Les locks de Justin Bieber : appropriation ou appréciation culturelle? | 24 heures
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Les locks de Justin Bieber : appropriation ou appréciation culturelle?

Image principale de l'article Les locks de Justin Bieber sont-ils un problème?
Photomontage Marilyne Houde / Photo Instagram @justinbieber

BILLET - Le célèbre chanteur Justin Bieber a changé de coiffure. Il porte nouvellement des locks. Sur Instagram, la toile s’est rapidement enflammée. Des fans l’accusent d’appropriation culturelle. Moi, je dis plutôt que c’est de l’appréciation culturelle.

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D’abord, il faut savoir que des locks viennent d'une technique de tissage de cheveux chargée d’histoire : elle provient de la culture hindoue, dans laquelle les sages indiens arboraient cette coiffure. Elle symbolise aussi le mouvement culturel-politique-religieux rastafari en Jamaïque, qui a débuté dans les années 50 et qui a été popularisé par le légendaire Bob Marley, qui en a fait une tendance mode dans les années 70.

Ces personnes noires crient alors à l’appropriation culturelle parce que les locks ou les dreadlocks, tout comme l'afro, les tresses et les cornrows ont une connotation politique, sociale et culturelle au sein des communautés afro-descendantes. 

Dans The Guardian, Stéphanie Cohen, cofondatrice et organisatrice juridique et politique de The Halo Collective (une organisation qui lutte contre les discriminations basées sur les cheveux naturels des afro-descendants) affirme d'ailleurs : «Vous ne pouvez pas simplement porter quelque chose d'aussi historiquement significatif et ignorer les luttes derrière cette coiffure».  

Elle a raison, mais jusqu’à un certain point. En tant que personne noire, je ne peux ignorer mon histoire et je crois que c’est le devoir des personnes des autres cultures d’en apprendre davantage sur ces enjeux capillaires.

Toutefois, elle omet de considérer l’influence omniprésente des différentes cultures qui convergent et se fusionnent dans une société. Ça se sent et ça se voit dans plusieurs sphères : la mode, la gastronomie, la spiritualité, le design et même dans sa façon de s’exprimer.

Par exemple, je pense au rappeur blanc Eminem, qui a grandi à Détroit, dans le hood, entouré de la communauté noire et qui maîtrise l’art du rap comme personne. Il est le produit de la société dans laquelle il a évolué. Il a été influencé par la culture hip hop qui était à la base exclusive aux Noirs. 

Appropriation VS appréciation 

Selon l’Office québécois de la langue française, on décrit l’appropriation culturelle comme : «l’utilisation, par une personne ou un groupe de personnes, d’éléments culturels appartenant à une autre culture, généralement minoritaire, d’une manière qui est jugée offensante, abusive ou inappropriée».

Et dans le cas du chanteur de Peaches, même si je trouve son look douteux, je ne trouve pas qu’il l’utilise de manière à offenser la communauté noire.

D’ailleurs, il a lui-même reconnu sur son compte Instagram : «Mon style, ma façon de chanter, de danser, de jouer et mon style ont tous été influencés et inspirés par la culture noire». 

Dans mon livre à moi, c’est de l’appréciation culturelle. Il ne faut pas mélanger les choses. 

Si Justin Bieber avait lancé une ligne de produits coiffant pour les locks, là... là... oui, on parlerait d’appropriation culturelle. Ce serait s’approprier d’un élément d’une autre culture pour en tirer avantage. Et pour moi, ça serait de l’abus. Got it?

C’est comme Shakira qui s’est approprié le refrain d’une chanson camerounaise lancée en 1986 par le groupe Zangalewa, pour la chanson Waka Waka (This Time for Africa), devenue un véritable succès mondial. 

Mad appropriation culturelle à mon sens : star américaine blanche d’origine colombienne et libanaise qui s’approprie d’une chanson de l’Afrique noire.

Mais que voulez-vous, je comprends : c’est cool d’être black

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