Le Forex : s’enrichir avec le taux de change des devises monétaires | 24 heures
/portemonnaie

Le Forex : s’enrichir avec le taux de change des devises monétaires

Image principale de l'article Le Forex : s’enrichir avec le taux de change
Photomontage: Julie Verville

Le Forex, ou marché des changes, semble être un mot qui se retrouve de plus en plus sur les lèvres des jeunes Québécois. Cette pratique qui consiste à acheter des devises monétaires est souvent présentée comme une véritable mine d’or, mais à quel prix? 

Le marché du Forex, pour Foreign Exchange Market, est aux devises monétaires ce que la bourse est aux actions. Plutôt qu'acheter ou de vendre des titres en bourse, les traders achètent et vendent les devises du monde entier à des taux de change qui fluctuent en permanence. C’est en jouant avec les différences de valeur d’une monnaie face à une autre (le dollar canadien versus le dollar US par exemple) que l’on peut tirer profit de nos échanges.  

L'une des stratégies des traders de Forex est de se fier sur des événements qui ont le potentiel d'influencer les taux de change. Lors de l'élection de Donald Trump en 2016, plusieurs estimaient que le peso mexicain allait perdre beaucoup de valeur par rapport au dollar américain. Ils se sont ainsi rués vers l’achat de pesos pour les reconvertir par la suite en dollars US. Prenons l’exemple d’un trader qui achète l’équivalent de 100 000$ US en pesos, ce qui représente 200 000 pesos. Supposons que la valeur du peso mexicain chute de 5% et que celui-ci décide de reconvertir ses pesos en dollars US, les 200 000 pesos valent maintenant 105 000$ US. Cet échange lui rapporte donc un profit de 5%. 

• À lire aussi: Le dogecoin, la cryptommonnaie parodique vantée par Elon Musk

Autrefois fréquenté par de grandes institutions bancaires, le marché du Forex accueille maintenant petits et grands investisseurs. «Internet a fait en sorte qu’il y a désormais des courtiers qui rendent ce marché accessible à monsieur et madame tout le monde. C’est un marché extrêmement liquide et les gens commencent à le voir comme un énorme casino où on peut aller faire de l'argent très rapidement», témoigne le professeur en finance de HEC, Alain Elkaim, qui s’intéresse au Forex depuis 23 ans. 

De nos jours, pour pouvoir trader dans le Forex, on doit seulement se créer un compte chez un courtier en ligne qui se spécialise dans le domaine. D’ailleurs, cette facilité d’accès fait en sorte qu’un grand nombre d’individus se lancent sans pour autant avoir les connaissances économiques requises pour bien saisir les fondements du marché.

Vendre du rêve 

En raison de l’engouement actuel, nombreux sont ceux qui vont profiter du Forex pour vendre du rêve. Certains «mentors» vont carrément faire la promotion de recettes miracles, laissant croire que le marché des taux de change est une profession simple. 

«Les mentors publient des photos de Lamborghini et des bouteilles d'alcool dispendieuses sur Instagram pour attirer les gens et ça marche», confie Alexandre Demers, propriétaire de Traders 360, une entreprise se spécialisant en gestion d'investissements. 

Avec les constantes variations, il est vrai qu’il est possible de faire des milliers de dollars en quelques heures avec le Forex. Cependant, cela ne se fait pas en claquant des doigts. «Il faut que tu sois prêt à mettre beaucoup de temps et être très fort psychologiquement. Tu te bats contre de grosses institutions bancaires alors tu dois comprendre comment elles manipulent le marché», déclare Andrew Mcgravy, un étudiant de 20 ans qui œuvre dans le Forex depuis l’an dernier.

• À lire aussi: Trop polluant, Tesla n’accepte plus le bitcoin comme moyen de paiement

Pour Mathis Fredette, un jeune homme de 19 ans originaire de Varennes, plusieurs mois de pratique ainsi qu’une formation professionnelle de plus de 3500 dollars US ont été nécessaires avant d’être complètement à l’aise avec le marché des devises. S'il vit principalement du Forex aujourd'hui, il s'est d'abord exercé à l'aide d'argent fictif. Des plateformes de courtage en ligne offrent la possibilité de s’exercer à l’aide de «démos», soient des comptes fictifs sur lesquels on peut simuler des échanges dans le Forex. 

Un boom pandémique 

«La pandémie a causé un des plus gros booms que le domaine du trading ait connu», souligne Martin Godin, l’un des administrateurs de la page Trading Québec sur Facebook. Dans la dernière année, le nombre de membres de notre page a doublé. »  

Même s’il croit qu’on ne reverra pas un buzz aussi impressionnant de sitôt, Martin Godin croit tout de même que le trading, dont le Forex, continuera de gagner en popularité dans les années à venir. « Il y a 30 ans, si tu voulais faire du trading, ce n’était pas dans ton salon, mais avec les nouvelles technologies d’aujourd’hui, c’est possible », lance-t-il.  

Un nouveau joueur pas si nouveau 

Bien qu’il soit nouveau pour plusieurs, le marché des changes dans la forme du Forex existe depuis 1971. Des milliards de dollars y sont transigés quotidiennement, ce qui en fait le marché financier le plus liquide au monde. 

L’arrivée des technologies modernes a démocratisé la pratique en permettant notamment aux utilisateurs de transiger des monnaies sur le marché du Forex à l’aide d’un simple téléphone cellulaire. Et même si une multitude de courtiers offrent aujourd’hui ce service, il faut s’assurer qu’ils soient enregistrés auprès de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM). Autrement, si un problème survient avec notre argent, aucun recours légal n'est possible.

Chose importante à savoir: seules les devises les plus importantes sont manipulées dans le marché du Forex, comme le dollar américain (USD), l'euro (EUR), le yen japonais (JPY) et la livre sterling (GBP).

 

À lire aussi

Et encore plus