Montréal: la police déclare la manifestation pro-palestinienne illégale | 24 heures
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Montréal: la police déclare la manifestation pro-palestinienne illégale

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Des centaines de militants se sont réunis samedi après-midi devant le Consulat général d’Israël pour soutenir le peuple palestinien. La manifestation a toutefois été déclarée illégale en milieu d’après-midi après qu'on eut lancé des projectiles en direction des policiers.

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«Liberté pour la Palestine», «Cessez l’occupation», «Vive Gaza». Tels sont les messages que l’on pouvait lire sur les nombreuses pancartes que tenaient les manifestants lors de l’événement qui s’est d'abord déroulé de manière pacifique, à Westmount.

Des dizaines de manifestants musulmans ont également profité du rassemblement pour prier. Puis, vers 15 h, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déclaré la manifestation illégale, la jugeant désorganisée et soulignant que des projectiles ont été lancés en leur direction, de même que des fumigènes et des feux d’artifice dans les airs.

Photo 24 heures, ANDREA LUBECK

On a aussi indiqué que les mesures sanitaires n'auraient pas été respectées, alors qu'environ la moitié des manifestants ne portaient pas de masque.

Une personne a été arrêtée pour agression armée envers des policiers, a annoncé le SPVM en soirée.

Haute surveillance

L’événement se déroulait d'ailleurs sous haute surveillance policière. Les forces de l’ordre avaient érigé un périmètre de sécurité autour du Consulat général d’Israël, après qu’une fenêtre du bâtiment eut été fracassée lors d'une autre manifestation, samedi dernier.

PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

Dimanche dernier, une manifestation en soutien à Israël avait pour sa part tourné au vinaigre lorsque des militants pro-palestiniens avaient affronté la foule d’une centaine de personnes au centre-ville de Montréal. L’escouade antiémeute du SPVM avait alors été appelée en renfort. Les policiers avaient lancé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les personnes présentes sur place. Au total, 15 arrestations avaient eu lieu et 76 constats d’infractions avaient été remis.

Avoir «les mêmes droits»

Peu avant que la manifestation soit déclarée illégale samedi, les organisateurs avaient, dans un discours, interpelé le gouvernement canadien pour qu’il impose des sanctions à Israël.

PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

«Le conflit ne se réglera pas en quelques jours. Le mouvement est là pour rester jusqu’à ce que la paix soit faite en Palestine», leur a-t-on dit.

Karem, un manifestant de 64 ans, milite pour que le peuple palestinien obtienne les mêmes droits que les Israéliens.

PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

«Nous ne détestons pas les Juifs, a-t-il dit à l’Agence QMI. Il y a suffisamment de place pour que tout le monde vive en paix. Je suis là pour protester contre le nettoyage ethnique que le gouvernement israélien mène et pour que le peuple palestinien puisse retrouver ses droits.»

L’homme, dont le grand-père a été forcé de quitter les centaines d’hectares de terres qui lui appartenaient, est né dans un camp de réfugiés non loin du village où habitait sa famille.

«Mon plus grand souhait est de retourner sur les terres de ma famille», a-t-il raconté.

PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

Plusieurs autres manifestants estiment que l’accord de cessez-le-feu qui est intervenu ces derniers jours «n’est pas une solution à l’arrêt des combats».

«Il faut que les bombardements sur les civils cessent», a indiqué une personne rencontrée sur place.

PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

«Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne a tiré sur des musulmans alors qu’ils faisaient leur prière, vendredi. Ils ne respectent pas l’accord», a ajouté une militante.

Le conflit entre Israël et le peuple palestinien a jusqu’ici fait 248 morts chez les Palestiniens, dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités à Gaza. En Israël, les salves de roquettes tirées de Gaza ont tué 12 personnes, y compris un enfant, une adolescente et un soldat, d’après la police.

- Avec l’AFP

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