L’ASMR est devenu la thérapie de l’heure durant la pandémie | 24 heures
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L’ASMR est devenu la thérapie de l’heure durant la pandémie

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Les vidéos «relaxantes» de bruitage ASMR ont eu la cote durant la pandémie. Est-ce un simple effet de mode, ou cette période plus angoissante a-t-elle bel et bien donné ses lettres de noblesse à une nouvelle forme de thérapie maison? 

En août 2020, YouTube enregistrait une augmentation de 3000% des recherches autour du terme «ASMR» en comparaison à 2019. En 2020, le terme «ASMR» était le troisième plus recherché après «Pewdiepie», le Youtubeur le plus célèbre, et «Billie Eilish», qu’on n’a plus besoin de présenter.  

Ces vidéos considérées comme relaxantes pour certains et agaçantes pour d’autres ont vraiment la cote, même si en consommer ne semble pas être une expérience dont on se fait part lors d’un 5 à 7.  

Stigmatisé, l’ASMR?  

La créatrice YouTube Leyla Thériault est sans appel : «au Québec, on connait encore très peu l’ASMR». Comme de fait, la majorité de ses 43 000 abonnés sont Français. Ce courant de vidéo YouTube est pourtant bien installé, avec certaines vidéos qui récoltent des millions d’écoutes.  

«Y’a clairement un tabou encore autour de ça», selon Leyla Thériault, qui produit de l’ASMR depuis 2017.  

Elle relie ce sensationnalisme à certaines niches de l’ASMR : des formats très populaires comme le «mukbang», une sorte de vidéo-orgie culinaire où le créateur engouffre (trop) bruyamment des quantités faramineuses de nourriture, ont entraîné une forme de stigmatisation autour de ce type de contenu, selon elle. «L’ASMR ce n’est pas juste croquer des concombres», déplore-t-elle. 

Un phénomène encore méconnu  

«L’ASMR est un phénomène très subjectif», résume Jean-Philippe Thivierge, professeur agrégé de psychologie à l’Université d’Ottawa. Selon lui, les recherches sont encore trop minces pour qu’on affirme que ces séances de bruits étranges ont des bienfaits pour tout le monde. 

Il note toutefois que «lorsqu’on écoute de l’ASMR, il y a des zones du cerveau qui sont moins activées que d’autres», ce qui revient à étouffer les zones de notre cerveau qui peuvent susciter de la préoccupation. «C’est comme si on baissait le volume interne de notre petite voix achalante.» 

Future relaxation?  

Les bienfaits de l’ASMR ne sont pas ressentis par tous, mais ils sont bel et bien utiles pour certains, selon la neuropsychologue Valérie Rouby. Les gens qui réagissent à l’ASMR «ressentent des sensations de picotement, de chaleur, des sensations qui sont associées avec un bien-être», rapporte-t-elle.  

Selon elle, «les personnes qui sont sensibles à l’ASMR ont en fait des connexions particulières, une certaine organisation du cerveau», ce qui explique que l’ASMR peut être sans effet chez beaucoup de gens. 

Est-ce une bonne idée d’en écouter pour s’endormir? «Il n’y a pas de contre-indication», assure Valérie Rouby. Aux yeux de la neuropsychologue, «entre de l’ASMR puis une médication pour s’endormir, on est quand même mieux avec de l’ASMR qu’avec une médication» comme les somnifères.  

Ce genre de médecine douce pourrait donc être considérée à l’avenir pour de la relaxation, selon elle.  

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