Dégustation de vin : on a mis à l’épreuve le Meilleur nez du Québec | 24 heures
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Dégustation de vin : on a mis à l’épreuve le Meilleur nez du Québec

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Lors du concours Meilleur sommelier du Québec 2020, Joris Gutierrez Garcia est arrivé en seconde place mais il a obtenu le plus haut pointage lors de l'épreuve de dégustation, recevant ainsi le titre de Meilleur nez du Québec. Nous lui avons préparé une dégustation anonyme, c'est-à-dire qu'il devait décrire et tenter de deviner le vin en se basant sur ses caractéristiques visuelles, olfactives et gustatives. Aura-t-il été à la hauteur de son prestigieux statut? En bref, la réponse est oui : on vous invite à regarder notre vidéo pour constater sa performance.  

« Je n'ai pas un don, comme certaines personnes de l'univers de la parfumerie par exemple. Moi, ce n'est vraiment que de l'entraînement », confie le jeune sommelier montréalais. 

L'humilité du sommelier 

La chroniqueuse et auteure du Guide des vins 2021 Nadia Fournier souligne que Joris possède quelques-unes des meilleures qualités pour être un bon sommelier, et qui n’ont pas toutes rapport avec son nez : « D'abord, il manifeste une grande gentillesse et une belle générosité, mais il a aussi beaucoup d'humilité. On a envie d'être servi par lui. » 

Le jeune homme de 29 ans aime bien rappeler que les sommeliers sont avant tout des serveurs. « Sommelier, c'est un beau nom à la mode, mais il ne faut pas oublier qu'on doit débarrasser les tables, ou servir de l'eau. » Joris reconnaît qu'il doit beaucoup au monde de la restauration et a un grand respect pour « tout ce qui se joue en cuisine ». C'est d'ailleurs là qu'il a commencé lui-même, il y a déjà plusieurs années : « Les plongeurs par exemple, c'est sans doute le poste le plus ingrat d'un restaurant, mais quand tu l'as fait, tu es mieux placé pour les comprendre et tu les respectes davantage », confie-t-il. 

De fil en aiguille, il a commencé à s'intéresser à l'univers du vin avant de suivre un cours de sommellerie à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ). « Le vin, ce n'est pas que le contenu de la bouteille. Il y a de la politique, de l'histoire, beaucoup de géographie, de l'agronomie, de la chimie. C'est ça qui m'a plu. » 

Une façon de progresser

Pour Joris Gutierrez Garcia, les concours de sommellerie représentent « une bonne façon de se challenger », mais aussi une manière de peaufiner un apprentissage. « Le chemin qu'on fait pour se préparer, ça nous fait grandir dans nos professions. C'est le plus important. » ajoute-t-il. 

En 2017, il avait déjà été couronné Meilleur nez au concours du Meilleur sommelier du Québec, où il avait terminé troisième. Cette année, il a vraiment hésité à y participer puisque la pandémie de COVID-19 est venue bouleverser ses plans. Avec les restaurants fermés et les concours repoussés, « cela a été un petit coup démotivant pour la sommellerie de façon générale », avoue-t-il candidement. Plutôt que de se plonger dans les livres et d'enchaîner les dégustations comme il le fait normalement à l'approche d'un concours, il en a profité pour prendre un peu de recul.

Se présenter à une telle épreuve sans préparation représentait un risque pour lui puisqu'une contre-performance de sa part aurait pu donner l'impression qu'il avait régressé. Ce sont ses proches qui l'ont finalement convaincu : « Il faut croire que j'y suis allé avec moins de pression que d'habitude et cela m'a peut-être aidé », dit-il. 

Joris a beau être le plus fort en dégustation, il nous explique qu'on doit rester humble dans cet exercice : « On a l'air fin lorsqu'on nous met un verre dans le nez et qu'on identifie un côte-rôtie 1995 par exemple, mais on se trompe très souvent. » 

Pour espérer remporter le titre de Meilleur sommelier du Québec lors de la prochaine édition du concours, en 2023, Joris Gutierrez Garcia sait où mettre davantage d'énergie : « Le nerf de la guerre, c'est vraiment la théorie. Il faut que je retourne dans les livres. »