Quatre exemples de villes québécoises qui ont posé des actions contre les changements climatiques | 24 heures
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Quatre exemples de villes québécoises qui ont posé des actions contre les changements climatiques

Image principale de l'article Quatre villes qui donnent l'exemple
CLAUDIA BERTHIAUME/L'IMPACT DE DRUMMONDVILLE/AGENCE QMI

Vous avez l’impression que la lutte aux changements climatiques, ça se passe uniquement au provincial et au fédéral? Détrompez-vous, les villes peuvent en faire beaucoup. Voici quatre exemples qui le prouvent et qui peuvent inspirer d'autres municipalités à développer des projets semblables.

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1. Le transport en commun gratuit à Boischatel   

La ville de Boischatel, une municipalité au nord de la ville de Québec, s’est dotée en août 2019 de son propre système de transport en commun, accessible gratuitement pour tous les citoyens qui se déplacent à l’intérieur de son territoire. Deux autobus parcourent la région selon un tracé et des horaires qui ont été élaborés en fonction des besoins de la population, pour une couverture totale de 24 km.  

Le maire de Boischatel, Benoit Bouchard, pose fièrement devant les nouveaux véhicules de transport collectif et adapté de sa municipalité.

Courtoisie Stéphanie Martin

Le maire de Boischatel, Benoit Bouchard, pose fièrement devant les nouveaux véhicules de transport collectif et adapté de sa municipalité.

«Je pense que [le transport] est un axe assez névralgique dans la transition écologique, sur lequel le palier municipal peut intervenir», explique Jonathan Durand Folco, coordonnateur à la Vague écologiste au municipal, un réseau de soutien mis en place pour stimuler et appuyer les candidatures écologistes et progressistes lors des prochaines élections municipales.  

«On peut favoriser le transport actif, le transport collectif et le covoiturage. On parle de plus en plus aussi de mobilité intégrée, c’est-à-dire des personnes qui par exemple peuvent prendre leur voiture pour se rendre dans une gare de trains, arriver dans le métro ensuite, puis poursuivre à la marche. Donc d’intégrer ces modes de transport, ça permet de réduire les gaz à effet de serre de façon très directe.» 

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2. Une coopérative d’habitation pour densifier Québec   

Une nouvelle coopérative d’habitation au concept prometteur verra le jour dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec. La coopérative d’habitation Dorimène comprendra une ferme maraîchère intérieure installée au sous-sol qui alimentera en chauffage et en eau chaude les occupants de ses 16 logements. La construction devrait se terminer autour d’avril ou de mai 2022.  

Photo Courtoisie

La construction de logements sociaux ou de coopératives d’habitation représente une façon de répondre aux inégalités sociales en améliorant l’accès au logement, mais ça permet aussi de densifier les villes, soutient Zoé Dumais, membre du comité politique derrière l’initiative La Planète s’invite à la mairie. Et pourquoi densifier les villes? Pour éviter l’étalement urbain, qui peut être très dommageable dans la lutte aux changements climatiques. 

«Ce n’est pas grave qu’il y ait une partie de la population qui n’ait plus envie de vivre à Montréal, mais si on se met à construire des bâtiments qui n’ont pas d’allure sur des terres agricoles parce que c’est impossible ici de se loger parce que tout devient hyper cher et inaccessible, et bien là le développement que ça occasionne est insensé», explique Zoé Dumais. 

Densifier les villes grâce à la construction de logements abordables, ça permet donc d’éviter l’empiètement sur des territoires agricoles ou naturels, mais aussi de diminuer l’utilisation de l’automobile, selon Zoé Dumais. 

«Il faut arrêter de développer des coins qui s’adressent juste à des automobilistes, poursuit-elle. Il faut faire des petits cœurs de village où il n’y a pas de désert alimentaire et où on est capable de se mouvoir dans un transport actif ou un transport collectif.» 

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3. Un dépotoir transformé en immense espace vert à Montréal  

Le parc Frédéric-Back, tout juste au nord de la rue Jarry, entre le boulevard Saint-Michel et l’avenue Papineau, a été aménagé par la ville de Montréal sur le site d’un dépotoir qui était auparavant une carrière. C’est exactement le genre d’initiative qui se trouve à la portée des villes et qui permet de créer des espaces verts, indique Jonathan Durand Folco.  

Le parc Frédéric-Back

BÉATRICE ROY-BRUNET/24 HEURES

Le parc Frédéric-Back

«C’était une carrière, qui est devenue un site d’enfouissement, et qui ensuite a été retransformée en parc, poursuit celui qui est également professeur à l’École d’innovation sociale de l’Université Saint-Paul d’Ottawa. Ça permet de montrer qu’on est capable de passer d’un ancien dépotoir, un lieu complètement terrible, à un espace vert.»  

La protection des espaces verts permet entre autres de réduire les îlots de chaleur et de protéger la biodiversité en ville, indique le professeur. Mais ça ne se limite pas seulement aux parcs. 

«On peut aussi penser aux ceintures vertes que l’on peut voir autour de certaines municipalités pour protéger les terres agricoles ou éviter l’étalement urbain. Ça peut prendre la forme d’un reboisement aussi», détaille-t-il. 

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4. Cultiver un potager sur sa cour avant à Drummondville  

«Dans la ville de Drummondville, il y a quelques années de cela, il y avait un couple qui avait décidé de faire un genre de jardin urbain dans sa cour arrière, mais également dans sa cour avant, donc devant la maison», raconte Jonathan Durand Folco.  

Le couple que formaient Michel Beauchamp et Josée Landry avait effectivement transformé leur cour avant en potager, mais il s’était d’abord heurté à l’interdiction de la ville de Drummondville à l’été 2012. L’aménagement était impressionnant, alors que le traditionnel gazon coupé court faisait place à un grand jardin. Après plusieurs mois de contestation, le couple a finalement eu gain de cause et la ville a accepté de changer le règlement municipal pour permettre ce type d’aménagement. 

CLAUDIA BERTHIAUME/L'IMPACT DE DRUMMONDVILLE/AGENCE QMI

Il ne s’agit là que d’un exemple, mais les villes ont justement cette capacité à changer les réglementations et permettre davantage d’agriculture locale, selon Jonathan Durand Folco. Cultiver ses fruits et légumes de façon locale, ça permet à la fois d’améliorer notre autonomie alimentaire, mais également de diminuer les émissions de gaz à effet de serre qui découlent des importations provenant des quatre coins du monde. 

«Il faut qu’on change la réglementation municipale pour permettre aux gens de produire eux-mêmes de la nourriture dans différents contextes, poursuit-il. Dans la ville de Montréal, il y a certaines friches, certains terrains municipaux vacants, et Montréal pourrait peut-être offrir ces terrains à des groupes communautaires, à des associations, pour produire des aliments.» 

*

Sources : La planète s’invite à la mairie (webinaire du 20 avril 2021) et la Feuille de route pour la transition du Québec vers la carboneutralité 

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