Pandémie et mesures sanitaires: des gyms déménagent... à l’extérieur! | 24 heures
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Pandémie et mesures sanitaires: des gyms déménagent... à l’extérieur!

Avec la pandémie et les restrictions sanitaires, des propriétaires de centres de conditionnement physique ont décidé de transporter leurs équipements à l'extérieur pour créer de nouveaux gyms «anti-COVID-19». Malgré la réouverture des gyms en zone orange et le déconfinement qui se poursuit partout au Québec, cette initiative pourrait se prolonger... même après la pandémie.

Devant l'incertitude entourant la réouverture des gyms, PM Fitness, situé à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, a décidé en avril dernier de déménager une partie de son équipement à l'extérieur. 

«Quand on a refermé, et comme on faisait déjà des activités extérieures, on s'est dit qu'on voulait rendre ça plus sharp et développer le concept de gym extérieur», raconte le propriétaire du gym, Philippe Massicotte. 

«On a une pergola permanente qui est sur place, dans la cour du terrain qu’on loue et [dans laquelle il y a] des équipements de gym. C’est là en permanence, hiver comme été», poursuit celui qui a reçu de la Santé publique, à deux reprises, la confirmation que ses installations respectaient les règles.

Distributeurs de papier et de désinfectant y ont été installés. Pour le moment, seulement 12 personnes, excluant les employés, peuvent s'y entraîner en même temps. Les gens doivent réserver une période d'entraînement d’une heure au maximum. Les installations sont nettoyées après chacune des séances. 

Certains gyms ont reçu, de la Santé publique, l'autorisation d'ouvrir. C'est le cas du centre PM Fitness, situé à Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Alex Proteau/24 Heures

Certains gyms ont reçu, de la Santé publique, l'autorisation d'ouvrir. C'est le cas du centre PM Fitness, situé à Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Suer... dans le stationnement  

Philippe Massicotte n'est pas le seul à avoir mis le nez dehors. Nicolas Biniek, propriétaire du centre de conditionnement Biner Training, dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, à Montréal, offrira lui aussi des séances extérieures à ses clients. 

À compter du 7 juin prochain, il proposera des cours de groupe extérieurs, dans le stationnement de l'immeuble où se situe son gym, avec des équipements bien plus sophistiqués que de simples poids et haltères. 

«C’est vraiment un COVID-proof gym», affirme Nicolas Biniek. Dans ce nouveau gym en plein air, tout est à deux mètres. Les équipements sont entreposés dans un conteneur où les gens doivent eux-mêmes aller chercher leur matériel. 

Biner Training ouvrira le 7 juin un concept de gymnase extérieur dans son stationnement.

Courtoisie

Biner Training ouvrira le 7 juin un concept de gymnase extérieur dans son stationnement.



«C’est fait pour rester à longueur d’année. C’était un rêve [de mettre en place un tel gym à l'extérieur] et la pandémie l’a accéléré», souligne celui qui a investi à ce jour environ 20 000$ dans cette nouvelle aventure. 

Le beau temps arrive tôt au printemps et il s'étire jusqu'à tard en automne, insiste-t-il, ajoutant que l’entraînement extérieur peut continuer jusqu'à ce que la neige arrive. 

«Pourquoi tu peux jouer au hockey à -30 °C, mais tu ne peux pas t’entraîner dans une cour ou whatever à -5 ou -10 °C?» s'interroge celui qui entrevoit des changements d'habitudes dans le monde de l'entraînement en raison de la pandémie.

Nicolas Biniek, propriétaire du centre de conditionnement Biner Gym, situé à Montréal, est impatient de revoir ses clients le 7 juin dans son nouveau concept extérieur nommé La Cour à Biner (Biner Yard).

Courtoisie

Nicolas Biniek, propriétaire du centre de conditionnement Biner Gym, situé à Montréal, est impatient de revoir ses clients le 7 juin dans son nouveau concept extérieur nommé La Cour à Biner (Biner Yard).

Une tendance uniquement pandémique?  

Si le nombre de gyms extérieurs a explosé au cours des derniers mois, ce n'est pas pour autant un concept nouveau. 

«C’est quelque chose que l’on voit plus dans les gyms fonctionnels [CrossFit] que dans les gyms conditionnels», indique le porte-parole du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCICP), Gabriel Hardy.

Mais les règles en vigueur pour encadrer les gyms en plein air manquent de clarté et laissent place à l'interprétation, selon lui. «[Les gyms extérieurs] sont tolérés en grande partie, mais on encourage nos membres à contacter la police pour comprendre les interprétations de la loi», suggère Gabriel Hardy.

Cette tendance va-t-elle se poursuivre au-delà de la pandémie? Difficile à dire, selon le porte-parole du CCICP. Les coûts pour installer des équipements de conditionnement physique à l'extérieur peuvent être importants. Selon lui, de telles installations peuvent néanmoins cohabiter avec les gymnases intérieurs. 

Quelles sont les règles en vigueur à l’extérieur?   

  • Les gyms peuvent accueillir des clients à l'extérieur, à condition que ce soit dans un lieu public.            
  • Le port du couvre-visage est obligatoire en tout temps lors de la pratique d’activités extérieures, sauf dans les situations suivantes:                           
    • Lorsqu’une distance minimale de 2 mètres est maintenue entre les participants de résidences différentes;             
    • Lorsque les personnes sont assises à plus de 2 mètres les unes des autres.                                 

Source: ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)

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