Des matériaux de construction faits en champignon | 24 heures
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Des matériaux de construction faits en champignon

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Geoffroy Renaud-Grondin souhaite qu’on retrouve des fermes de champignons directement sur des chantiers de construction dans un futur pas si lointain. Idée saugrenue? Pas vraiment, puisque les champignons ont le pouvoir de transformer les déchets en nouveaux matériaux de construction écologiques.  

Le fonctionnement est assez simple à comprendre: on place d’abord des résidus naturels, comme de la sciure de bois (mais ça pourrait aussi être de l’avoine ou du marc de café) dans des moules ayant la forme des matériaux qu’on veut produire.  

Ensuite, «le mycélium [NDLR: le tissu qui constitue les champignons] va se répandre à l’intérieur des moules et il va manger tout ce qu’il y a, et là il va se densifier» grâce à l’humidité et à la forme du moule, qui l’empêche de se répandre ailleurs que dans les limites, explique Geoffroy Renaud-Grondin, directeur général chez Mycélium Remédium.  

Une fois le moule séché, on peut en retirer des «cloisons de champignons», dont il est possible de prévoir la densité. On pourrait donc faire des planches de «2x4» sous forme de champignons densifiés, par exemple. 

D'où son idée des fermes sur les chantiers : le meilleur moyen de produire des matériaux de construction en champignons serait de les cultiver directement sur place, où il suffirait de fournir des résidus comme du carton, du gypse ou du papier pour que les champignons répandent leur vorace mycélium. 

Des champignons pour remplacer le plastique  

Il n’y a pas que les matériaux de construction qui pourraient être remplacés par des pièces «en champignons» : on pourrait faire de même avec des objets en styromousse, un dérivé très polluant du plastique, par exemple. 

«Je ne veux pas avoir l’air du maniaque qui dit que tout peut être fait en mycomatériaux, mais c’est pas loin de ça», assure Geoffroy Renaud-Grondin.  

Son objectif à plus long terme est de remplacer tous les plastiques par des produits issus des champignons.  

Il s’acharne donc à tisser des liens avec différentes industries, d’abord celle de la construction, responsable de 20% des déchets produits chaque année au Québec selon l’organisme Recyc-Québec. «J’ai rencontré des gens de la construction qui sont super intéressés par nos produits», affirme le directeur du laboratoire de mycotechnologies.  

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