Jugement historique: la justice néerlandaise impose à Shell de réduire davantage ses émissions de CO2 | 24 heures
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Jugement historique: la justice néerlandaise impose à Shell de réduire davantage ses émissions de CO2

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AFP

Un tribunal néerlandais a rendu un jugement historique, mercredi, en ordonnant que le géant pétrolier Shell fasse plus d’efforts pour réduire ses «énormes» quantités d’émissions de CO2. 

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L’affaire, appelée «Le peuple contre Shell» et lancée par un collectif d’ONG environnementales, pourrait faire jurisprudence devant des tribunaux partout dans le monde, où des revendications similaires se multiplient.

«Le tribunal ordonne à Royal Dutch Shell de réduire ses émissions de CO2 d’ici fin 2030 de 45% nets par rapport à 2019», a déclaré la juge Larisa Alwin devant le tribunal de La Haye.

«Shell est responsable d’énormes émissions de CO2» et «contribue aux conséquences désastreuses du changement climatique pour la population», a-t-elle ajouté.

Le verdict a été accueilli avec des cris de victoire et des larmes de joie chez des dizaines de militants présents devant le tribunal, aux côtés d’une cinquantaine de cyclistes qui ont traversé le pays à vélo pour l’occasion. 

Une première

Pour Catherine Gauthier, directrice générale d’ENvironnement JEUnesse (ENJEU), une organisation qui poursuit le gouvernement canadien pour son inaction dans la lutte aux changements climatiques, la décision rendue mercredi représente une réelle victoire.

«C’est unique parce que c’est la première fois qu’une cour ordonne à une entreprise polluante d’agir en respect des accords internationaux, et dans ce cas-ci, l’Accord de Paris, explique-t-elle. Et ça pourrait avoir des effets extrêmement importants sur un ensemble de grands pollueurs sur la planète. Dans ce cas-ci, c’était Shell, mais ça ouvre la porte à d’autres recours similaires ailleurs dans le monde qui pourraient s’attaquer aux compagnies.»

 

Catherine Gauthier, directrice générale de l’organisation ENvironnement JEUnesse (ENJEU), devant la Cour d'appel du Québec en février dernier

Catherine Gauthier, directrice générale d'ENJEU. (Photo de Gabriel Beauchemin)

Catherine Gauthier, directrice générale de l’organisation ENvironnement JEUnesse (ENJEU), devant la Cour d'appel du Québec en février dernier

L’organisation ENJEU était à la Cour d'appel du Québec en février dernier pour obtenir l'autorisation d'exercer une action collective au nom de tous les Québécois de 35 ans et moins contre le gouvernement du Canada. 

Dans quel objectif? D’abord pour que la cour vienne reconnaître que le gouvernement canadien brime les droits fondamentaux d’une génération entière en ne posant pas des actions suffisantes pour lutter contre les changements climatiques, mais aussi pour forcer le gouvernement à se doter d’une cible plus ambitieuse. 

«C’est aussi encourageant pour des causes comme la nôtre où, bien souvent, on avait l’impression de se battre contre Goliath, mentionne Catherine Gauthier. Je me souviens, lorsqu’on a lancé notre propre recours, les gens avaient l’impression que c’était utopiste, que c’était à caractère symbolique uniquement. Pourtant, on peut voir que les tribunaux ont la capacité d’agir et d’ordonner aux compagnies, et même aux gouvernements, d’agir sur la question climatique.»

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