Après l'arche de Darwin, le rocher Percé perdra-t-il bientôt son trou? | 24 heures
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Après l'arche de Darwin, le rocher Percé perdra-t-il bientôt son trou?

Image principale de l'article Le rocher Percé perdra son trou un jour ou l’autre
Dominique Lelièvre

L’effondrement, cette semaine, de l’emblématique arche de Darwin, symbole des îles Galapagos, en raison de l’érosion, soulève une question importante (et inquiétante): à quel moment le trou de notre rocher Percé disparaîtra-t-il?

AFP

Notre rocher gaspésien subira-t-il le même sort que le pont naturel du célèbre archipel de l’océan Pacifique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO? 

Un tel phénomène finira effectivement par se produire en Gaspésie, mais cette éventualité n’inquiète trop pas le directeur du parc de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, Rémi Plourde. 

«Tous les jours, ce qui tombe du rocher Percé, c’est l’équivalent d’une camionnette pleine de roches. Donc oui, le rocher Percé va disparaître un jour, mais il y a de grandes chances qu’on ne le voie pas» explique-t-il. 

C’est que la masse totale du rocher est estimée à cinq millions de tonnes et il en perd en moyenne 300 chaque année. À ce rythme, il faudrait donc plus de 15 000 ans avant que le monument de pierre rouge ne disparaisse et des centaines d’années avant qu’il ne perde son trou. 

Les changements climatiques contribuent toutefois à ce que l’effritement se fasse de façon plus soudaine et rapide, puisque l’érosion se produit lors du cycle gel-dégel. Par temps plus doux, l’eau s’infiltre entre les couches de la roche calcaire. Lorsqu’elle regèle, l’eau prend de l’expansion, ce qui provoque des éclatements. 

«Cet hiver, dans la section du bout de l’obélisque, il y a une section qui s’est effondrée à cause de l’érosion perpétuelle», raconte Rémi Ploudre. 

Un rocher en constante évolution   

Si on se fie au récit des premiers explorateurs l'ayant décrit, le rocher est en constante évolution, souligne, avec sa voix de conteur, le directeur du parc. 

«Quand Jacques Cartier est passé en 1534, le rocher n’avait même pas de trou, il était même relié au continent. C’est Champlain, quand il passe à Percé en 1608, qui dit qu'il y a un trou», explique Rémi Plourde, au bout du fil. Plus tard, une artiste accompagnant le général James Wolfe alors qu'il remonte vers Québec fait une illustration représentant le rocher «avec deux belles arches», poursuit-il. L'une d'entre elles finira par craquer, le 17 juin 1845. 

Ces changements fréquents font d’ailleurs du rocher Percé un endroit duquel il est dangereux de s’approcher. C’est pourquoi le directeur demande aux touristes et aux résidents d’être prudents. 

«Aller marcher autour, c’est dangereux. Par contre, il y a plein de moyens sécuritaires de s’émerveiller de notre belle cathédrale de roche: le bateau, le kayak, les points de vue du parc, etc.», conclut-il. 

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