Divorce de Bill et Melinda Gates: un tremblement de terre dans la philanthropie? | 24 heures
/portemonnaie

Divorce de Bill et Melinda Gates: un tremblement de terre dans la philanthropie?

Image principale de l'article Divorce du couple Gates: un tremblement de terre
AFP

Le divorce de Bill et Melinda Gates, annoncé lundi dernier, fait couler beaucoup d’encre et ce n'est pas seulement parce qu’on aime zieuter la vie des gens (très!) riches et célèbres. Cette séparation nous intéresse aussi (et surtout!) parce qu’ils sont d’importants philanthropes. 

Selon le média américain Vox, le divorce des Gates pourrait avoir des répercussions importantes sur le milieu philanthropique américain, voire mondial, en raison du «rôle central» qu’y jouent les milliardaires.

Outre le fonds de 50 milliards de dollars US dont l’objectif unique est de donner les sous aux bonnes œuvres, le couple se séparera une fortune personnelle d’environ 150 milliards de dollars. On pouvait présumer qu’une bonne partie de cette somme-là aurait été destinée à sa fondation, mais le divorce vient changer la donne.

AFP

«Maintenant que l’argent dépend de leurs caprices individuels — et non plus collectifs —, il est possible que la fortune finisse par financer des travaux différents de ceux qu’elle aurait financés auparavant», écrit le journaliste de Vox Theodore Schleifer.  

AFP

Certains suggèrent un changement stratégique possible en ce qui concerne les activités philanthropiques de la Bill & Melinda Gates Foundation. 

«La peur et l’angoisse étaient largement répandues chez les bénéficiaires actuels de la fondation, ce qui, en soi, montre à quel point les actions des Gates ont des effets d’entraînement dans le reste du secteur philanthropique», a indiqué Megan Tompkins-Stange, professeure à l’université du Michigan, à Vox.

Or, les principaux intéressés ont assuré qu’ils continueraient à gérer la fondation conjointement. Seul le temps nous dira ce qu’il en adviendra!

Et au Québec?    

Le divorce devrait avoir peu d’impact sur le milieu philanthropique québécois. Si Bill et Melinda sont dans une classe à part, il existe tout de même au Québec de grands donateurs sur lesquels comptent les organismes caritatifs pour assurer leur financement.

Si on transposait cette incertitude entourant la perte possible de financement pour des organismes de charité au Québec, quelles seraient les conséquences sur le milieu philanthropique d’ici?

«L’absence d’un grand mécène, ça créerait tout un casse-tête pour les organisations», affirme Daniel Lanteigne, président désigné de l’Association des professionnels en philanthropie, secteur Québec (AFP Québec).

Il explique que la perte d’un don substantiel, comme les dons que font les riches philanthropes, forcerait les organisations à se tourner vers 10 autres donateurs. Cela signifie donc 10 nouvelles opérations de charme pour réussir à accumuler l’équivalent des montants versés par un seul grand mécène.

Les organismes n’ont-ils d’yeux que pour les grands donateurs?     

Face à tout cela, il est normal de se demander si les dons de monsieur et madame Tout-le-Monde comptent. Daniel Lanteigne et Karen Bouchard, PDG de la Fondation Québec Philanthrope, se veulent rassurants. «Il n’y a pas de petit don!», indique cette dernière.

C’est que les dons majeurs servent souvent à financer des projets spécifiques, explique M. Lanteigne. Les plus petits dons, quant à eux, veillent à ce que «la shop continue de rouler», dit-il. «Le donateur individuel a un rôle plus important qu'il peut le croire dans la pérennité des organisations et la survie de leur mission.»

Prenons pour exemple un refuge pour personnes en situation d’itinérance. Un important philanthrope pourrait financer un gros projet de réinsertion sociale. Mais il faut tout de même payer les opérations, les intervenants, la sécurité, etc. Et c’est là que les petits dons entrent en jeu.

Alors, n’hésitez pas: donnez généreusement, que ce soit de votre temps ou de votre argent. «C’est le mouvement collectif qui permet de soutenir des besoins immédiats, mais aussi de changer les choses», conclut Karen Bouchard.

À lire aussi

Et encore plus