Bonne nouvelle pour la planète: des insectes pour remplacer les pesticides sur les tomates | 24 heures
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Bonne nouvelle pour la planète: des insectes pour remplacer les pesticides sur les tomates

Image principale de l'article Des insectes pour remplacer les pesticides
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Utiliser de petits insectes pour remplacer les pesticides? C'est la technique qu'a développée une coopérative agricole française, qui élève punaises et microguêpes pour éviter de mettre des produits chimiques sur les tomates.

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Des insectes qui en attaquent d'autres 

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La stratégie est simple: ce ne sont pas tous les insectes qui sont néfastes pour les récoltes, et l'on peut donc les utiliser les uns contre les autres pour protéger les plants.

Par exemple, les aleurodes sont des mouches blanches de plus en plus résistantes aux pesticides et néfastes pour les plants, puisqu'elles sont avides de sève.

La petite guêpe noire et jaune encarsia est son ennemi naturel: elle pond ses œufs directement dans les larves d'aleurodes, ce qui provoque leur mort. L'eretmocerus s'attaque aussi à ces mouches, à un stade un peu plus tardif.

Le macrolophus mange pour sa part des pucerons, des œufs de chenille et même de petites chenilles.

Produire des tomates... et des insectes 

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La coopérative française Savéol Nature produit des fruits et légumes (dont des tomates), mais aussi des insectes pour les protéger. 

Quelque 10 millions de petites punaises vertes macrolophus et 130 millions de microguêpes encarsia et eretmocerus sont élevées chaque année sous une vaste verrière en Bretagne.  

Avant de prendre la direction d’un plant de tomates, la petite punaise verte est nourrie avec des œufs de teigne dans les serres de Savéol Nature.  

Le tout est possible grâce à des centaines de plants de tabac, appartenant à la même famille que les plants de tomates. Ceux-ci servent à héberger les petits auxiliaires et rendent leur manipulation plus facile grâce à leurs larges feuilles.  

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À l’aide d’un sécateur, un employé coupe le haut d’un plant, puis le secoue au-dessus d’un large entonnoir. Les insectes tombent dans une boîte surmontée d’un filtre. 

Chaque semaine, les insectes sont envoyés aux 126 maraîchers de la coopérative, qui produit également près de 16 000 colonies de bourdons destinés à la pollinisation des fleurs de tomate et de fraise.

Pas une goutte de traitement chimique 

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En 2020, le producteur maraîcher Saveurs d'Iroise, qui compte huit hectares de serres, n’a pas utilisé une goutte de traitement chimique, grâce aux insectes. 

«On est dans une période où le consommateur cherche à manger [sainement]. Le sans pesticides est une troisième voie, une alternative [au bio] pour une production de masse, mais saine», plaide François Pouliquen, à la tête de Saveur d’Iroise.

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La ferme aux insectes de Savéol va s’agrandir cette année de 1200 m2, pour répondre à la demande croissante de l’étiquette «sans pesticides» lancée en 2019.  

Cet agrandissement «va permettre d’augmenter significativement nos capacités de production», se réjouit auprès de l’AFP Pierre-Yves Jestin, à la tête de la structure qui produit chaque année 74 000 tonnes de tomates, mais également 2500 tonnes de fraises.  

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