Dans l’univers musical de Joël Martel | 24 heures
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Dans l’univers musical de Joël Martel

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Artiste insaisissable, Joël Martel est notamment un musicien qui lance des albums plus vite que son ombre.

Et il ne se limite guère au seul champ musical. Aucune plateforme ne semble avoir de secret pour lui quand vient le temps de proposer des concepts viraux. Il sévit autant sur Facebook, Twitch, YouTube... Et on ne serait pas surpris qu’il soit encore actif sur MySpace. 

Sa création musicale si difficile à définir, voire impossible en termes de style précis, provient assurément d’une culture iconoclaste dont lui seul a le secret. 

D’une grande loquacité quand vient le temps de jaser de musique, Joël Martel nous transporte dans des contrées insoupçonnées. Autant comme créateur que fan fini lui-même des icônes qui l’ont inspiré. 

Quand est-ce que tu as commencé à mettre des tonnes sur le web?

Vers 2006-2007. Mais là où je me suis positionné à créer sur le web et à diffuser, c’est quand j'ai sorti mon album solo, Boules à Dix et 2010. J’avais donné cet album-là. Ils en avaient parlé dans un ou 2 médias parce que c'était encore un peu à contre-courant. 

Depuis la pandémie, les groupes font des livestreams et sont très présents sur les médias sociaux. As-tu l'impression que tu étais préparé avant tout le monde?

Quand la pandémie a commencé, ça m’a fait bizarre parce que ma démarche en tant que créateur était déjà axé sur le web. Ça m’a fait rire de voir le monde entier adopter mon mode vie. En plus, mon activité favorite pour me détendre c’est d’aller marcher. Je me disais : «Est-ce que j’étais un cobaye sans le savoir?» (Rires)

Tes arrangements sont très hétéroclites. J'ai l'impression que tu ne détestes aucun genre de musique. Est-ce que je me trompe?

Il y a des genres avec lesquels j'étais un peu moins à l'aise. Par exemple, ça m'a pris beaucoup de temps avant d'apprécier la musique trap. Je trouvais que c'était un peu monotone. Et à force de lire sur le monde qui tripe sur la musique trap, j’ai compris. À défaut de pouvoir l’apprécier pleinement, je comprends le buzz.

Quel artiste a influencé ta démarche?

Je serais de mauvaise foi de ne pas mentionner Beck. Ça a été une de mes plus grandes révélations. J’aimais aussi beaucoup Le Rap-à-Billy. Je pouvais écouter ça 20 fois par jour. Je tripais aussi pas sur Da Da Da de Trio

Qu’est-ce que tu écoutais à l’adolescence?

J'ai évidemment tripé sur Nirvana. Quand Kurt Cobain est mort, je me disais «Il n’y a plus de futur. La musique est finie.» Quelques semaines après je suis tombé sur Loser de Beck. J'ai acheté Mellow Gold. Je me rappelle de chaque seconde quand je l’ai écouté pour la première fois. J’ai la voix étranglée tellement que c’est des beaux souvenirs. 

Est-ce que tu as eu des influences québécoises?

Luc de Larochellière. Je lui ai parlé il y a quelques années pour une entrevue et je l’ai trouvé vraiment trippant comme personne, comme artiste. Puis Capitaine Nô, c'est mon gros coup de cœur. Vers 16-17 ans quand j'ai vu Fred Fortin à Reddy Reddy Go qui jouait Gros Bill

Justement, quel parolier tu apprécies le plus?

Nino Ferrer. Quand j'ai écouté Les cornichons la première fois, j'avais l'impression que toutes les portes de la création s’ouvraient. Plus tard, je pense avoir commencé à écrire des bonnes paroles quand j'ai découvert Philippe Katerine. Il y a évidemment Serge Gainsbourg. Aussi, même si c'est pas un parolier, Alain Bashung, les paroles qu’il chantait me faisaient capoter. 

Est-ce qu’il y a une chanson que tu aurais aimé écrire?

Coach de vie de Gap Paquet. Aussi, j’ai l’impression que j’ai réécrit inconsciemment une toune de Brigitte Fontaine, Y a des zazous. Sur un de mes albums, il y a une toune, Ouwadidadidado, dont les paroles sont un rip-off total de la toune de Brigitte Fontaine. 

Le premier album que tu as acheté avec ton argent?

Je travaillais quand j’avais 12-13 ans. Dès que j’ai eu assez d’argent, je suis allé au Jello musique (disquaire d’Alma). J’avais vu à MusiquePlus un clip qui m’avait tilté ben raide, Roll the Bones de Rush. Je tripais sur le rap du squelette. J’ai acheté l’album, puis finalement je n’aimais pas ça. 

Tu es conscient que certaines de tes chansons, comme Flic romantique ou Mchumain, ont un gros potentiel radiophonique?

Ouais, je m’emballe des fois. Avant de sortir un album, il y a une petite place dans ma tête où je me dis: «Ça pourrait peut-être exploser». J’y crois un peu, des fois. Mais ça arrive jamais mais je peux pas vraiment blâmer personne: je fais rien. Je n’ai pas de pas de compagnie de disque qui pousse mes affaires. 

Mais une compagnie de disques ne te laisserait pas autant de liberté...

Voilà! J’aime mieux ce compromis. Il y a un prix à payer pour avoir cette liberté de créer et de diffuser. Parfois, je me décourage un peu. Je me demande vraiment si ça en vaut la peine. Mais des fois, quelqu’un m’écrit pour me dire «J’écoute ton album tout le temps. Je voulais juste te dire merci.» Ça me «recrinque». 

C’est quoi ton documentaire musical préféré?

Quand j’ai écouté Dig, j’ai été complètement fasciné par la productivité d’Anton (Newcombe, leader de Brian Jonestown Massacre). Sa folie aussi. 

Artistiquement, ton été ressemble à quoi?

Je suis excité. L’an dernier, on avait un gros show de prévu avec La noce avec plusieurs musiciens. Avec la pandémie, évidemment, ça a été reporté. Cette année, on a appris que le festival avait décidé de présenter notre show. Je vais me retrouver avec 6 musiciens. C’est une relecture complète de mes tounes. C’est vraiment de bons musiciens. C’est pas du monde que j’ai pogné dans un party de buvard... Remarque, ça aurait pu être cool. (Rires) 

Écouter la liste d'écoute inspirée de l'univers musical de Joël Martel.

 

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