Comment réagir au harcèlement de rue? | 24 heures
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Comment réagir au harcèlement de rue?

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Une femme qui marche dans l’espace public, c’est une femme qui s’expose notamment à des sifflements, à des regards insistants, à des commentaires déplacés, à des insultes et à des attouchements de la part d’inconnus... Et si on a banalisé le harcèlement de rue, ses conséquences sont bien réelles.

À qui la rue?   

Les impacts du harcèlement de rue sur les femmes à Montréal est la toute première étude universitaire portant sur le sujet au Québec. Elle a été menée par le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal et une équipe dirigée par Mélissa Blais (professeure à l’UQO et professeure associée à l’IREF).

«Les femmes n’habitent pas pleinement la ville, surtout pas le soir ou la nuit, m’a expliqué la chercheuse. On circule du point A au point B sans s’attarder ou prendre le temps de regarder les étoiles. On modifie aussi sa façon de bouger et on choisit des vêtements qu’on estime appropriés de manière à cacher des parties de son corps. Au plan psychologique, il peut y avoir de l’hypervigilance, une peur de sortir, de la colère... Ça laisse des traces, le harcèlement de rue.»

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Sans oublier le stress qui vient avec la pression de répondre! Lorsqu’on est confrontée à un harceleur, on tente d’évaluer à quel point on est en danger et on se demande comment réagir. 

Selon Audrey Simard, organisatrice communautaire au CÉAF et coauteure de l’étude: «Peu importe la stratégie pour laquelle on opte, c’est celle avec laquelle on est le plus à l’aise qui est la meilleure. On pourrait choisir d’ignorer l’harceleur et de quitter les lieux; détourner son attention en parlant avec un témoin qu’on fait semblant de connaître; riposter en nommant haut et fort ce qui est en train de se passer; dire au harceleur d’arrêter; se défendre physiquement; faire appel aux témoins pour qu’ils et elles réagissent; documenter la situation en filmant ou photographiant le harceleur; dénoncer sur les réseaux sociaux; en parler à des ressources de soutien pour les femmes ou des personnes de confiance; porter plainte, etc.» 

Effectivement, on peut porter plainte. Par contre, comme l’indique Audrey, «à l’heure actuelle, la plupart des actes de harcèlement de rue passent sous le radar des actes criminels». Or, c’est peut-être avec une accumulation de plaintes que les autorités décideront enfin de combattre activement ce fléau...  

Des solutions    

En attendant que les choses bougent, «il faut croire, écouter et soutenir celles qui dénoncent, résume Audrey Simard. Cesser de les blâmer et plutôt travailler à responsabiliser les harceleurs». 

Les participantes de l’étude ont dressé plusieurs autres propositions claires pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public. Parmi celles-ci: «Rejoindre les jeunes en intégrant le harcèlement de rue au cours d’éducation à la sexualité; organiser des campagnes de sensibilisation pour outiller les témoins; davantage documenter la problématique; et, devant l’absence d’espace de dénonciation adéquate, mettre en place un espace sécuritaire dédié à recevoir les plaintes de harcèlement de rue.» 

Qu’est-ce qu’on attend, maintenant ?

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