REM de l'Est: taxée d’être inflexible, la Caisse justifie le mode aérien | 24 heures
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REM de l'Est: taxée d’être inflexible, la Caisse justifie le mode aérien

Des pylônes sont aménagés par la Caisse le long du tracé aérien du REM dans le secteur de Pointe-Saint-Charles, dans l'arrondissement du Sud-Ouest, pour relier la station de l'Île-des-Sœurs à la Gare Centrale.
Photo Martin Alarie

Des pylônes sont aménagés par la Caisse le long du tracé aérien du REM dans le secteur de Pointe-Saint-Charles, dans l'arrondissement du Sud-Ouest, pour relier la station de l'Île-des-Sœurs à la Gare Centrale.

La Caisse de dépôt fait preuve d’«entêtement» en faisant passer la portion du Réseau express métropolitain (REM) au-dessus du boulevard René-Lévesque, martèlent les partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Pour sa part, le responsable du projet affirme qu'il s'agissait de la seule option légitime.

Le 24 heures rapportait mercredi les résultats d’une étude comparative commandée par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) sur le tracé du futur «REM de l’Est». 

Dans ce rapport, on apprend que la firme mandatée pour faire l’analyse du tracé, AECOM-SYSTRA, a rejeté deux autres projets, un tramway et un «tram-train», qui auraient pu circuler directement au sol. Le métro léger en hauteur serait la seule des trois options qui remplit les objectifs initiaux du projet. Selon la Caisse, c’est la capacité et la vitesse des autres solutions de rechange qui posent problème.

«Le métro léger est la meilleure solution pour desservir l’est de Montréal», a insisté jeudi le président et chef de la direction de CDPQ Infra, Marc Arbaud. Il soutient qu'un tramway ou un tram-train ne répondrait pas à l'objectif économique du projet. 

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«Fracture» au centre-ville  

La mise sur pied d’une structure aérienne au centre-ville de Montréal ne fait toutefois pas l’unanimité. Jeudi, tant le Parti libéral que Québec solidaire et le Parti québécois ont dénoncé l'«inflexibilité» du donneur d’ouvrage.

«On ne comprend pas c’est quoi cet entêtement de la Caisse. La façon dont les consultations publiques se déroulent, c’est qu’ils présentent leur tracé et que c’est non négociable», a souligné jeudi la porte-parole pour la métropole du Parti libéral du Québec (PLQ), Filomena Rotiroti. 

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui craint une «fracture» en plein centre-ville de Montréal, accuse la Caisse de vouloir faire passer les gains financiers avant les services aux citoyens. Le REM traversera sa circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. 

«Lorsque tu donnes le développement de ton transport en commun à des gens qui ont le plein pouvoir, qui ont le gros bout du bâton – je vais le dire comme ça –, il ne faut pas que tu sois surpris que, lorsqu'on dépose différentes hypothèses, ils vont prendre l'hypothèse qui coûte le moins cher, même si elle ne respecte pas les volontés des gens qui vivent là», a-t-elle martelé.

«On a une coupure au sol avec la presque autoroute Ville-Marie, la presque autoroute Notre-Dame. Puis là, on va avoir une fracture à la hauteur de vue à cause du REM», a poursuivi l'élue solidaire. 

Quant à lui, le Parti québécois exhorte le gouvernement à dépolitiser l’avancement des grands projets de transport, comme le REM. Le troisième groupe d’opposition déposait cette semaine un projet de loi afin de mettre sur pied une agence de transports apolitique qui mènerait à terme de tels dossiers «de façon indépendante».

Priorité au REM  

À Montréal, la mairesse, Valérie Plante, regrette que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) n’ait pas favorisé l’option d’un tramway au sol. 

Elle demande «que le gouvernement et la CPDQ soient très sensibles [aux] préoccupations» des citoyens à mesure qu’avancera le processus de consultation publique. Le REM restera dans le paysage «pour une centaine d’années minimum», a-t-elle mentionné.

Sa priorité, toutefois: compléter le REM. «Je ne dirai pas non à un projet de transport collectif qui va venir desservir et désenclaver l’est de Montréal. Pour moi, c’est absolument nécessaire qu’un projet de transport collectif voie le jour, absolument», a insisté Mme Plante. 

Un «impact énorme»  

Marc Arbaud est sans équivoque: le tramway et le tram-train ne passent pas le test. «L’impact d’achalandage est énorme», a-t-il souligné. 

En tramway, se rendre de la pointe de l’île au centre-ville prendrait une heure et demie, a-t-il ajouté. Quant au tram-train, il est «limité» en raison de son intégration au réseau routier. Le chauffeur devrait, par exemple, s’arrêter aux feux de circulation.

Le REM de l’Est doit entrer en service en 2029.

- avec Félix Lacerte-Gauthier

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