Valérie Plante et Denis Coderre critiqués sur les réseaux sociaux: les élus doivent-ils toujours être des citoyens parfaits? | 24 heures
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Valérie Plante et Denis Coderre critiqués sur les réseaux sociaux: les élus doivent-ils toujours être des citoyens parfaits?

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Photo courtoisie

«Faites ce que je dis, pas ce que je fais», «Quand on se pense au-dessus des lois»: les erreurs commises par Valérie Plante et Denis Coderre cette fin de semaine ont fait fortement réagir sur les réseaux sociaux. C’est qu’en politique municipale, le style de gestion et la proximité avec les citoyens rendent les politiciens particulièrement imputables de leurs erreurs, disent des experts.  

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La mairesse Plante assise avec quatre autres personnes sur une terrasse en zone rouge, l’ancien maire Coderre avec son cellulaire entre les mains alors qu’il était au volant. Les erreurs commises par les deux principaux candidats à la mairie de Montréal la fin de semaine passée soulèvent des questions: les politiciens doivent-ils toujours être des citoyens exemplaires? Ont-ils droit à l’erreur?  

Photo tirée du compte Twitter de FRÉDÉRICK CARLE

Des «politiciens prescriptifs»   

Cela dépend beaucoup du style des élus et des candidats, répond la professeure en gestion municipale à l’UQAM Danielle Pilette.

«Mme Plante et M. Coderre sont des politiciens prescriptifs, qui sont vraiment dans les détails et dans l’ultra présence. Ils commentent tout. Les politiciens du genre sont très visés, parce qu’ils sont très visibles», explique-t-elle. 

Les maires moins expressifs, et donc moins visibles, donneraient moins envie aux électeurs de les rabrouer, selon la professeure. 

De plus, la nature de la politique municipale rend les élus très observables puisqu’ils côtoient leurs concitoyens de manière étroite. Cette visibilité a d’ailleurs été accrue dans la dernière année et demie, puisque les élus municipaux ont assumé un grand rôle dans la gestion de la pandémie. 

On n’a qu’à penser à l’intervention de la Ville de Montréal à l’aéroport international Pierre-Eliot-Trudeau pour sensibiliser les voyageurs à la nécessité de s’isoler à leur arrivée l’an passé, ou encore aux couloirs sanitaires mis en place sur les trottoirs montréalais au printemps 2020. 

Ces interventions, combinées au fait que les corps policiers des villes sont gérés par la mairie et que le salaire des élus dépasse de beaucoup celui d’une grande portion de la population, font en sorte que les attentes envers eux sont très élevées, croit Danielle Pilette. 

«On s’attend à ce que les élus respectent eux-mêmes ce qu’ils imposent aux autres et qu’ils paient l’amende au même titre que n’importe qui s’ils sont pris en flagrant délit, surtout quand on connaît le salaire des élus, notamment de la mairesse», spécifie-t-elle.

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Des réactions opposées 

Si Valérie Plante s’est rapidement excusée sur les réseaux sociaux en plus de convoquer les médias à une conférence de presse le lendemain pour répéter l’opération, Denis Coderre a quant à lui nié le tout. Lundi après-midi, il a répété qu’il ne textait pas, mais qu’il replaçait plutôt son cellulaire qui était tombé.  

Une différence qui s’explique par la nature des fautes commises, la clarté de la preuve, et le contexte, explique le titulaire de la Chaire de relations publiques et communications marketing de l’UQAM, Bernard Motulsky. 

«Dans le cas de Mme Plante, la photo est très claire. En plus, c’était une journée très spéciale, on ne parlait que de la réouverture et des règles, commente-t-il. Dans le cas de Denis Coderre, la photo est floue et le contexte du cellulaire au volant est moins d’actualité.» 

Selon lui, l’aspirant maire a donc voulu effacer la polémique puisqu’elle risquait de mourir si elle n’était pas alimentée par des réponses. La stratégie se tient «puisqu’on n’a plus grand-chose à dire», précise-t-il. 

Quels impacts sur la campagne?

Les impacts potentiels des erreurs, même petites, peuvent être importants pour les candidats qui se font prendre la main dans le sac, selon Bernard Motulsky. 

«Un événement, c’est banal, mais si ça se répète, ça devient vite grave. On tolère moins la répétition», explique-t-il. 

De son côté, Danielle Pilette doute de l’impact immédiat sur les candidats, mais croit que les effets de tels gestes pourraient avoir un effet néfaste sur l’implication des citoyens dans le processus électoral.

«Si les candidats s’affrontent par leurs erreurs, ça pourrait vraiment démobiliser les électeurs», s’inquiète-t-elle. 

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