Ce représentant de microbrasserie peut faire jusqu’à 300 km chaque jour en voiture électrique à partir de la campagne | 24 heures
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Ce représentant de microbrasserie peut faire jusqu’à 300 km chaque jour en voiture électrique à partir de la campagne

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Le 24 Heures et Unpointcinq s’unissent pour vous présenter des Québécoises et des Québécois qui placent l’action climatique au cœur de leurs initiatives.

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Pour Patrick Morin, la voiture électrique est un choix écologique qui lui permet de faire des économies substantielles. Mais ce qui le différencie des «électroconducteurs» et «électroconductrices» classiques, c’est qu’il passe ses journées sur les routes, loin des centres urbains.

Patrick Morin vit à Saint-Justin, un village en pleine campagne dans l’ouest de la Mauricie. Représentant pour une microbrasserie, il se promène au volant d’une voiture électrique — une Soul 2020, de Kia — depuis octobre 2019. Il effectue ainsi régulièrement des tournées de 300 km pour rencontrer ses clients. Le quadragénaire ne s’en cache pas: s’il est passé à l’électrique, «c’est avant tout pour économiser sur l’essence».

Les voitures électriques ont aussi d’autres atouts, concernant l’environnement, notamment: voici trois bonnes raisons d’abandonner la voiture à essence pour l'auto électrique. 

1) Pour son empreinte carbone

Après 150 000 km parcourus au Québec, une voiture électrique émet 65% moins de gaz à effet de serre (GES) que son équivalent à essence, selon une étude du CIRAIG. Contrairement aux cinq millions de véhicules fonctionnant à l’énergie fossile en circulation sur nos routes, son «carburant» produit en effet très peu de GES, puisque l’électricité québécoise est à 99% renouvelable. 

Un avantage qui n’a pas laissé Patrick Morin insensible. «J’ai choisi une voiture qui n’émet pas de gaz en pensant aux générations futures», explique celui qui ne se présente pas comme étant la personne la plus écologique, mais qui dit faire des efforts.

Environ 90% des impacts sur le climat de la voiture électrique proviennent de sa fabrication, notamment celle de sa batterie, qui requiert beaucoup de métaux et de minerais énergivores à extraire et à transformer. La production d’une auto à essence, dont plusieurs composants sont communs aux modèles électriques, contribue, elle aussi, au réchauffement planétaire, mais pas mal moins que l’essence qu’il faut brûler pour la faire avancer.

2) Parce qu’on peut aller de plus en plus loin

Lentement mais sûrement, l’autonomie des voitures électriques se rapproche de celle des véhicules à essence. La plupart des nouveaux modèles commercialisés en 2021 affichent une autonomie de 400 km, comme la Kona Electric de Hyundai et ses 415 km. Largement de quoi effectuer les 50 km quotidiens parcourus en moyenne par un Québécois. Et avec plus de 6500 bornes de recharge publiques à travers la province, il y a peu de chances de tomber en panne.

«En milieu rural, les bornes ne sont pas fréquentes, souligne toutefois Patrick Morin. Mais il y a de plus en plus de bornes de recharge rapides sur les autoroutes», ajoute le représentant, lequel a dû adapter ses tournées en refaisant ses routes à l’aide de l’application mobile du Circuit électrique, le réseau de recharge le plus important au Québec.

3) Pour économiser de l’argent

Les convertis affirment qu’au bout du compte, une voiture électrique, ça coûte moins cher. Et ils ont raison: hormis le Model S, de Tesla, toutes les autos électriques vendues au Québec sont plus économiques que les modèles équivalents à essence, selon une analyse de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal

Bien que la Leaf — la compacte électrique de Nissan — coûte 10 000$ de plus à l’achat que la Kicks — son équivalent à essence du même concessionnaire —, elle se rattrape au fil du kilométrage. Pour 15 000 km par année, une personne conduisant une Leaf dépense 252$, alors que, pour la même distance au volant de la Kicks, il faut débourser 1400$. L’entretien du véhicule électrique coûte aussi deux fois moins cher. Si bien qu’en moins de six ans, l’investissement devient profitable. Patrick Morin a déjà fait 60 000 km et il estime qu’il rentabilisera l’achat de sa voiture dès l’an prochain, après trois années d’utilisation. Dans son cas, ça paie, de faire des kilomètres.

Malgré les subventions gouvernementales, ce sont les prix d’achat qui freinent souvent les automobilistes dans le saut vers l’électrique. Mais bonne nouvelle: ils ont tendance à baisser. Par exemple, General Motors a réduit le prix de sa Bolt EV 2022, qui est passé de 44 998$ à 38 198$. Une fois les rabais fédéral et provincial déduits, il en coûte environ 27 000$ pour acquérir une voiture compacte affichant une autonomie de 417 km.

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