Billet : Le polyamour, un mode de vie ou un fantasme? | 24 heures
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Billet : Le polyamour, un mode de vie ou un fantasme?

Image principale de l'article Le polyamour, un mode de vie ou un fantasme?

BILLET - Je suis une milléniale, dans la trentaine. Je suis old school, aussi : j’ai toujours rêvé de me marier dans ma robe blanche et d’avoir des enfants. Avec une certaine naïveté, je me disais que la monogamie, c’était pour tous. Je me disais : «Mon Dieu que c’est beau de me donner qu’à un seul homme, pour le meilleur et pour le pire le restant de mes jours».

Pis, j’ai eu un méchant wake up call. Ce discours hétéronormatif ne convient pas à tout le monde. 

C’est en écoutant l’épisode de Red Table sur le polyamour que j’ai ouvert mes horizons : Willow Smith, la fille des acteurs hollywoodiens Jada Pinket Smith et Will Smith, a avoué qu’elle était polyamoureuse, sous le regard inquiet de sa grand-mère. (Et sous le mien aussi!) 

Dans ma tête, le polyamour se définissait par «couple ouvert», c’est-à-dire, être en relation avec un partenaire, mais profiter d’une liberté en ayant des relations sexuelles avec plusieurs autres partenaires, sans que cela ne soit considéré comme de l’infidélité...

Beaucoup de milléniaux ne sont pas monogames.

Mais ce n'est pas ça. 

Le terme «polyamour», qui a des racines grecques, inclut les concepts «multiple» (poly) et «amour», donc signifie «multiples amours». 

De nos jours, on définit en gros le polyamour comme une orientation relationnelle qui présume «qu'il est possible [et acceptable] d'aimer plusieurs personnes et de maintenir plusieurs relations amoureuses et sexuelles à la fois, avec le consentement des partenaires impliqués, [...] et qu'il est souhaitable d'être ouvert et honnête à leur propos», selon une définition donnée dans le Journal of Constructivist Psychology

Oh, je ne l’avais pas vu comme ça. Et pourtant les relations qui sortent de la monogamie traditionnelle ne sont pas si marginales chez les jeunes : une enquête américaine réalisée par YouGov démontre que «trois milléniaux sur dix (31%) dans une relation disent que leur relation n'est pas monogame».  

L’histoire de polyamour de Mlle S.

J'ai voulu parler à une personne polyamoureuse pour mieux comprendre le concept. 

Mlle S. a 27 ans (et a tenu à ce qu’on garde son identité confidentielle). Elle est polyamoureuse. Ce n'est pas arrivé du jour au lendemain : après avoir vécu une rupture avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle, elle a décidé que sa prochaine relation amoureuse allait être différente. 

«Avec mon ex, qui était plutôt traditionnel, je me sentais toujours jugée par rapport à mes désirs sexuels. Je ne voulais même pas lui avouer que je possédais des jouets, car il était trop fermé d’esprit», se souvient-elle. 

«Lorsqu’on est une fille, on croit qu’aimer explorer sa sexualité ou avoir de partenaires multiples, c’est être une fille facile ou être une travailleuse du sexe. Mon ex avait tellement ce genre de préjugés et pourtant j’avais envie d’explorer ces avenues-là», raconte-t-elle.

Il y a donc quatre ans, elle a rencontré son amoureux âgé de 33 ans, qui est aussi son partenaire d’affaires. Le premier pas pour eux a été d'inclure une troisième personne à leur vie sexuelle. 

«Dans ma relation actuelle, tout a commencé avec une amie avec qui je flirtais toujours. Elle est venue souper à la maison un soir et elle est devenue une personne que mon copain et moi, voyions régulièrement», dévoile la Montréalaise.

«Le hic, c’est que je fantasmais aussi sur une relation à trois avec un autre homme. Mais mon amoureux n’était pas à l’aise. C’est là que la discussion de voir d’autres personnes est venue sur le sujet, chacun de notre côté», poursuit-elle.

Des règles qui évoluent

De fil en aiguille, Mlle S. et son partenaire ont convenu être un couple ouvert, où des règles étaient bien établies et où la communication primait. 

«Au début, on s’était entendus de voir d’autres personnes, seulement en voyage d’affaires. Puis, on avait établi comme règle de ne pas passer la nuit avec une autre personne ou de dire "je t’aime" à une autre personne», relate-t-elle.

«On se textait même le profil de la personne Tinder, l’adresse, une photo de son visage... Juste pour une question de sécurité. Je te dirais qu’il y a autant de règles que de couples polyamoureux», dit-elle. 

Après avoir exploré sa sexualité avec d’autres partenaires, Mlle S. est tombée amoureuse en pleine pandémie, d’un autre gars, qu’elle voit régulièrement. Et tout le monde est au courant.

«Depuis un an, je ne vois qu’une seule personne autre que ma relation. J’ai l’impression d’être en garde partagée! On s’est dit "je t’aime". On a développé quelque chose. J’ai des sentiments pour lui», confie la jeune femme

«Je suis en mode polyamoureux. Mon chum est au courant et lui aussi. Là, des questions comme tu vas où à Noël se posent», songe-t-elle.

Après avoir parlé à Mlle S., j’ai compris que le polyamour, ce n’est pas un fantasme, mais bien un mode de vie où on peut tomber amoureux de différentes personnes, dans le respect et toujours dans la transparence. On dit bye à la monogamie qui vient souvent avec l’infidélité, les crises de jalousie et une certaine pression de la société. 

(Je précise quand même que les relations polyamoureuses, comme toutes les relations interpersonnelles, ne sont pas à l'abri de la jalousie et de la trahison, mais c'est une autre histoire.)

Est-ce que je suis down avec le polyamour?

Well... Je comprends tout à fait qu’on puisse tomber amoureuse d’un mec aussi beau qu’Idris Elba et d’être toujours épris de son partenaire de vie! 

Mais sans blague, ce n’est pas pour moi, même si je respecte à fond ceux qui adoptent cette philosophie de l’amour.

Perso, à choisir entre le polyamour ou l’infidélité-relations-secrètes-en-cachette qui font du tort, je choisis le polyamour.

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