Le définancement de la police, «une pente glissante», prévient un groupe d'experts | 24 heures
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Le définancement de la police, «une pente glissante», prévient un groupe d'experts

Manifestation «Defund the police» à Montréal, le 24 octobre dernier
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Manifestation «Defund the police» à Montréal, le 24 octobre dernier

Mieux financer les services, plutôt que «définancer la police». Le comité indépendant chargé de réviser le fonctionnement de la police considère que le Québec s'engagerait sur une «pente glissante» s'il se donnait des objectifs de définancement des corps policiers.

C'est ce qu'ont lancé en chœur les cinq experts du comité consultatif de réflexion sur la réalité policière, qui déposait mardi son rapport final, censé mener à une réforme en profondeur du système policier.

«Le comité partage [...] la lecture des parties prenantes rencontrées voulant que le définancement s’avère être une pente glissante sur laquelle il importe de ne pas s’aventurer collectivement si l’on souhaite réellement pouvoir compter sur une police moderne, efficiente et digne de confiance», peut-on lire dans l'épais document de près de 500 pages qui compte par ailleurs 138 recommandations.

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«On n'est pas à l'heure de réduire ces fonds», a ajouté le porte-parole du comité, Bernard Sévigny, lors d'un point de presse virtuel.

Le mouvement en faveur du définancement des services policiers a refait surface dans la foulée de la mort de l'Afro-Américain George Floyd, survenu il y a un an, jour pour jour. À Minneapolis, où le quadragénaire a perdu la vie lors de son arrestation par quatre policiers, la Ville a entrepris de rediriger certains des budgets de son service policier vers des organismes communautaires.

L'automne dernier, cette philosophie s'était glissée dans le discours de certains manifestants montréalais, qui avaient demandé, dans diverses protestations, que le budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soit partiellement amputé.

Refinancement?  

Selon les experts du groupe d'étude du Livre vert, la grande majorité des Québécois s'opposent au définancement. Selon un sondage de l'Institut du Nouveau Monde cité à l'intérieur même du rapport, plus des deux tiers des Québécois croient que les corps de police manquent de fonds.

«Les citoyens consultés voulaient plutôt une réorganisation. Et deuxièmement, de voir des investissements plus importants dans les secteurs communautaire et de la santé», a souligné l'ex-députée libérale fédérale Marlene Jennings, membre du groupe d'experts.

Le SPVM – plus grand corps policier municipal au Québec – disposera cette année d'un budget total de près de 680 millions de dollars. En 2019-2020, les dépenses de la Sûreté du Québec ont pratiquement atteint 750 millions.

C'est la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui décidera lesquelles des 138 recommandations du groupe d'experts sur le Livre vert seront appliquées.

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