Le vélo fantôme de Mathilde Blais retiré dimanche | 24 heures
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Le vélo fantôme de Mathilde Blais retiré dimanche

Image principale de l'article Le vélo fantôme de Mathilde Blais retiré
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
  • Plus de 200 personnes se sont déplacées pour commémorer le retrait du vélo fantôme installé sous le viaduc des Carrières, sur la rue Saint-Denis
  • Vélo fantôme croit que le REV nouvellement implanté aurait pu éviter ce drame
  • Depuis 2013, 11 vélos fantômes ont été installés à Montréal et dans les environs

Les citoyens montréalais n'ont pas oublié Mathilde Blais, cette cycliste happée mortellement par un véhicule en 2014 à l’âge de 33 ans. 

Plus de 200 personnes se sont déplacées dimanche pour commémorer le retrait du vélo fantôme installé à son effigie sous le viaduc des Carrières, sur la rue Saint-Denis à Montréal, l’endroit dudit drame.

La mère de Mathilde, Geneviève Aborde, a livré un court témoignage fort en émotion lors de la commémoration. «Je suis heureuse de savoir que vous pourrez rouler en toute sécurité [grâce au Réseau express vélo]», a-t-elle dit.

La mère de Mathilde, Geneviève Aborde

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

La mère de Mathilde, Geneviève Aborde

L'organisme instigateur de la cérémonie, Vélo fantôme, croit que le REV nouvellement implanté aurait pu éviter ce drame. «Si l’aménagement avait existé en 2014, Mathilde serait encore vivante», a souligné la co-porte-parole de l’organisme, Shanti Larochelle.

À cet effet, l’organisme souhaiterait étendre son champ d’action et militer pour l’implantation d’aménagements sécuritaires pour les piétons. Le collectif voudrait aussi sortir davantage de Montréal et installer des vélos fantômes partout au Québec, bien que cela nécessite plus de financement et une plus grande équipe.

La bicyclette blanche, retirée pour souligner l'amélioration qu'est l'aménagement du REV aux yeux de Vélo fantôme, sera remplacée par une plaque commémorative à la mémoire de Mathilde Blais. Le vélo sera, quant à lui, conservé au Musée de la civilisation de Québec, ville où habitait Mathilde.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Autre collision

François Carignan, le frère de Bernard Carignan, un cycliste décédé en août 2015 après une collision avec un véhicule, voyait d’un œil différent le retrait du vélo.

«Quand j’ai su qu’on allait enlever le vélo blanc de Mathilde, je n’étais pas d’accord. Pour moi et ma famille, le vélo blanc représente notre deuil et l’acceptance de ce dernier», a-t-il dit lors de la cérémonie.

«Je trouve que c’est un prix un peu lourd à payer et que la famille de Mathilde, de la mienne et de tous ceux qui ont perdu quelqu’un en vélo, paye encore», a-t-il enchaîné.

M. Carignan salue toutefois l’initiative prise par la Ville de conserver le REV sur Saint-Denis, malgré les fortes critiques.

Depuis 2013, 11 vélos fantômes ont été installés à Montréal et dans les environs.

Dangers

Plusieurs politiciens ont pris part à la cérémonie, dont la mairesse de Montréal Valérie Plante, la ministre de la Métropole Chantal Rouleau et le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbault.

La mairesse juge qu'il est essentiel de maintenir le REV et a appelé les autres partis politiques en liste pour les élections municipales montréalaises à s'engager à le conserver.

«C’est une question de sécurité», a-t-elle dit en soulignant que depuis 2014, 300 collisions entre automobilistes et cyclistes ou piétons sont survenues.

«Démanteler Le REV, c’est remettre la vie des citoyens à pied ou à vélo en danger», juge Mme Plante.