sur nos maux.

9. On ne peut rien faire pour aider quelqu’un avec une maladie mentale

Faux ! On doit intervenir auprès d’une personne dont l’état mental nous inquiète. Toutefois, il peut arriver exceptionnellement que nous ne soyons pas la personne la mieux placer le faire. Par exemple, lorsqu’un ex-conjoint n’accepte pas une rupture, il est préférable d’informer ses proches afin qu’ils interviennent auprès de lui. Il est impossible de sauver quelqu’un en disant une parole magique. On peut par contre se montrer disponible et prêt à écouter, on peut faire savoir à la personne qu’elle n’a pas de pression d’être de bonne humeur avec nous, on peut aussi l’accompagner vers des ressources à consulter.

10. Ceux qui vivent avec une maladie mentale ne peuvent avoir un emploi ou être en relation

Faux ! Si ce mythe était réel, il y aurait beaucoup de personnes seules et sans emploi. La maladie mentale n’est pas quelque chose d’invalidant de façon permanente. Par exemple, une grippe peut nous mettre sur le carreau pendant 1 semaine, mais éventuellement, ça va mieux. Si une personne apprend qu’elle a un problème de glande thyroïde, elle devra possiblement prendre une médication, mais elle reprendra ensuite ses activités. Il faut être indulgent envers soi-même et ceux qui souffrent de détresse psychologique. Il faut parfois prendre une pause pour mieux revenir.

Merci à Marc-André Dufour pour sa précieuse aide durant la rédaction de cet article. Procurez-vous son livre, Se donner le droit d'être malheureux, juste ici.

Voici quelques ressources:  

811 (Info-social)

1 866 appelle

suicide.ca

Tel jeune

À voir aussi: 15 célébrités qui ont parlé de santé mentale ouvertement  

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