Billet: et si on faisait plus de cours à l'extérieur? | 24 heures
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Billet: et si on faisait plus de cours à l'extérieur?

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BILLET - La COVID-19 a forcé les milieux scolaires à innover et à expérimenter les classes à l’extérieur. Mais pandémie ou pas, cette pratique aux nombreux bienfaits pour les élèves pourrait être normalisée au Québec.

En effet, on apprenait dans une étude récente menée par deux professeurs de l'Université de Sherbrooke que les classes à l’extérieur sont là pour durer. Les bienfaits du contact des jeunes avec la nature font l’unanimité parmi les enseignantes et enseignants. Sortir des salles de classe pour un cours à l’extérieur est un premier pas dans la bonne direction, mais on pourrait aller plus loin. Ce pas de plus, c’est l’éducation par la nature.

Apprendre de la nature     

L’éducation par la nature, c'est bien plus que de donner un cours traditionnel à l'extérieur. Ça consiste à amener les élèves dans des milieux naturels pour qu'ils apprennent directement de la nature: grimper dans les arbres et jouer dans les cours d’eau pour développer la confiance en soi, stimuler son imagination grâce aux éléments naturels, etc. On doit cette pratique aux pays scandinaves qui, dès le milieu du XXe siècle, ont compris que le plein air pouvait être bénéfique pour la santé des enfants. C’est là-bas que se sont développées les premières garderies et écoles en forêt.

Le Québec à la traîne     

Ce type de pédagogie est d’autant plus pertinent, de nos jours, que les enfants nés depuis les années 1980 passent beaucoup moins de temps en nature que les générations précédentes. De cette déconnexion avec la nature, aussi appelée le «déficit-nature», découlent plusieurs problèmes de santé, comme les troubles de l’attention et la sédentarité, toujours selon l'étude de l'Université de Sherbrooke. 

Malgré quelques initiatives, le Québec est en retard en ce qui concerne le développement de programmes d’éducation par la nature. Le manque de financement, les milieux naturels privatisés et la surprotection des enfants pourraient expliquer que le Québec traîne la patte. 

Mais des solutions, il en existe. Le ministère de la Famille pourrait adapter la réglementation à la petite enfance, augmenter les programmes de subvention et adopter une politique gouvernementale qui soutient ce mouvement. Surtout que le contact avec la nature augmente le désir de la protéger... une protection dont on aurait bien besoin.

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