Roundup: où le glyphosate est-il interdit dans le monde? | 24 heures
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Roundup: où le glyphosate est-il interdit dans le monde?

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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classifié en 2015 le glyphosate, le pesticide le plus utilisé dans le monde, comme un cancérigène probable. Depuis, de nombreux gouvernements tentent d’en encadrer l’utilisation, voire de l’interdire. Lesquels y sont parvenus? Tour d’horizon. 

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Allemagne      

L’Allemagne a adopté un projet de loi en février 2021 interdisant dès 2024 l’utilisation de glyphosate, malgré les contestations de la part des agriculteurs. Munich affirme vouloir réduire l’épandage de pesticides afin d’enrayer le déclin des colonies d’insectes et d’abeilles. 

Mexique      

Une première sur le continent américain: en décembre dernier, le Mexique a émis un décret, se donnant jusqu’à 2024 pour interdire de manière progressive l’utilisation du glyphosate. À compter du 31 janvier 2024, le pesticide sera complètement interdit sur le territoire mexicain. D’ici là, les organismes gouvernementaux doivent «s’abstenir d’acquérir ou d’utiliser le glyphosate», et l’industrie agroalimentaire mexicaine doit trouver des solutions durables.

Vietnam      

Le Vietnam a interdit l’importation de pesticides contenant du glyphosate après qu’un jugement d’une cour américaine a tranché qu’il cause le cancer. Hanoï a également affirmé qu’il retirera, «dans un avenir rapproché», le glyphosate de sa liste des herbicides utilisables.

Et au Québec?      

Plus près de nous, Laval a récemment interdit l’utilisation du glyphosate, vendu sur les tablettes sous le nom de Roundup, une première au Québec. Pour sa part, Montréal avait annoncé son intention d’en bannir l’utilisation en 2019, mais le règlement n’est toujours pas déposé. La Ville affirme maintenant vouloir l’interdire lorsque la troisième vague de COVID-19 sera terminée, selon Radio-Canada.

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Ils ont fait marche arrière      

Un certain nombre d’États ont annoncé leur intention de bannir le glyphosate, mais sont ensuite revenus sur leur décision. C’est le cas notamment de la Thaïlande qui, dans la foulée des poursuites contre Bayer, la société mère du fabricant du glyphosate Monsanto, a annoncé vouloir interdire ce pesticide sur son territoire. Un an plus tard, en 2020, le pays a fait marche arrière.

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De son côté, l’Autriche devait être le premier pays européen à bannir le glyphosate en 2020, après que le Parlement a promulgué un projet de loi en 2019. Mais «une faute de procédure» a fini par infirmer le vote. 

Pourquoi est-il aussi peu interdit?      

Le glyphosate est un herbicide, c’est-à-dire qu’il sert à réduire la propagation des mauvaises herbes «qui entrent en compétition avec les cultures», indique le professeur en science de l’agriculture à l’Université Laval Guillaume Grégoire. 

«Si les mauvaises herbes finissent par prendre le dessus sur les cultures, ça va en réduire le rendement.»

Malgré sa classification comme cancérigène probable, le glyphosate, un produit de Monsanto, une société détenue par Bayer, représente plutôt un moindre mal, affirme le spécialiste. «En réalité, si les agriculteurs ne peuvent plus utiliser le glyphosate, ils épandront d’autres herbicides encore plus toxiques.»

Cela pourrait d'ailleurs expliquer en partie le fait qu’un nombre restreint d’États dans le monde en aient interdit l’utilisation, la vente ou l’importation, ajoute-t-il. 

Peu utilisé dans les villes 

Plutôt utilisé pour les grandes cultures, on n’en trouve pas en grande quantité dans les milieux urbains, comme Laval ou Montréal. Les données révèlent que moins de 1% du glyphosate utilisé au Québec est épandu dans les villes. Si bannir son utilisation est un pas dans la bonne direction, dans les faits, cette interdiction n’aura donc pas un énorme impact, précise Guillaume Grégoire. 

La vente libre de ce produit est d'ailleurs toujours autorisée au Canada, ajoute-t-il. 

«Ce serait extrêmement difficile d’appliquer un tel règlement [qui interdit son utilisation à Laval]. Ça envoie un message, ce n’est pas inutile. Mais il ne faut pas oublier que tous les pesticides sont homologués par Santé Canada sur la base de tests pour déterminer leur sécurité, et c’est la même chose ailleurs dans le monde. On ne peut pas faire n’importe quoi.»

- Avec l’AFP

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