Éclairage nouveau sur le décès de Joyce Echaquan: ce qu'il faut savoir sur l'enquête | 24 heures
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Éclairage nouveau sur le décès de Joyce Echaquan: ce qu'il faut savoir sur l'enquête

Image principale de l'article Ce qu'il faut retenir de l'enquête sur sa mort
Photo Agence QMI, Mario Durieux

L’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, cette femme attikamek ne décédée à l’hôpital de Joliette sous des insultes du personnel en septembre dernier, s’est terminée mercredi au palais de justice de Trois-Rivières. Voici ce qui en est ressorti au cours des dernières semaines.  

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Témoignages troublants   

La voisine de civière de Joyce Echaquan a rapporté que la victime criait et se tordait de douleur, et que des infirmières riaient d’elle et de son état. La fille de Joyce Echaquan a dit avoir regretté de ne pas avoir détaché sa mère quand elle est passée la voir, alors que son frère a dit qu’elle se sentait «dénigrée» à l’hôpital. 

Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard

La cause du décès   

Joyce Echaquan est décédée des suites d’un œdème pulmonaire provoqué par une insuffisance cardiaque. Son décès aurait pu être évité, ont expliqué des experts. Son cœur a ralenti graduellement sans que le personnel ne remarque sa détérioration rapide et sa condition qui s’aggravait. Elle est entrée dans un état critique, et lorsqu’elle est arrivée en salle de réanimation, il était trop tard. Selon des témoignages, des demandes de transfert en réanimation auraient été bloquées en raison de mauvaises communications. 

Problème de culture à l’hôpital de Joliette   

Climat toxique, conflits à l’interne, problèmes de respect et d’attitude; il y avait un problème de culture connu au centre hospitalier de Joliette, a confirmé l’ex-PDG du CISSS de Lanaudière Daniel Castonguay. Ce dernier a néanmoins précisé qu’il n’était pas au courant que les patients attikameks étaient particulièrement touchés. Une infirmière a de son côté admis qu’il y avait un «réel problème» envers cette communauté à l’hôpital. 

Manque de formation?   

Y a-t-il un manque de formation pour que le personnel soignant sache comment interagir avec des patients autochtones? C’est ce que certains ont avancé pendant l’enquête. Des chefs attikameks ont d'ailleurs demandé à ce qu’il y ait davantage de formation. 

Barbara Flamand, une ancienne employée de l’hôpital de Joliette qui devait servir de pont entre les patients attikameks et le personnel soignant, a pourtant déploré qu’elle avait beau donner son nom et son numéro au personnel, personne ne l’appelait. Les patients attikameks étaient pour leur part nombreux à faire des plaintes. 

L’infirmière congédiée s’excuse   

L’infirmière congédiée pour avoir insulté Joyce Echaquan peu avant sa mort a demandé pardon aux proches de la victime durant l’enquête. «Je vous demande pardon pour ce que j’ai dit. Je n’en avais pas contre elle. Je sais toute la peine que je vous ai faite. Je suis désolée, j’ai été tellement méchante», a-t-elle dit, pleurant à de nombreuses reprises. Elle a attribué son comportement à la fatigue et à la surcharge de travail. Une préposée aux bénéficiaires a également été congédiée. 

Racisme systémique et «Principe de Joyce»   

Des recommandations ont été faites durant l’enquête. 

Des chefs attikameks ont témoigné de leur désir de la reconnaissance du terme «racisme systémique» par le gouvernement Legault, qui refuse toujours d’admettre l’existence de ce problème. 

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Les chefs et les proches de Joyce Echaquan ont indiqué qu’ils souhaitaient que le «Principe de Joyce» soit adopté par les gouvernements: celui-ci viserait à garantir à tous les autochtones un droit d’accès équitable aux services sociaux et de santé. 

Les proches de la victime veulent aussi qu’on embauche plus d’Attikameks dans le système de santé, que des caméras de surveillance soient installées dans les urgences et les hôpitaux et qu’un monument en mémoire à Joyce Echaquan soit érigé au centre hospitalier de Lanaudière. 

Coroner   

La coroner Géhane Kamel, qui présidait l’enquête publique, a dû défendre son impartialité à la suite de questions sur ses critiques et commentaires pendant l’enquête. Elle a semblé s’impatienter à quelques reprises lors de témoignages de certains membres du personnel. «Les réponses évasives ou opaques nuisent à [la] quête de vérité et de réponse», a-t-elle rétorqué. La coroner en chef a réitéré sa confiance en elle. 

- Avec les informations de l’Agence QMI

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