La mort de Bernard Lachance alimente des théories du complot | 24 heures
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La mort de Bernard Lachance alimente des théories du complot

Image principale de l'article Sa mort alimente des théories du complot
Agence QMI

Bernard Lachance, ce chanteur qui s’est fait connaître pour avoir participé à l’émission de la célèbre animatrice américaine Oprah Winfrey, est mort du VIH, mardi, a annoncé sa famille sur Facebook. Depuis, des doutes entourant les causes de son décès circulent sur les réseaux.  

Des complotistes ont en effet pris d’assaut une publication Facebook de sa soeur, Lise Lachance. Si la plupart des internautes offrent leurs condoléances à la famille, d’autres remettent en question les circonstances entourant la mort du chanteur.

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Publiée par Lise Lachance sur Mardi 11 mai 2021

C'est que depuis quelques années, Bernard Lachance adhérait aux théories du complot dans le domaine de la santé. C’est ce qui l’a mené à arrêter la trithérapie contre le VIH il y a trois ans et, plus récemment, à nier l’existence de la COVID-19. 

Courtoisie

Un «empoisonnement»  

Il y a quelques mois, Bernard Lachance a affirmé en entrevue avec un leader de la cause conspirationniste que s’il décédait, ce ne serait pas «du SIDA», mais plutôt d’un «empoisonnement» en raison de ce qu’il dénonçait.

Ainsi, malgré la forte probabilité que sa mort soit directement liée à son diagnostic du VIH et au fait qu’il ne faisait plus sa trithérapie, les adeptes de théories du complot n’y croient pas. 

Et ça, c’est à cause de leurs biais de confirmation, qui les mènent à adapter un fait ou un événement pour que celui-ci corresponde à leurs croyances, indique la Dre Cécile Rousseau, professeure en psychiatrie sociale et culturelle à l’Université McGill et responsable de l’Équipe clinique de polarisation du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

«Si j’ai une croyance et que je rencontre des gens qui pensent la même chose que moi, ça va me confirmer que ce que je pense et que j’ai raison de le faire. Ce phénomène est amplifié par les médias sociaux et leurs algorithmes. En visitant toujours des sites, poussés par les algorithmes, qui disent la même chose, l’accumulation de ces connaissances, même sans base scientifique, devient pour moi une vérité», conclut-elle.

Une figure de proue du mouvement complotiste  

Devenu l’une des figures de proue du mouvement complotiste, le chanteur avait une certaine tribune sur les réseaux sociaux, où se rassemblaient des personnes avec les mêmes croyances.

Photo d'archives, Agence QMI

En entrevue avec Paul Arcand mercredi, Lise Lachance, qui avait coupé les ponts avec son frère il y a quelques années, a affirmé que le déni de la maladie est l’un des facteurs l’ayant radicalisé.

Cela n’est pas sans rappeler les facteurs qui mènent d’autres personnes à adhérer aux théories du complot, explique la Dre Rousseau. 

«C’est une réponse à l’incertitude. Quand le danger est un virus contre lequel on ne sait pas comment se battre, les théories du complot viennent nous dire à qui revient la faute, et c’est rassurant. Elles nous rassurent aussi, car ces théories réduisent l’importance du danger du virus, ce qui vient contrer l’anxiété, mais qui peut aussi être dangereux parce que les gens ne font pas attention ou ne se traitent pas.»

La spécialiste de la radicalisation ajoute qu’un sentiment d’appartenance à une communauté et l’isolement social durant la pandémie ont contribué à ce que de plus en plus de gens adhèrent à ces croyances. 

«Ça amène aussi un bien-être et un réconfort de pouvoir se dire: “Je ne suis plus seul, il y a d’autres personnes qui pensent comme moi et pour qui mon avis compte.”» 

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