Un expert en environnement nous donne de l'espoir : il est bien plus optimiste qu'il y a 45 ans | 24 heures
/environment

Un expert en environnement nous donne de l'espoir : il est bien plus optimiste qu'il y a 45 ans

Image principale de l'article Il faudra réorganiser notre économie
Photomontage Marilyne Houde

De nombreux scientifiques, écologistes et auteurs concluent qu’il faut cesser notre quête de croissance économique si l’on veut atteindre la carboneutralité. L’idée est loin de faire consensus, mais une chose semble certaine : il faudra réorganiser notre économie si l’on veut y arriver.  

• À lire aussi: On a demandé aux partis politiques québécois ce qu'ils pensent de la décroissance

• À lire aussi: On démystifie la carboneutralité en 6 questions

«Une transition énergétique et des améliorations technologiques ne suffiront pas à éviter un réchauffement très dommageable», fait valoir Estelle Louineau, de Shifters Montréal. 

«C’est d’ailleurs ce que concluent bon nombre d’articles scientifiques, précise-t-elle. L’un des freins aux réductions des GES est la quête de la croissance de la production et de la consommation. À vouloir réduire les émissions en produisant plus, on se met une sacrée épine dans le pied.» 

La décroissance, c’est un concept économique, politique et social qui repose sur le constat qu’il est impossible de réaliser une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Dans une société en décroissance, la richesse économique n’augmente pas, elle diminue. Concrètement, ça veut dire qu’on cesse de produire et de consommer toujours de plus en plus de biens. On peut se tourner vers le partage, la réutilisation ou la revalorisation de ce qui a déjà été produit.

Mais ce n'est pas la seule avenue envisagée pour réorganiser notre économie. 

Photo Fotolia

Une croissance compatible   

En février, l’Institut canadien pour des choix climatiques, un comité d’experts indépendants, a publié une étude explorant 60 trajectoires qui permettraient au Canada d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.  

«La croissance de l’économie est absolument compatible avec un avenir carboneutre au Canada, même s’il reste quelques défis à relever», concluent-ils.  

Les trajectoires analysées comportent toutes une part d’inconnu, ce que les experts qualifient de «paris risqués», c’est-à-dire le recours à des technologies qui n’ont pas encore fait leurs preuves.  

• À lire aussi: Le Canada a toujours raté ses cibles de réduction des GES

• À lire aussi: «Je ne sais pas quoi faire pour sauver le monde»

Changer notre économie  

Questionné à ce sujet, l’expert Claude Villeneuve, titulaire de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi plaide plutôt pour une décroissance «dans certains secteurs de l’économie.»  

«De dire qu'on ne peut pas faire de croissance économique pour atteindre des cibles, c'est faux. Par contre, on ne peut pas faire plus de la même chose qui a causé le problème. Le Canada doit profondément changer son économie», dit-il. 

Selon lui, il faudra donc opérer une décroissance dans certains secteurs et une croissance dans d’autres. «On ne peut rien créer ou transformer sans énergie. On ne peut pas avoir une économie circulaire parfaite dans laquelle toutes les molécules extraites du sol vont tourner dans le cycle économique pour l'éternité», fait-il valoir. 

La solution, à son avis, est de combiner la décroissance de certains secteurs, comme ceux des transports et de l’exploitation pétrolière et gazière, à des avancées technologiques et compenser les émissions qui ne pourront pas être éliminées à la source. 

«Mais ça ne veut surtout pas dire qu'il faut arrêter d'exister», souligne-t-il.

De l’espoir  

Le scientifique paraît même optimiste.  

«Par rapport à il y a 45 ans quand j'ai commencé où il n'y avait personne qui ne comprenait rien ni du cul ni de la tête, pardonnez-moi, ç’a beaucoup changé!» lance-t-il en riant. 

«Quand j'ai commencé, c'était pas beau. Aucune ville au Québec avait un système d'épuration des eaux, aucune usine avait des filtres au niveau des cheminées ou des rejets à l'eau, les sols contaminés de l'Ontario s'en venaient dans les terres agricoles au Québec. C'était monstrueux. Aujourd’hui, c'est inconcevablement mieux», fait-il valoir.  

Il est convaincu que les solutions sont à notre portée. 

*

À VOIR AUSSI   

Faire des matériaux de construction à partir de champignons   

s

À lire aussi

Et encore plus