Trouver un appartement où les chiens sont permis: «C’est comme gagner à la loto!» | 24 heures
/bref

Trouver un appartement où les chiens sont permis: «C’est comme gagner à la loto!»

Image principale de l'article Trouver un appart: une mission (quasi) impossible

Vous souhaitez déménager avec votre chien? Bonne chance pour vous trouver un appartement. Avec la crise du logement et les appartements abordables qui se font de plus en plus rares, c’est encore plus difficile pour un propriétaire de chien de se loger.

Dimanche dernier, Stéphanie Blais a publié sur Facebook une série de captures d’écran de messages de propriétaires refusant de lui louer un appartement à cause de son chien. La publication a été partagée plus de 3500 fois, plusieurs autres locataires disant se retrouver dans une situation semblable. 

En avril seulement, Stéphanie Blais affirme avoir reçu 40 refus après avoir répondu à des annonces sur le site Kijiji et sur Marketplace.  

Bien que les propriétaires aient le droit de mettre une clause sur un bail pour refuser les animaux de compagnie, à l’exception des chiens d’assistance, des voix se lèvent pour que ça ne soit plus permis. 

Déménager dans un taudis  

Michèle Saint-Arnaud, qui souffre d’un trouble post-traumatique, vit avec un chien d’assistance. Il y a un an, elle affirme avoir dû emménager dans un «taudis» à Saint-Jérôme parce qu’elle a été incapable de se trouver un appartement où les chiens sont permis à Montréal et ses environs. 

Au cours des derniers mois, elle a souvent essayé de revenir s’installer à Montréal ou sur la Rive-Sud. Elle s’est toutefois butée à des appartements trop chers ou à des propriétaires qui n’acceptaient pas les chiens. Il est pourtant interdit de refuser les chiens d’assistance.  

Michèle St-Arnaud

Photo courtoisie

Michèle St-Arnaud

«Pour les trois quarts des propriétaires, je n’ai même pas eu le temps de finir ma phrase [avant qu’ils ne raccrochent la ligne]», regrette celle dont le chien Milo, un labernois de 1 an et 10 mois, la suit partout. Elle soutient avoir appelé une vingtaine de propriétaires et avoir écrit à une dizaine d’autres. 

Pour elle, trouver un appartement où les chiens sont permis, «c'est comme gagner à loto». Et elle n’a pas eu la main heureuse. 

Incapable de se loger dans la métropole, Michèle Saint-Arnaud prévoit finalement de déménager à Saint-Hyacinthe. Elle raconte qu’une propriétaire l’a choisie, sachant à quel point il peut être difficile pour une personne qui possède un chien de se trouver un logis.   

Loin d’être des situations uniques  

Les cas de Stéphanie Blais et de Michèle Saint-Arnaud sont loin d’être uniques. Après avoir lancé un appel à témoignages dans un groupe de recherche d’appartements sur Facebook, de nombreux locataires nous ont fait part de situations semblables.  

«Je recherche depuis maintenant deux ans, et j’ai contacté tellement d’appartements qui “acceptaient les animaux”, mais qui refusaient au final si le chien n’était pas en bas de 15 livres, écrit Robyn Powell, une Gatinoise qui tente de revenir s’installer à Montréal. J’ai contacté 30 propriétaires seulement cette année.»

Jeauanie Leblanc-Tremblay, qui avait visité une bonne dizaine d’appartements il y a environ deux ans, soutient quant à elle qu’un chien signifie un «non automatique». 

«Moi et ma fille cherchons un logement pour elle, mais TOUT le monde nous refuse, car elle a un gros chien super gentil», regrette pour sa part Tammy Hussel. «Nous ne savons plus quoi faire, c’est vraiment frustrant. On passe même la nuit à regarder, car cela presse», s’inquiète-t-elle. 

Trois propriétaires sur quatre refusent les chiens  

Pas étonnant qu’il soit aussi difficile pour les propriétaires de chien de trouver un appartement: seulement 24% des propriétaires au Québec acceptent les chiens, révèle un sondage mené par la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) auprès de ses membres. Ils sont 71% à accepter les chats. 

Le directeur des affaires publiques à la CORPIQ, Hans Brouillette, défend le droit des propriétaires de refuser les animaux de compagnie dans leurs logements. 

«Des propriétaires ont eu des mauvaises expériences et devraient avoir le droit de décider», insiste-t-il, affirmant qu’un chien peut être dangereux ou qu'il peut causer des dégâts dans un logement.

La SPCA appelle à la compassion  

Pour la SPCA, la clause au bail interdisant aux locataires de posséder un animal de compagnie est un obstacle au logement qui peut mener à des décisions déchirantes. 

«Ça fait plusieurs années qu’on demande aux propriétaires de logement de faire preuve de compassion envers les locataires», insiste la directrice générale de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, Élise Desaulniers. 

«On ne peut pas interdire un enfant, mais on peut interdire un animal», dénonce-t-elle.  

S’il est difficile de savoir combien d’animaux sont abandonnés pour cette raison, Élise Desaulniers s’attend à en voir davantage au cours de l’été en raison de la saison des déménagements et de la rareté des appartements.  

Une pétition, qui a récolté près de 2000 signatures, a par ailleurs été lancée au début du mois de mars pour demander une «loi afin d'interdire la discrimination des propriétaires d'animaux pour une location immobilière». 

À la rescousse des propriétaires d’animaux   

Pour aider les propriétaires de chien à se trouver un logement, le groupe Facebook «Animaux acceptés SEULEMENT — Logements MTL», qui compte 11 600 membres, rassemble les annoncent de propriétaires qui acceptent les animaux.  

«Le groupe a été créé pour faciliter les recherches et pour essayer de garder les familles ensemble [les animaux et leurs maîtres]», explique Kristine Bergeron, qui administre le groupe créé en 2013 avec sa sœur, Gabrielle Bergeron.  

«Avant la pandémie, les refuges débordaient d'animaux abandonnés à cause que les logements ne les acceptaient pas, regrette Kristine Bergeron. C'est crève-cœur de devoir choisir entre son animal ou son toit. Alors on voulait aider les familles et les refuges en même temps», dénonce-t-elle.  

À lire aussi

Et encore plus