En raison de l'activité humaine et des changements climatiques, il y a maintenant près de 500 zones mortes dans les eaux mondiales | 24 heures
/environment

En raison de l'activité humaine et des changements climatiques, il y a maintenant près de 500 zones mortes dans les eaux mondiales

Image principale de l'article Près de 500 zones mortes dans les eaux mondiales

La proportion de nos milieux aquatiques dépourvus d’oxygène a plus que quadruplé au cours des 50 dernières années, selon l’UNESCO. Parce que oui, il y a normalement de l’oxygène dans nos cours d’eau. Aujourd’hui, on dénombre près de 500 zones mortes où il n’y a pratiquement plus de vie marine.

• À lire aussi: Le monde se dirige vers un réchauffement de 2,4 °C, bien au dessus des objectifs de l'Accord de Paris

• À lire aussi: C’est quoi le problème avec l’huile de palme?

C’est quoi une «zone morte»? 

AFP

La pollution de nos lacs, rivières et océans ne se qualifie pas seulement par la qualité de l’eau ou le nombre de déchets que l’on voit flotter. Il faut aussi tenir compte du taux d’oxygène dans les milieux marins, primordial pour la vie des espèces aquatiques. 

Les zones où l’on retrouve peu d’oxygènes (ou zones hypoxiques) sont communément appelées «zones mortes». Une telle zone apparaît lorsque des composants chimiques – dont l’azote – sont rejetés à la mer par déversement des eaux usées et des engrais chimiques. Toutes ces pollutions ont pour effet d’augmenter le nombre et la taille des zones mortes.

Pour conséquence, la faune et la flore marine ne peuvent pas survivre dans ces zones avec peu d’oxygènes, qui recouvrent plus de 245 000 km2 dans le monde entier, soit la surface du Royaume-Uni.

Comment est-on arrivé là? 

Les changements climatiques sont les principaux responsables de l’augmentation des zones hypoxiques. Pour conséquence, le réchauffement des eaux de surface empêche l’oxygène d’atteindre les profondeurs de l’océan, selon une étude parue en 2018 du Global Ocean Oxygen Network (GO2NE). 

De plus, les activités humaines telles que l’agriculture, le tourisme côtier, les zones portuaires, les barrages, l’étalement urbain et la pêche sont tous des exemples de sources de pollution marines qui n’ont fait qu’empirer la situation.

«On est en train de faire des choses au niveau humain qui enlève de l’oxygène par endroit» qui va affecter la vie marine dépendante de l’oxygène, précise le physicien Denis Gilbert, qui a fait partie pendant cinq ans d’un groupe de recherche de la Commission océanographique intergouvernementale.

• À lire aussi: 20 entreprises responsables de plus de la moitié des déchets de plastique dans le monde

Conséquences pour la vie marine 

Tadoussac.

COURTOISIE

Tadoussac.

Comme les poissons évitent ces zones, leur habitat se réduit et ils se retrouvent plus exposés aux prédateurs et à la pêche. Mais le problème ne s’arrête pas aux «zones mortes» selon les chercheurs du GO2NE. 

Même de petites baisses en oxygène pourraient freiner la croissance des espèces, nuire à leur reproduction et entraîner des maladies ou même la mort. 

Ces effets se font même ressentir chez nous, dans l’estuaire du Saint-Laurent, alors qu’on observe depuis 1930 une diminution de l’oxygène. Les eaux d’un courant marin qui se rend jusqu’à Tadoussac sont de plus en plus chaudes et par conséquent, moins oxygénées. 

«Localement, ce qu’on a même vu, à plus de 300 m de profondeur, il n’y a déjà plus assez d’oxygène pour la morue, explique le chercher établi à Rimouski. On n’en voit plus de morue dans ces profondeurs.»

Les prévisions scientifiques ne sont pas très rassurantes. Les taux d’oxygènes dans les milieux marins vont continuer à descendre au fur et à mesure que la planète et les océans se réchauffent. La santé des océans risque alors de décliner rapidement et par ricochet. 

Solutions? 

Photo Fotolia

Dans un article publié par Science en janvier 2018, des scientifiques affirment que le monde a besoin de limiter les changements climatiques et la pollution causée par les produits chimiques pour freiner le déclin que l’on observe depuis des années.

Réduire de façon drastique l’utilisation d’engrais agricole et les émissions de gaz à effet de serre, protéger les espaces marins les plus vulnérables et améliorer la surveillance des taux d’oxygènes à travers le monde pourraient mettre fin au problème.