Un autre «GNL Québec»: le projet d'usine de liquéfaction de Goldboro inquiète... jusqu'à l'Assemblée nationale | 24 heures
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Un autre «GNL Québec»: le projet d'usine de liquéfaction de Goldboro inquiète... jusqu'à l'Assemblée nationale

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Photo Facebook, Pieridae Energy

L’opposition au projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de Goldboro, en Nouvelle-Écosse, se fait ressentir jusque dans les couloirs de l’Assemblée nationale, où des élus craignent un nouveau «GNL Québec».

«C’est la même production, les mêmes marchés. C’est la même chose», lance d’emblée le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault. L’élu est un opposant de longue date au projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay, que GNL Québec souhaite construire dans sa circonscription. 

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Or, voilà qu’un autre projet semblable à celui de GNL Québec pourrait voir le jour. L'entreprise Pieridae Energy souhaite en effet installer une usine de liquéfaction à Goldboro. Ce projet inquiète des élus québécois puisque le gaz acheminé de l'Ouest canadien par oléoduc transiterait par le Québec. 

Pieridae a déjà fait part de ses intentions de transformer près de dix millions de tonnes de gaz par année dans cette usine néo-écossaise. Pour transporter la matière première de l’Alberta jusqu'en Nouvelle-Écosse, l’entreprise utiliserait le gazoduc Trans Québec & Maritimes Inc. (TQM), qui traverse 75 municipalités, dont plusieurs en Estrie et sur la Rive-Nord de Montréal.

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Le 24 heures a contacté TQM pour connaître son implication dans le projet. «Nous sommes toujours en conversation avec des clients potentiels, a indiqué l'entreprise. Nous réitérons que TQM n’a pas d’entente avec Pieridae pour développer une capacité supplémentaire sur notre réseau.»

 En Estrie, le projet suscite l'inquiétude, soutient la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie. 

«On parle d’un trajet qui vient mettre à risque des espaces naturels précieux, qui passe à côté de plusieurs municipalités, de terres agricoles, de lacs et de sources d’eau potable», énumère-t-elle.

«Pour moi, il n’y a absolument aucun intérêt à ce projet-là. On n’a que les risques environnementaux et aucune retombée, même économiques», a insisté l'élue de Québec solidaire. 

Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, affirme pour sa part qu’il est trop tôt pour se prononcer. Les intentions de Pieridae devront d’abord être rendues publiques dans leur entièreté, affirme la directrice des communications de son cabinet, Claude Potvin.

«Nous suivons la situation de près, a-t-elle écrit au 24 heures dans un échange de courriels. Le ministère n’a pas reçu d’avis de projet ni d’informations officielles concernant le projet Goldboro.»

Le Parti libéral du Québec n’a pas voulu commenter le dossier.

Début de mobilisation  

Fin-mai, Christine Labrie lançait une pétition en opposition au projet de Goldboro sur le site de l’Assemblée nationale. Au moment d’écrire ces lignes, elle comptait plus de 700 signatures.

«Il n’y en a pas, d’acceptabilité sociale», souligne-t-elle. 

«C’est un peu comme Énergie Est à l’époque, affirme pour sa part Sylvain Gaudreault. Je m’attends à une levée de boucliers, parce que de plus en plus, au Québec, on constate un consensus social.»

Le projet d'oléoduc Énergie Est que souhaitait construire TransCanada s'était heurté à une importante mobilisation au Québec. Dans les derniers mois, le projet Énergie Saguenay de GNL Québec, que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a fortement critiqué, a lui aussi soulevé une vive opposition. 

- Avec Élizabeth Ménard

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