Légendes du web: on a parlé à Eddy Malou, savant et célébrité internet | 24 heures
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Légendes du web: on a parlé à Eddy Malou, savant et célébrité internet

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Autoproclamé premier savant de la République démocratique du Congo, Eddy Malou est un phénomène web connu au Québec et dans toute la francophonie. Nous avons réalisé une entrevue avec lui en direct de Kinshasa pour comprendre comment il vivait avec sa célébrité, mais également pour savoir ce qui guidait son implication scientifique.

Un peu de contexte, d’abord: le phénomène Eddy Malou débute en 2013, lorsque sa première entrevue, qui est tirée d'un vox pop à Kinshasa, paraît sur YouTube. L'intervieweur tente de sonder les gens à propos du rollerblade – le sport –, mais, avec Eddy, il n'obtient jamais de réponse claire. Ce dernier esquive violemment toutes les questions en se lançant dans des tirades alambiquées. Peu importe, le monde venait de découvrir un personnage singulier au verbe acéré et une légende du web était née.

À partir de cette célèbre entrevue, les premières phrases cultes du savant congolais deviennent autant de mèmes, de gifs ou de remix. On pense à «Mais oui, c'est clair» ou «Oui, ça fait allusion», sans compter des néologismes comme la «congolexicomatisation des lois du marché».

Près de huit ans plus tard, Eddy Malou multiplie à Kinshasa les conférences et les entrevues à propos de l'une ou l'autre de ses théories scientifiques, pas toujours claires, il faut le dire. Il y a quelques semaines, dans un entretien avec le journaliste Donny Ohumu Diwoko, il partageait même sa connaissance de notre pays, «premier producteur de bois». «Dans les universités du Québec, vous trouvez des génies», affirmait-il.

La voie était donc pavée pour que le 24 heures réalise la première entrevue du savant à l'extérieur de la République démocratique du Congo.

Comme on s’y attendait    

Il est exactement comme on s’y attendait: il parle encore de sa fameuse congolexicomatisation, sans qu'on sache exactement ce dont il retourne. Cette fois, il nous donne au moins un angle d'attaque: «Nous ne copions pas des politiques étrangères, mais développons nos propres politiques», résume-t-il. C'est pourtant si simple.

Il résume ainsi le moteur de son implication: «Un intellectuel, c'est quelqu'un qui trouve des solutions autour de son environnement.»

C’est le journaliste congolais Donny Ohumu Diwoko qui nous a aidés à prendre contact avec Eddy Malou. Devant sa popularité grandissante, il a été l'un des premiers à lui offrir une tribune régulière dans plusieurs pages de web-télé congolaises. «Le savant Eddy a une influence vraiment grave, ici. Nous sommes très suivis sur les réseaux sociaux et la jeunesse s'y intéresse également», nous confie-t-il.

Critiques    

Évidemment, ce genre de popularité vient avec son lot de critiques. Les plus sévères considèrent Eddy Malou comme un imposteur ou, pire, un humoriste. Il les balaie pourtant du revers de la main, car il a mieux à faire.

En effet, même si ses théories ne sont pas facilement accessibles, voire compréhensibles, Eddy Malou consacre toutes ses énergies à convaincre ses compatriotes de l'importance d'étudier et de travailler fort, seule manière pour son pays de s'en sortir, selon lui. «Nous sommes dans un pays, soit-il dit, riche, mais, malgré tout, les gens sont en train de traverser des temps très difficiles. Moi-même, je continue à étudier, je continue à développer. Les études ne se terminent jamais», avoue candidement le savant congolais.

Quant à notre situation, Eddy Malou nous offre ce conseil: «Je dirais à mes frères québécois-québécoises d'être plus structurantionnistes.» Parions que ces sages paroles ne tomberont pas dans l'oreille d'un sourd.

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