Vous ne rêvez pas: vos allergies sont intenses en ce moment et le pire est à venir | 24 heures
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Vous ne rêvez pas: vos allergies sont intenses en ce moment et le pire est à venir

Image principale de l'article Oui, vos allergies sont particulièrement intenses
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Congestion nasale, nez et gorge qui piquent, difficulté à dormir: vos allergies vous donnent du fil à retordre? C’est normal, puisque la concentration de pollen dans l’air a atteint des niveaux critiques dans les derniers jours. Un phénomène qui pourrait gagner en intensité dans les années à venir, surtout à Montréal, prédisent des experts.

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«Depuis le début du mois de mai, on voit que la concentration de pollen dans l’air est très élevée à Montréal, et on se dirige vers la période la plus intense dans les prochaines semaines», prévient le directeur des communications des Laboratoires de recherche d’aérobiologie, Daniel Coates.

Les chiffres de l’entreprise, qui est le principal fournisseur de données scientifiques en la matière au pays, montrent que, même si le nombre de jours avec de fortes concentrations de pollen a diminué par rapport à l’an passé, des pics très importants ont été atteints ces derniers jours. 

Joël Lemay / Agence QMI

«La floraison des arbres est arrivée plus tard que l’an passé, parce que le temps chaud s’est fait attendre. Mais on voit déjà quelques journées avec des pics à plus de 1000 particules de pollen par mètre cube. Une concentration est considérée très élevée à partir de 200 particules par mètre cube», détaille-t-il.

Des symptômes plus sévères, plus longtemps        

Avec de telles concentrations de pollen dans l’air, c’est assez pour que même des personnes qui ne se considèrent pas allergiques ressentent des symptômes. Un phénomène qui risque de gagner en intensité dans les prochaines années en raison du réchauffement climatique précise, Daniel Coates. 

Photo Fotolia

«La concentration de pollen dans l’air n’est pas une science exacte. Ça varie beaucoup: il y a des années à fortes concentrations qui peuvent être suivies d’années plus calmes. Mais la tendance globale montre que ça va en augmentant au Canada depuis 30 ans, notamment parce que les arbres relâchent leur pollen lors des périodes chaudes. Comme la planète se réchauffe, les arbres relâchent leur pollen sur une plus longue période», explique-t-il.

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Sexisme botanique   

Bien que le réchauffement climatique soit le premier coupable montré du doigt pour expliquer l’allongement de la saison du pollen, des villes comme Montréal contribuent également à la rendre plus intense, soutient Rita Sousa-Silva, chercheuse au Paqlab de l’UQAM, un laboratoire visant à mieux comprendre la relation arbres-humains.

«Les grands centres urbains comme Montréal ne plantent que des arbres mâles, de manière disproportionnée. C’est un problème, parce que les grains de pollen sont des particules que produisent uniquement les mâles», précise la postdoctorante au Département des sciences biologiques de l’UQAM. 

Joël Lemay / Agence QMI

La raison de cet entêtement est que les arbres femelles sont ceux qui produisent les fruits et les graines. Les villes évitent donc d’en planter, pour ne pas avoir à nettoyer les dégâts que causeraient ces graines et ces fruits en tombant sur la voie publique. Une situation que déplore l’experte. 

«C’est du sexisme botanique. On oublie complètement que les arbres femelles jouent aussi un rôle important dans la nature», dénonce la chercheuse. 

Dans la nature, les arbres femelles reçoivent et emprisonnent le pollen produit par les mâles afin de se reproduire. Sans ces arbres femelles, le pollen n’a donc nulle part où aller, ce qui fait que la concentration de pollen dans l’air augmente. 

Revoir les politiques de verdissement  

L’implantation d’espaces verts en ville est souvent citée comme un exemple de solution au réchauffement climatique. Or les villes auraient tout avantage à mieux comprendre le potentiel allergène des plantes qu’elles sèment afin de mieux agir dans le futur, croit Mme Sousa-Silva.

«Il faut que les différences entre les plantes soient mieux comprises, puisque la concentration de pollen est un enjeu de santé publique», conclut-elle. 


Des trucs pour diminuer les symptômes        

▶ Les antihistaminiques de deuxième génération, c’est-à-dire les médicaments comme Reactine, sont efficaces et ne provoquent aucun effet secondaire, souligne l’allergologue Mose Ben-Shoshan. 

▶ Il suggère aussi de porter des lunettes de soleil et d’éviter de toucher ses vêtements à l’extérieur.